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CARNET DE ROUTE

PRENEZ S'IL VOUS PLAIT, LE TEMPS DE ME LIRE


Cela vous prendra qu'un court instant de votre vie…


A ce jour, du primptemps 2008 j'ai passé plus d'une année (en mois cumulés) auprès des Sénégalais.
En quelques phrases, je souhaite vous exprimer le fond de ma pensé qui en résulte:
Malgré les apparences, une très grande majorité de Sénégalais vit très mal et les maux les accablent, car ils sont incapables de changer de comportement. Ils vous diront que tout va bien alors qu'ils sont au bord du gouffre, accablés par leur destin…
Partout dans les familles, sur les chemins de la brousse, dans les villages et les villes, chacun cultive sa propre superstition, chacun cherche les moyens de se sortir de la misère mais ne fait rien pour changer d'attitude. Ils accordent beaucoup trop d'importance à la parole de leur Dieu, mais ne pratique que pour se préserver de la malédiction divine…
Les rites, les traditions et les Inch'Allah (si Dieu le veut) anéantissent toute transformation ou rénovation de leur esprit et par voie de conséquence étouffent et ruinent leur quotidien.
Ils ont le potentiel culturel pour tenter une autre forme d'existence mais sont trop empêtrés dans leur coutume pour entreprendre une autre forme de société. Ils caricaturent et reproduisent alors qu'ils devraient créer…
Rien de plus absurde en ce qui les concernent, que de poursuivre sur cette voie, que d'écouter ces " guides " de la foi alors qu'il serait plus utile d' arborer de nouvelles règles sociales pour modifier en profondeur les règles économiques… tout en préservant sa propre foi…
Particulièrement évident dans les campagnes où la tradition est encore plus encrée, la place de la femme en Afrique demeure un sujet préoccupant. Parmi les difficultés, la polygamie provoque des effets dramatiques en termes de moyen pour l'homme qui devra assurer les dépenses de toute les familles composées…mais qui ne peut pas y faire face …
Evidement, trop soucieux de se maintenir à la tête de l'Etat et de perdre le pouvoir s'ils en changeaient les règles, les politiques et les financiers, font tout pour entretenir ce traditionalisme et conservatisme dont il est aisé de mesurer les conséquences…
…Ils ont la terre et l'eau mais ne s'en servent pas. A l'image des pays industrialisés une majorité de sénégalais préfère s'agglutiner dans les cités pour puiser le quotidien sans penser au lendemain. Beaucoup d'entre eux aspirent à quitter leur pays au risque de périr… puisqu'il n'y a pas d'autre alternative disent-ils, autant tenter l'aventure du clandestin…


 

CARNET de ROUTE (oct 2007 - mars 2010)

L'envol pour le troisième séjour au Sénégal s' effectue sans encombre. Je quitte la France avec un pincement au cœur car la séparation avec ceux que j' aime sera de trois mois environ. Cependant compte tenu de tous les projets en tête, j'éprouve un brin de joie intérieure. L'escale à Casablanca est de 5heures. Je profite de tout ce temps libre pour commencer mon carnet de route.
Après un bon voyage je me repose enfin en terre africaine à trois heures du matin (heure française).
La rencontre avec N'Diaye et sa femme est des plus chaleureuse. Je fais la connaissance de son jeune frère qui les a rejoint pour veiller la nuit sur le resto. Les vols par effraction sont fréquents, surtout si l'on a faim…et que les poches sont vides….
A présent j'occupe en grande partie ma journée dans le petit " resto "que nous avons créé voici 6 mois. Mon absence lors de sa mise en route fut préjudiciable me semble t-il mais pas dramatique; pour ranger les ustensiles de cuisines et les réserves, je fabrique des étagères. Je dois m'armer de patience pour trouver le bois nécessaire à l'équipement, pour le scier et l'adapter à des murs de terre tendres...car les outils font défaut ou des plus usagers… mais dans l' ensemble le résultat est satisfaisant… à la mode africaine…
Je m'efforce surtout de rendre les lieux plus hygiéniques. Je ne souhaite rien imposer au jeune couple qui en assure la gestion mais je leur montre ce qui me semble être le minimum pour maintenir les lieux propres. Tout est difficile à se procurer et je suis en vadrouille pour trouver ce dont ils ont besoin ; c'est très cher, que ce soit les produits de base ou le matériel.

Je mange midi et soir au " petit resto " de Ndiaye pour 600F cfa (moins de 1€) . Il sert en moyenne une vingtaine de portions sur place ou à emporter. A ce prix comment va-t'il joindre les deux bouts ? Je lui ouvre un cahier de comptabilité pour établir à la fin de chaque mois un bilan.
NDiaye est de confession musulmane, c'est pourquoi il ne sert pas d'alcool mais des boissons sucrées ou du café Touba.(50F cfa la tasse).

Je croise sur ma route des personnes qui me reconnaissent depuis mon dernier séjour et c'est un grand moment de plaisir partagé. Je rends visite à deux familles dont l'enfant est parrainé par un membre de l'association. Un des papas est décorateur sur bois . Ce qu'il fait avec presque rien est étonnant. Il décore les portes, les contours des glaces etc… avec de la sciure de bois et la colle à bois ; il compose également des tableaux en relief... il ponce et cire ces objets avec du cirage de couleur. C'est très beau. Je pense ramener en France quelques uns de ces objets pour les vendre et lui procurer ainsi un peu d'outillage et pourquoi pas une ponceuse qui lui rendrait un grand service. Marié et père de trois enfants, il vit à Mbour.
Les deux machines à coudre que j'avais embarquées sont bien arrivées et font déjà offices.


Je trouve un vélo neuf " made in chine " pour 60€ . Il fera tout juste la campagne 2007/2008, sa solidité n'est pas à toutes épreuves. Je m'en sers quotidiennement. C'est très pratique pour se déplacer à condition de rester sur la terre ferme car sur les pistes de sable, bonjour les mollets... Quant à la nourriture je continue de manger l'assiette de riz blanc aux oignons et piments accompagné d' un poisson grillé ou poêlé. J'achète aussi des mangues, des bananes et des pastèques.

La viande est par contre dure à moins d'acheter le filet de zébu (10€ le kg). Pour les sénégalais la vie a augmenté depuis les dernières élections, beaucoup d'entre eux me disent ne faire qu'un repas par jour.

Hier dimanche, j'ai rencontré les villageois de Keur Gondé (250 personnes environ) pour remettre l'unique pompe en état de marche. Elle devrait être opérationnelle d'ici la fin de cette semaine. Mercredi prochain je rendrai visite à un autre village pour envisager la création d'une miniépicerie avec une réserve de riz, d'huile, de bougies etc (il n'y a pas d'électricité dans ce village éloigné de 3 kms environ de la route principale) et les femmes font de multiples aller-retour pour acheter l'indispensable pour nourrir la famille.

Je rencontre des français qui résident au Sénégal. Ils décident d' adhérer à l'association et sont prêts à me donner un coup de main. Ils possèdent un véhicule qui me permettra à l'occasion de me déplacer plus facilement.

Je me repose en début d'après midi, la température est très élevée et encore assez humide. La nuit, je dors assez bien, malgré des moustiques baladeurs qui fredonnent à mes tympans et qui passent je ne sais comment à travers le moustiquaire pour me piquer. J'abandonne cependant le traitement antipalud.


 

…le temps défile très rapidement depuis mon arrivée au Sénégal voici quatre semaines. Il faut dire que je me donne la peine de favoriser la course contre la montre…
J'ai tellement le désir de concrétiser l'ensemble des projets que je m'empresse de contacter et de rencontrer les différents antagonistes pour aboutir à la mise en œuvre du puits et la pose des pompes.

La visite aux familles et des enfants dans les écoles se poursuit, mais force est de constater , que rien n'est simple en Afrique noire . Je dois en permanence me souvenir que je n'ai ni la même culture ni la même conception de la vie des hommes et des femmes que je croise. Je m'adapte et j'apprends tous les jours à mieux les connaître et à cerner nos différences pour éviter de décevoir et d'être déçu en retour. C'est tout de même passionnant et je poursuis volontiers cette nouvelle aventure dans ce monde de misère et d'oubli…
Fidèle aux engagements pris avec le village de Keur Gondé je remplace la pompe du puits, trop onéreuse pour la réparer. L'acquisition d'une pompe à main très rudimentaire pour nous européens mais pratique et efficace pour les africaines (seules à puiser l'eau) est de 90.000F cfa alors que la réparation coûterait 130.000F cfa (200€ environ).
Samedi 10 nov. j'assiste à un conseil de représentant du village suivi de la pose de la première pierre d'une école financée par une association bretonne. L'arrivée en 4X4 (neuf) des représentants français me semble déplacée dans ce petit village où tout fait défaut. En fait je pense que je suis le seul à être gêné...car le Sénégalais est à présent accoutumé au fait.
Il fait très beau sous le baobab comme tous les jours d'ailleurs depuis mon arrivée et assis au milieu de tout ce monde, la rencontre mérite la photo,... vers les 13h00 alors que le thermomètre ne cesse de grimper, autour des 40° au soleil, j' enfourche le vélo pour rejoindre ma case...et me reposer...
La tête se remplit d'images tout autant que la carte mémoire du numérique… j'ai déjà de quoi projeter et animer nos prochaines rencontres… pour vous faire partager toutes mes émotions.
A présent, je poursuis ma tâche au Village de Keur Yougar. Même constat, ni eau à proximité ni électricité évidemment… la saleté et la misère… même si les enfants mangent à leur faim le riz quotidien ou le mil pilé et semblent insouciants et heureux…
Ce constat m' entraîne à effectuer des démarches pour la construction d'un puits. Différents devis me conduisent à choisir " arbitrairement " le futur réalisateur. Tous se disent maçons mais si demain tu leur demandes d'être réparateur de vélo ou mécano, ils te disent qu'ils le sont également. Tout se marchande et attention à l'arnaque... car pour le sénégalais en général, tous les blancs sont riches... et ils tâchent d'en profiter au maximum. Ce soir lundi je signe le contrat de construction.
Avec 470.000 F cfa (soit 725€) je réalise le puits de 180cms de diamètre intérieur sur 12 à 15 mètres de profondeur suivant l'arrivée de l'eau, cimenté et protégé en surface par une dalle en béton pour supporter la pompe à main de 90.000F cfa (137€).


A ce jour j'ai rendu visite à toutes les familles dont l' enfant est parrainé par l'association. Vendredi 23 nov. je passe une matinée avec ceux de l'école Charlemagne de Rufisque . Je suis vraiment surpris par le soin que mettent ces enfants à écrire et aux résultats déjà acquis après quelques semaines de classe seulement. Je constitue tout un dossier que je me ferai un plaisir de montrer à mon retour aux différents parrains et marraines; Mon retour de Rufisque est des plus difficiles. J'emprunte le taxi brousse collectif et pour faire les 70kms, je mets 5H00 . Seul blanc, dans ce minicar branlant, nous sommes une trentaine de personnes, la température est suffocante quand aux odeurs ce n'est pas mal non plus...
Voilà quelques nouvelles , j'espère que la transmission Internet va fonctionner. J'ai beaucoup de problème pour maintenir la connexion sans parler des nombreuses coupures de courant. C'est pourquoi je vous demande de me confirmer la réception du courriel car je ne sais jamais s'il arrive à destination.

7h00 le 17/11 un réveil comme je les aime dans le calme, coupé cependant par la prière matinale de l'imam. Comme tous les jours depuis mon départ le ciel présage une chaude journée. Heureusement que les nuits sont à présent plus fraîches et me permettent une excellente récupération.
Je me lance dans le bâtiment, et je décide après le puits, de bâtir un local en dur qui fera office d'épicerie au petit village de Keur Youglar. Il permettra de servir une population d'une centaine de personnes environ qui doit faire des Kms pour se ravitailler en riz, sel, huile et autres ingrédients qui rentrent dans la composition de leur repas quotidien. Dimension quatre sur cinq mètres, recouvert de tôles et une porte en fer et pour éviter le pillage, une personne fera la surveillance la nuit. Une autre gérera le stock. Le bois fait défaut, c'est donc en briques liées au ciment, le tout ceinturé avec des longrines ferraillées : coût de l'opération 1500 € environ. Le chef du village me cède un bout de terrain…
Je commence une autre démarche auprès des sénégalais que je vois quotidiennement. Il s'agit de l'alphabétisation. J'ai pour l'instant deux élèves adultes.
Un constat après quelques séances, pour ces adultes, l'assiduité fait déjà défaut… mais comment peut il en être autrement quand on n'a jamais été à l'école…


20/11
J'espère que ce message trouvera toute la famille en bonne santé. Me concernant tout va très bien et je m'adapte parfaitement à cette vie africaine .
Si je parle climat, la chute de la température est importante au point que l'eau de l'océan n'est plus qu'à 22°. Les nuits sont relativement fraîches et ne dépassent pas les 17°. Autant dire que l'hiver est arrivé. Les Sénégalais commencent à " trembler " de froid et se coiffent d'un bonnet. Ma consommation en eau potable s'en ressent évidement dans la journée... Pour la nourriture, je suis toujours au riz poisson à midi et poisson riz le soir… j'ai tenté de manger de la viande mais j'ai peur pour mes dents… Heureusement que le poisson est toujours excellent même si son prix a augmenté. La pêche est soi disant moins importante depuis quelques temps. Est-ce dû aux chaluts étrangers de plus en plus nombreux qui envahissent les côtes de l'Afrique et qui ratissent tout sur leur passage avec leurs immenses filets ? On peut le croire…
Je goûte aussi aux œufs et demain je mangerai du poulet… pour les fruits, la saison des mangues se termine, par contre les pastèques, oranges vertes et mandarines envahissent les marchés pour un prix avoisinant les 600 à 800F cfa le Kilo. Je me procure également du fromage de chèvre dont le goût est moins fort que celui que l'on mange en France et un excellent miel avec lequel je déjeune à présent.
Cela fait un mois aujourd'hui que je suis sur le sol Africain. Premier constat j'apprends tous les jours à mieux connaître tout ce qui touche l'Afrique noire et les gens que je croise, qu'ils soient noirs ou blancs…



28/11/07
Ma résolution d'aider, à ma mesure, ce pays depuis mon premier voyage voici un an, n'a pas varié même si je découvre des travers qui m'avaient échappés lors de mes deux précédents voyages. Je ne m'arrête pas malgré les difficultés rencontrées sur le terrain car trop grand est le fossé qui sépare leur quotidien du nôtre pour penser un seul instant, les abandonner.
Je m'aventure à présent seul en vélo et à pied lorsque la roue s'enfonce trop profondément dans le sable. Je tombe ainsi dans les petits villages de brousse où tout fait défaut mis à part la pollution visible (sacs plastiques en particulier…) et je n'ose pas parler de tous ces gens dont le souci évident n'est pas de savoir comment on peut gérer les déchets. La collecte des ordures ménagères n'est évidemment pas généralisée et cela n'a pas l'air de les toucher particulièrement.
Ce qui me touche par contre, est le peu de considération que les hommes ont vis-à-vis de " " leurs épouses "... A la question pourquoi il n'attelle pas le cheval pour chercher l'eau au puits afin de soulager le travail des femmes qui puisent et portent trente litres d'eau sur leur tête de nombreuses fois par jour, la réponse est que le cheval doit se reposer après l'hivernage. (saison des pluies) car le travail des champs est important…
Je suis affecté également par la forte natalité et tout ce que cela entraîne. Morveux, sales, ces jeunes enfants connaissent cependant deux mots " cadeau Toubab " quand je les croise. Je peux dire sans me tromper que peu nombreux sont ceux qui sortiront de cette misère si le monde continu d'être aussi égoïste. Même si l' école existe au Sénégal, la scolarisation n'est pas obligatoire et nombreux sont ceux et surtout celles qui atteindront la majorité sans savoir ni lire ni écrire.


2/12
J'arrive en ce dimanche matin de Sinthiarne, petit village situé à 10kms environ de ma case. J'ai livré deux poulies pour équiper les deux puits . Je vais y retourner dans la semaine avec quelques médicaments que je vais me procurer à la pharmacie de MBour. Un grand-père qui perd la vue, souffre énormément et m'a demandé de le soulager….et plusieurs personnes sont atteintes par le palud.
Le médicament qui soigne et guéri est trop cher pour qu'ils puissent se le procurer. (4800F cfa la boite , soit l'équivalent de deux à trois jours de travail pour un ouvrier)


. 3/12
Je reprends dès ce lundi matin mon carnet de route en attendant de retrouver au petit resto mes jeunes protégés N'Diaye, Papys, et Fama . Il s'agit aujourd'hui de faire le bilan du mois d'octobre; s'il est positif, j'envisage le remboursement d'une partie du crédit comme cela a été prévu dans le contrat passé avec N'Diaye. Cette somme, même minime, sera reversée dans une autre opération humanitaire.
J'ai parlé de " travers " dans mon précédent courrier. Un autre exemple : il s'agit des rapports que les africains ont avec les " toubabs " et de l'intérêt personnel qu'ils affichent et qui prime sur tout. Tout enfant que je croise me dit " cadeau toubab " et une forte majorité d'adultes de tout âge ose vous aborder pour vous solliciter…
Etat de fait sensible dans cette région touristique, elle est cependant moins présente sur le reste du pays que j'ai visité. Dans certains villages ou gros bourgs du sud du pays, j'ai été bien moins sollicité.
Si cette réaction est malgré tout légitime elle devient pesante et difficile à supporter au quotidien; devant cette situation l'envie de se boucher les oreilles pour ne plus entendre ou de fermer les yeux pour ne plus voir est parfois très forte. Il est vrai aussi, que devant autant de misère le choix que je fais vers telle ou telle personne est arbitraire, mais comment peut-il en être autrement… ?
Un autre sujet sur lequel mon attention est attirée, est le problème de la santé.
En apparence les personnes au Sénégal sont bien portantes, cependant nombreux sont les enfants qui décèdent encore du paludisme ou de la fièvre jaune et je pense évidemment à tout ce qu'un médecin ou une infirmière pourraient apporter dans ce pays. Dans le village de N'Guekorkh ( 3000 à 4000 habitants et peut être plus) les soins sont dispensés par un seul infirmier d'état et le médecin se trouve à M'Bour distant de 8 kms (population : plus de 10000 personnes). J'ai côtoyé une personne qui m'a parlé d'une aide en provenance d'une association pour former deux infirmières. Malheureusement cette formation n'avait pas abouti par manque de vigilance. (détournement de l'aide au bout d'un certain temps… m'a-t-il dit… au profit du directeur… sénégalais… )
Ce fait démontre parmi tant d'autres, toute la difficulté que l'on rencontre lorsque nous voulons établir des liens porteurs d'espoir et qui permettraient surtout d' améliorer leur santé. La corruption prime sur tout, mais paradoxe, sans elle beaucoup " crèveraient "…
Concernant le local qui abritera l'épicerie, la construction est bien lancée. Mais comme tout ce qui se fait en Afrique, pour réaliser un tel projet, il faut se retrousser les manches et garder son calme. La notion de temps n'a pas la même valeur et la patience est essentielle pour arriver à un résultat. J'espère que d'ici la fin de l'année, nous ouvrirons le local aux résidents du village.

Ma rencontre avec le couple de retraités français vivant à présent au Sénégal me permet de voyager pendant deux jours vers la région du Sine Saloum proche de la Gambie que j'avais traversée en mars dernier. Distant de 250kms de mon lieu d'attache la région est plus boisée et les terres un peu mieux cultivées. Villages et villageois de Badoudou sont des plus accueillants ; nous conversons de tout et de rien autour d'un " thieboudienne " . Fait de riz pillé, d'oignons, de légumes et de poissons, son goût est excellent. Le marché du dimanche matin du bourg de Toubakouta m'aurait permis d'immortaliser ces instants si je n'étais pas tombé en panne de batterie… je me promets d'y retourner car j'ai été émerveillé par tout ce que mon regard a croisé. De nombreux petits marchands proposent sur de minuscules étals trois fois rien… " pour trois fois rien "… toutes sortes de piments ou petits légumes fraîchement cueillis ou séchés …plaisir des yeux et de l'odorat… le mélange des odeurs surprend mais reste très agréable…



12/12
Je passe la matinée de mercredi avec le charpentier pour poser la toiture de l'épicerie. J'ai fait livrer les chevrons et les tôles par un charretier après avoir négocié le transport à 4000F cfa pour une distance à parcourir de 5 Kms environ . Pour la petite histoire, à mon retour, je crève la roue arrière du vélo sans possibilité de réparer et le trajet sur la piste sablonneuse est assez physique sous un soleil chaud, très chaud… Heureusement que je fais suivre dans le sac à dos une bouteille d'eau…
Le toit de tôles est posé à présent. La fermeture de la porte et de la fenêtre doit suivre dans quelques jours. Le sol sera recouvert de carreaux cassés liés au ciment ; simple à poser et peu onéreux cela permettra de faire l'entretien plus facilement. Ensuite nous poserons les étagères et une planche qui fera office de banque.

La préparation de la Tabaski est sur les lèvres de tous les Sénégalais. Cette fête musulmane est la plus populaire ; elle est fixée au 21 décembre. Fête établie par le calendrier lunaire, elle commémore le sacrifice d'Abraham. Chaque musulman se doit dans la mesure de ses moyens d'égorger le mouton, de le faire griller et de le partager en famille et avec ses voisins. Les femmes et les enfants attendent également ce jour pour étrenner une nouvelle robe et recevoir un cadeau.
Je partagerai cette journée avec la famille de N'Diaye et Fama à Thies, ville distante de 70kms environ de M'Bour. Nous partirons très tôt en taxi brousse et nous rentrerons dans la nuit.
…folklore, images, sons et odeurs assurés….


15/12
Je reviens à Sinthiarne pour leur apporter une nouvelle poulie et une corde. Les trois puits sont à présent équipés . Je retrouve le grand-père à la vue déficiente. Le collyre n'a pas eu l'effet escompté. Seule satisfaction, il souffre un peu moins. En voyant tous ces enfants je rêve de construire un petit bâtiment qui servirait d'école…comme ce sera prochainement le cas à Keur Gondé grâce aux dons d'une association bretonne…
Je rêve… car seul les plus grands garçons vont au village voisin pour apprendre à lire et écrire… quand tout va bien… par contre les filles des villages restent pour la plupart d'entre elles à la case et servent très jeunes, de bonnes à tout faire… elles portent aussi bien que les adultes le seau d'eau sur leur tête et le petit frère ou la petite sœur sur leur dos… peu nombreuses sont celles qui réussissent à poursuivre leurs études, au mieux elles trouveront du travail chez les toubabs pour 2000F cfa .(3€) par jour. Très tôt la famille la mariera et très tôt un enfant naîtra suivi d'un deuxième et d'un autre encore… jusqu'à ce que le mari prenne une femme plus jeune et ainsi de suite…. Il semble cependant que petit à petit les mentalités évoluent en faveur de la monogamie mais c'est loin de se généraliser…

Depuis mon arrivée c'est la première fois que je me lève avec un ciel couvert de nuages aussi denses. La température est cependant toujours aussi douce et l'eau de mer reste très bonne ; à mon avis elle avoisine les 20 degrés ; presque tous les soirs je vais nager quelques brasses. C'est du plaisir quand on sait que nous sommes, comme en France, en hiver… quant aux nuits, il fait suffisamment frais pour tirer le drap au petit matin.

Je sympathise avec un autre couple de français qui s'installe définitivement au Sénégal. Malheureusement j'apprends qu' ils viennent de subir un vol dans la case qu'ils louent en attendant d'habiter leur propre maison . Alors qu'ils dorment les voleurs dérobent passeport, argent, micro portable, téléphone portable, appareil photos etc…
La raison d'un tel pillage est lié à la tabaski, car l'achat d'un mouton (de 40000 à 100000F cfa n'est pas à la portée de tous et donc pour y arriver tous les moyens sont bons). A vous de juger…Il est courant actuellement de se faire interpeller dans la rue pour offrir notre aide pour commémorer cette tradition musulmane.
Ils vont jusqu'à imposer le cadeau à offrir… "toubab, t'as pas trente mille francs… " ?

Avec les photos prises tout au long de mes déplacements, je monte petit à petit le diaporama qui me permettra dès mon retour en France, à poursuivre l'œuvre engagée.
Son but est d'informer tous les adhérents et sympathisants de l'AAD mais aussi de convaincre que nous pouvons faire plus encore. Avec l'expérience acquise, nous pouvons ensemble, aller un peu plus loin dans les démarches humanitaires entreprises. Tout en restant dans la même orientation fixée dans nos statuts à savoir la scolarisation, le problème de l'eau, la santé etc.. j'envisage si les moyens me sont offerts, de construire dans un village une école. Ainsi, ce ne serait plus un choix arbitraire lorsque nous parrainons tel ou tel enfant, mais une œuvre qui aurait des conséquences plus générales et tout aussi importantes. Evidement, la réponse viendra de ceux que je vais croiser et convaincre.
Le fossé qui sépare nos deux continents est immense et même si nous avons le sentiment que nos difficultés quotidiennes ne cessent de grandir en France, rien n'est comparable avec celles que rencontrent une forte majorité d'africains. Peu équilibrée car peu variée, la nourriture au quotidien reste une des priorités et tout ce qui touche la scolarisation et la santé est loin d'être résolu C'est pourquoi, construire une école est un pas de plus vers ce que j'appelle " l'aide à une activité durable ". … la suite au prochain courriel…


 

20/12
C'est le jour de l'inauguration de l'épicerie de Keur Youguar.. Nous avions prévu de finir les travaux avant la Tabaski et chose rare au Sénégal, nous sommes parvenus à tenir cet engagement. C'est donc la joie partagée avec les familles du village et un moment de bonheur qui restera gravé dans ma tête. Le verre de coca ou d'orangina pour les Sénégalais et un pastis et whisky pour les toubabs invités, accompagne la fête après que le chef du village eût coupé le ruban confectionné à la hâte avec des bouts de chiffons.


23/12/07
Prévu à 6h du matin le départ pour Thies avec un taxi brousse conduit par un de ses frères, a lieu finalement à 8h pour cause d'embouteillages. Effectivement le jour de la tabaski, tout ce qui roule est sur les routes pour se déplacer et autant dire que ce sont des centaines de milliers de personnes qui rejoignent leur famille pour célébrer cette fête musulmane.
Ville natale de N'Diaye, la ville de Thiès se situe à l'est de Dakar. Nous l'atteignons sans problème malgré la vétusté du véhicule, une Peugeot 505 des années 70, dont il est impossible de décrire son état, tellement tout ce qui est visible serait à mettre à la ferraille. Le comble est qu'elle roule toujours et qu'elle continuera de rouler encore et encore… avec un pare brise zébré de toute part…, plus de tableau de bord et de démarreur…, une portière qui tient avec du fil de fer, des sièges sans tissu, remis en forme avec des morceaux de bois, plus de trace de poignées ou de lève vitre, plus d'amortisseur et bien évidemment des pneus aussi lisses que l'intérieur des mains légèrement ridées…
Lorsque vous montez dans ce type de véhicule, il ne faut surtout pas penser aux risques encourus, sinon vous redescendriez aussitôt à condition que la portière s'ouvre de l'intérieur car ce n'est pas toujours le cas…

Le papa de N'Diaye, retraité de l'enseignement d'une école primaire, sa femme et ses enfants (5 garçons sur les 7 vivants) cousins et cousines, m'accueillent chaleureusement alors qu'ils montrent très peu d' émotion à N'Diaye et à sa Femme qu'ils n'ont pas revus depuis des mois. Je fais aussi la connaissance de la fille de N'Diaye, une adorable petite fille de trois ans aux yeux magnifiques. Un peu intimidé par ma présence, elle accepte malgré tout de se laisser prendre dans mes bras. Elevée par les grands parents depuis sa naissance, elle ne parait pas être attachée à ses parents et en particulier à sa mère qui attendait pourtant ce moment avec impatience.
L'un des fils est apprenti routier. Il parcourt à longueur d'année les routes de l'Afrique. Les conditions sont très difficiles me dit-il ; il sait quand il part, il ne sait jamais quand il reviendra. Un autre frère âgé de 16 ans est amateur de foot ; il rêve de devenir professionnel… le plus jeune est scolarisé, quand aux autres ils vaquent à droite à gauche comme ils peuvent… la galère pour ne pas dire le chômage à la sénégalaise…
La prière terminée, le moment de tuer le mouton arrive. Dans le sable de la cour familiale deux trous sont faits à la hâte, l'un est destiné au sang, l'autre aux entrailles du mouton. C'est le père qui l'égorge entouré de toute la famille. La bête tenue par les hommes, ne bouge pas, ne pousse aucun gémissement au moment de l'acte fatal. Quelques soubresauts et c'est fini. Pelé avec beaucoup d'attention pour ne pas déchirer la peau qui servira une fois séchée, à s'agenouiller au moment de la prière. Les côtelettes sont grillées au barbecue tandis que la Maman prépare oignons et pommes de terre dans une marmite " calottée " par le feu de bois. Dans une grand faitout posé sur un feu de braises les autres morceaux coupés menus cuisent. Tout le monde s'agite mais dans une ambiance sereine, heureux de partager cette fête en famille.
L'appareil photo ne chôme pas et je reste souvent surpris des scènes que je vois.
A présent accoutumé du fait, je partage le repas en prenant avec mes doigts la nourriture disposée dans un grand plat. A la fin du repas les trois tasses de thé me sont servies comme le veut la coutume; la première dit-on est forte comme l'homme, la deuxième sucrée comme la femme et la troisième douce comme l'amour. Quand aux enfants, ils vont à présent de maison en maison réclamer leur cadeau, en principe ça se résume à une pièce de monnaie. C'est leur Noël….à eux.
La maison se vide après que chacun d'entre eux se soit mis sur son " 31 " et un coup de bombe magique de désodorisant sous les bras ; les poules picorent le sol tandis que le mouton blanc qui les protège m'a-t-on dit des mauvais sorts, se promène également à l'intérieur de la maison . Il est évident que l'hygiène fait grandement défaut et est loin d'être leur priorité.
Il est 18h, le soleil décline et pour la première fois depuis mon arrivée au Sénégal, je ressens une certaine fraîcheur. Par chance j'avais prévu une petite laine. La fête se poursuit dans la rue mais l'éclairage est défectueux et ne me permet pas d'apprécier le va et vient des personnes toutes vêtues de nouveaux habits. Étonnamment maquillées, je devine les visages des femmes. J'aurais apprécié plus encore ces scènes si j'avais pu saisir ces images avec mon appareil photo…
Nous retournons sur MBour vers les 22h, la ville de Thiès reste animée et une multitude de véhicules attendent d'être pleins pour partir. On ne roule jamais en taxi brousse s'il reste une place de libre… l'attente peut être très longue parfois…car l'essence est trop chère (650F cfa/litre) pour effectuer le voyage à vide…


28/12/07
Je passe la journée de Noël dans le calme de ma case, la radio branchée sur fréquence jazz, pour toute compagnie. Je confectionne avec mon couteau suisse et de la colle à bois une " mini case " en contreplaqué recouverte de chaume et sur laquelle j'inscris A.A.D. et les projets. C'est, en fait une tirelire pour d'éventuels " toubabs " de passage à Saly qui souhaiteraient faire un don à l'AAD. Elle sera exposée chez un locataire de quads. Pourquoi ne pas rêver que l'aide puisse venir de l'Afrique aussi… car à ce jour il est difficile de convaincre … et d'obtenir de l'argent… certes il y a actuellement tant de sollicitations de toutes parts que les personnes en sont saturées… mais le comble se vérifie également, ce sont les gens les plus aisés qui refusent de donner.


29/12
L'année 2007 touche à son terme et je suis moi-même étonné de tout ce qui a pu arriver au cours des mois précédents. Malgré certaines difficultés je suis satisfait et heureux d'avoir entrepris toutes ces démarches au Sénégal. J'espère seulement que l'avenir me donnera encore l'occasion de poursuivre l'œuvre commencée. Certes cela dépendra de tous ceux qui m'ont fait confiance et qui m'épauleront encore pour faire grandir l'association.
Comme pour tout ce que l'on veut tenter il ne suffit pas de nos jours d'en avoir le désir ou la volonté mais il faut aussi les moyens….
La goutte d'eau dont j'ai parlé tout au début de mes projets s'est déjà transformée en petit ruisseau… et j'ai le sentiment et la conviction de pouvoir atteindre prochainement un petit affluent …


A l'an prochain


4/01/08
Je me retrouve au Sénégal pour la deuxième année consécutive pour commencer cette nouvelle année et rien ne présageait lors de mon 1er séjour en décembre 2006, une telle aventure.
Depuis lors, beaucoup d'évènements ont changé ma vie. A l'origine de tout cela, la rencontre avec un jeune sénégalais. A présent, je suis heureux de ce parcours car enrichi d'une expérience à laquelle je ne pensais pas un jour être l'auteur et l'acteur.
En ce début d'année après réflexions et concertations, je me préoccupe de trouver du terrain pour la culture maraîchère. Je vais l'attribuer à François NDiaye un habitant du Village de NDianda près de Joal. Ma rencontre avec cette famille très pauvre mais tout aussi attachante m'incite à entamer cette nouvelle action. Dans les détails, il s'agit de remettre un jardin en état de produire des légumes. L'oignon est apprécié et très employé dans la cuisine sénégalaise. On le retrouve partout. Ce sera donc ce légume qui sera semé et repiqué en premier. Le terrain est enrichi avec du fumier de cheval et les bouses de vaches. Ce nouvel exemple de coopération soutiendra cette famille et servira d'exemple.

A la croisée des chemins je rencontre un couple de toubabs et de notre discussion une autre idée est née. Il s'agit dans les faits d' apporter une aide tout aussi précieuse dans le domaine de la santé et en particulier aux personnes atteintes du paludisme.
J'apprends qu'une plante peut être utilisée contre le paludisme ; Il s'agit d'une espèce de la famille des Ambroises, " l'Artémisia Annua ". Les feuilles renferment une propriété antipaludique " l'Artemesine " qui est efficace contre plusieurs souches de parasites responsables du paludisme. C'est pourquoi je vais me renseigner pour trouver les graines et tenter l'expérience sur le sol sénégalais après autorisation .
Affaire à suivre …


4° VOYAGE - MAI - JUIN 2008

 


Mercredi 14 mai


La journée va peut être m'apporter la bonne nouvelle et savoir enfin si le conteneur est arrivé à bon port. C'est ce que j'espère car rien n'est moins sûr …sur le sol africain…
Cela fait deux semaines que je suis déjà arrivé et cependant je n'ai pas vu le temps passé.
Je me suis rendu déjà deux fois dans les petits villages où à présent ils ont l'habitude de me voir et j'ai pu ainsi soigner des plaies infectées et soulager les yeux des enfants et adultes avec un désinfectant ophtalmique que j'avais ramené de France sur le conseil d'un médecin.
Je m'occupe également de résoudre les soucis de N'Diaye et de son petit resto qui ne marche pas du tout comme il l'avait prévu. L'emplacement tout d'abord mais aussi la crise que traverse le pays sont certainement les raisons de l'échec. Le riz a pris 35% et le prix du repas est le même (600cfa moins d'un euro).


Alors que faire : soit on ferme, soit on déménage dans un endroit plus fréquenté qu'à Saly-Tapé et qui peut mieux fonctionner. Dans le premier cas la famille est au chomage et à nouveau à la rue puisque elle n'a aucun moyen de se payer les 23.000cfa/mois de la chambre qu'elle loue. La décision est prise ensemble et c'est dans un quartier de Mbour que nous décidons d'implanter une nouvelle structure. Le local trouvé assez rapidement est suffisent pour non seulement faire la restauration mais également pour y dormir sur place. Je négocie la remise en état des lieux qui servait d'entrepôts à foin. Peinture, eau et électricité sont le seuls investissement puisque tout le matériel a été déjà acheté. Je pense sincèrement que cette nouvelle chance peut être salutaire pour NDiaye et sa famille. Je la tente même si cela grève un peu plus le budget que je m'étais fixé.


La confirmation de l'arrivée du conteneur au port de Dakar vient de me parvenir et dès demain matin je pars pour entamer les démarches…

Jeudi 15 mai:


Départ 7h00, la route est relativement facile jusqu'à Rufisque, puis , ce sont les embouteillages quotidiens qui commencent. Nous atteignons le port à 11H30 les poumons bien remplis de gaz carbonique…
Six heures pas une de moins pour négocier avec le transitaire que l'on m'avait indiqué, le déchargement et le transport du conteneur vers Mbour. Coût 500€ environ pour l'ensemble Mais les affaires ne sont pas finies, car je n'ai pas obtenu pour autant le bon de sortie de la Douane.
Conseillé par un agent des douanes je me rends au ministère des finances pour obtenir l'exonération des taxes douanières puisque je travaille dans le cadre d'une association humanitaire. Si je n'obtiens pas ce certificat je ne pense pas pouvoir financer le prix du dédouanement qui peut aller jusqu'à 3000€..+ les pat chis Je n'hésite donc pas de m'y rendre.
Ma tenue vestimentaire, en teeshirt et short, ne m'autorise pas de franchir les portes du ministère. Je peux cependant faire parvenir une lettre que je suis allé taper rapidement sur un microordinateur d'un cyber. J'ai, après quelques heures… d'attente… la confirmation officielle qu'une réponse me parviendra. J'espère l'obtenir dans les 72h à venir car le conteneur doit être libéré 10 jours après son arrivée au port,( 24 mai maximum) faute de quoi la taxe de séjour sera appliquée (10€/j pendant 8 j puis 15€/j et ainsi de suite….).
Je passe sur certaines péripéties de cette longue journée qui remplirai un feuilleton, mais une d'entre elle mérite que je la cite :
Dans tous les va- et- vient que j'effectue dans Dakar je m'avise soudain que j'ai oublié sur le comptoir d'une photocopieuse de rue (car elle est en pleine rue) toute ma chemise contenant l'ensemble du dossier conteneur. Donc je n'ai plus rien avec moi pour justifier mes démarches et je perds tout ce qui constituait deux mois de travail c'est à dire le conteneur. Furieux je laisse éclater un gros mot digne de ce nom…et je descends du taxi car il était impossible de retourner dans la rue en sens unique. J'en oublie même de payer le chauffeur qui me traite de tout les noms d'oiseaux en "wolof",... pour courir vers cette photocopieuse distante de cinq à six cent mètres…
Arrivé prés du but mais essoufflé… je perçois le sourire moqueur du préposé qui l'avait mise à l'abris et qui me la tend … Après cette frayeur je peux m'attendre à tout…et même à poursuivre jusqu'à des heures indues, mes démarches.
En effet à 22heures je règle à une compagnie Saoudienne les dernières factures indispensables au déchargement du conteneur...En échange de baril de pétrole m'a-t-on dit " Doubaï " a le monopole du port de Dakar et c'est avec eux que l'on traite le débarquement. .. il n'y a plus de trace de compagnie française sur le port de Dakar….
La journée se termine vers de 1h30 du matin quand je rejoins mon lit…après un retour en brousse tout aussi encombré par une foule de gens, de taxi brousse, de vendeurs à la sauvette qui propose de tout sur la route même à minuit passé ; quand je dis de tout, c'est vraiment de tout…j'ai pu ainsi mangé un chawarma à je ne sais quoi , des bananes et des noix d'acajou en apéritif…j'aurai pu acheter des vêtements de tous genres, des cartes de téléphones, des fruits , des montres de grandes marques évidemment…des œufs plus ou moins frais car la journée fut très chaude…sans parler que j'aurai pu donner une pièce à des centaines d'enfants ou d'adultes en quête d'un franc salvateur …mais que faire devant tant de misère…une fois que l'on à épuisé les pièces de monnaie disponibles. La route est encore longue avant de pouvoir obtenir ce conteneur et je dois rester vigilant si je veux poursuivre encore le chemin ensemble…


Aujourd'hui 17 mai


je n'ai toujours aucune autre nouvelle des douaniers et c'est normal puisque le samedi et le dimanche sont jours fériés comme en France ; aussi attendons lundi et peut être un jour de chance…
Demain je rencontre un jeune couple originaire de Toulouse et qui ont découvert l'AAD à travers internet. Ils m'invitent à leur table ; mon mouvement les a séduit et sensibilisé. Cela compense les manières désobligeantes à mon égard de " Toubabs fortunés " qui s'ennuient dans leur retraite dorée et qui passent le temps dans leur case super protégée à parler des autres. Ils cherchent entre autre chose et par tout les moyens , à savoir si je ne m'en mets pas plein les poches avec l'association que j'ai mise en place… (l'Afrique est grande mais ce monde là est bien petit…et si bas…que je ne trouve pas les mots pour les qualifier. Pour tout vous dire, ils ne connaissent même pas la brousse et les villages qui les entourent. Seul compte l'arrosage des pelouses et leur piscine et ils ferment leurs yeux pour ne pas voir les milliers de femmes qui puissent tous les jours l'eau par 12 mètres de fonds pour la transporter ensuite sur des centaines de mètres jusqu'à leur case pitoyable. ..
Je vous dis à bientôt pour d'autres nouvelles

Vendredi 23 mai

Le jour de mon anniversaire fut bien ce jour tant attendu…en effet la journée débute par un coup de fil du transitaire ; le conteneur doit me parvenir…avant la nuit.
L'attente fut cependant des plus longues et lorsqu'à 17h00 il me confirme sa sortie du port de Dakar, je suis confiant. Cependant peu de temps après, un nouvel appel me laisse à penser que tout n'est pas définitivement réglé avec les douaniers parasites…, ceux qui suivent l'acheminement jusqu'au point de livraison. Ils vont tenter à me prélever une fois encore soit de l'argent soit du matériel.
Vers 20h30, avec l'équipe que j'ai constituée pour le déchargement, (cinq personnes) j'attends au carrefour de Mbour et de Saly pour guider le camion jusqu'à destination. A son passage je saute dans la cabine, un Dodge monstrueux fumant et pétaradant à souhait qui avait du servir au temps de la colonisation. Cependant j'ai bien derrière moi " Le Conteneur " que j'avais rempli à Avignon avec mes amis. J'éprouve un instant de fierté… et je suis heureux. J'en oublierai presque toutes les tracasseries et la fatigue des quinze derniers jours…
Mais, arrivé à destination, je constate que malgré leurs promesses, le conteneur a été ouvert à mon insu. Evidement le douanier qui l'accompagne me certifie mordicus que le plombage est d'origine…
Le désordre à l'intérieur est tel que j'en éprouve un sentiment de colère. ils (les douaniers) se sont servis sans délicatesse. Je peste mais je n'ai plus aucun recours ; ils me tiennent toujours à cause des vélos qui n'auraient jamais du être là …
La deuxième surprise est qu'une autre équipe de douaniers et d'indics (ils vont de pairs) attendent leur part du gâteau… ils me réclament à nouveau de l'argent sinon je serai passible de taxe supplémentaire car la liste du conteneur n'est pas conforme…affirment t-ils. Ils me sortent un papier vrai ou faux et me font comprendre la suite par geste … C'est toujours le même discours bien rodé qu'ils utilisent...et je suis contraint de m'exécuter.
Je suis conscient que ce type de comportement à toujours existé mais quand on est concerné en premier chef il est très difficile de l'accepter. La corruption n'a pas de limite et se pratique sous toutes ses formes dans le monde entier que ce soit dans les pays développés ou dans les pays pauvres mais que faire…si ce n'est de poursuivre malgré tout du moment que l'honnêteté n'est plus de mise…
Résultat des 22 vélos expédiés, je n'en compte que 18 sans parler des Unités centrales, écrans et paquets divers… Cependant il y a de quoi faire avec tout ce qui reste et la suite me donne raison car le travail pour distribuer est démesuré et je sens bien que je ne pourrai pas tout accomplir avant mon retour en France.
Vers une heure du matin lorsque tout fut déchargé à la lueur de ma frontale pour toute source de lumière, nous trouvons un instant pour porter un toast à ce conteneur et à mon anniversaire ; ce fut un moment que je n'oublierai jamais…


Avec l'équipe je passe les journées de samedi et de dimanche à ranger, trier (7h00 à 19h00) avec une courte pause pour prendre le repas assis par terre autour d'un plat de riz et de poisson…et lorsque je rentre à vélo pour rejoindre ma case de Saly je pense que je me suis lancé dans une drôle d'aventure dont je suis loin encore d'en connaître la fin…
Ce fut le même programme toute la semaine, lever très tôt, couché à point d'heure, trier, distribuer, ranger à nouveau car le sénégalais n'a aucun sens du rangement et le merdier prend vite le dessus…;
Je suis de plus en plus sollicité mais grâce à l'intervention des personnes avec qui je travaille tout ce passe bien. Le bilan de ces premiers jours est encourageant et le plaisir de partager ces instants compense largement les efforts consentis. Nombreux sont ceux qui chantent en signe de remerciement des paroles improvisées où je perçois le nom de " ZO, ZO " à plusieurs reprise.
Les deux couples que j'ai embauchées remplissent parfaitement leur rôle. Je dois cependant faire attention au vocabulaire car le résultat de la conversation n'est pas parfois celui que je croyais. La signification des mots utilisés n'est pas la même pour eux qui parle un français peu académique.
Après ces huit premiers jours d'intense activité, je m'accorde le repos du dimanche et j'en profite pour vous écrire ces dernières nouvelles.
D'ici trois semaines avant mon retour, j'ai encore beaucoup à faire et cela ne me laisse pas trop de temps pour me " bronzer ", dommage, la température élevée de l'air comme de l'eau permettrait d'en profiter et de me détendre …
Une autre fois je j'espère, lorsque j'aurai réparé et remonté la pompe avec le matériel importé d'Orléans (Merci Claude et Chantal), visité les cinq établissements scolaires pour donner les livres et cahiers, inscrit pour l'année 2008/2009 les 14 enfants scolarisés par l'AAD, déménagé le petit resto de NDiaye à Mbour (les travaux sont presque finis), réparé le petit motoculteur destiné à François à Joal,… etc… etc…

Et dire que je connais des retraités qui s'ennuient…


5° VOYAGE - Nov 2008 - Janvier 2009

Dimanche 9 Nov. 2008,

 

Nouveau départ vers ce continent qui m'attire malgré les obstacles qui m'y attendent...

Combien de temps ferai-je l'aller retour vers l'Afrique? Cela dépendra de nombreux facteurs… tout simplement économiques… Je suis heureux de ce que j'ai entrepris depuis 24mois, avec l'aide de ceux qui m'ont soutenu dans cette démarche ;
un premier constat : mes actions humanitaires ne se poursuivront que si je suis soutenu financièrement ; autant je n'ai pas eu de soucis pour obtenir du matériel médicalisé ou autre autant les dons en espèces sont rares, dans tous les cas pas suffisants pour effectuer d'autres expéditions de conteneur…même la loterie des objets que j'avais ramené en juin n'a pas bien marché… 300€ tout au plus…or un conteneur coûte 3680€ de transport auquel on doit ajouter entre autre, le dédouanement et les pat chis…soit plus de 6000€.
Le vol jusqu'à Casablanca se déroule parfaitement. L'escale de cinq heures permet de me baigner dans l'ambiance africaine. Une majorité de personnes de couleur attendent comme moi le vol sur Dakar. Grâce à mon micro portable j'ouvre ce carnet de route dans l'immense salle de transit du nouveau aéroport de Casablanca baignée de soleil.
Je pense que dés le début de cette semaine, je m'attacherai en premier lieu à payer les frais de transport des enfants scolarisés que je n'ai pas effectué de France. Ensuite je rendrai visite à Abdoulaye pour lui parler du conteneur et de la marche à suivre pour le dédouanement, le transport et la distribution du matériel.
Aéroport de Dakar…23H30…Ils m'attendent envahis de joie à la sortie de l'aéroport, Manssour le taxi, Khadi et Pascal ; Ndiaye ne s'est pas déplacé à cause d'un malentendu (africain) … Le trajet, accompagné d'un incident mécanique (chauffe du moteur, malgré la nuit…) est parsemé de nombreux arrêts pour charger des personnes qui attendent un taxi brousse au bord de la route. Cela contribuera à payer un peu le gasoil toujours aussi cher (655f le litre). Enfin, à 2h30 du matin ils me déposent chez Chloé et Stéphan, mes amis belges qui me logent gracieusement jusqu'au 17 déc. date de leur arrivée. La case est sans dessus dessous mais je me trouve un drap et je sombre rapidement dans sommeil récupérateur.
Le reste de la nuit passée, je me réveille dans une température printanière, bien différente de celle que j'ai quitté il y a moins de 24h.
Vers 13h00, je vais récupérer le VTT et la valise que j' avais laissée en instance chez un couple français, installé à Ngaparou. Je ne reconnais plus le gite, il n'est plus le même ; la végétation est luxuriante après l'hivernage. C'est d'autant plus agréable qu'une multitude d'oiseaux ont pris possession des lieux. Il fait doux et l'accueil est chaleureux.
Sous l'immense anacardier, nous partageons le repas préparé par Anta, leur fatou, à qui je donne des vêtements pour Khadidiatou sa fille de la part de la marraine qui l'aide dans sa scolarisation, ainsi que les photos prises lors de mon dernier séjour.
Un taxi brousse me mène vers 17h à Mbour pour retrouver Fama et Ndiaye. Je suis heureux, comme eux, de les retrouver. Je suis agréablement surpris par l'étalage des produits qu'ils vendent, je suis par contre déçu de voir déjà à quel point leur local est en mauvais état après les pluies de septembre. Peinture délabrée et saleté évidente me laissent une impression de gâchis après tous les efforts que j'avais fait en juin dernier pour rendre ces lieux agréables et fonctionnels. De plus je vois que ce commerce est une fois encore mal parti. Devant le resto stationnent des épaves de camions qui bloquent la vue et ne favorisent pas son développement. Durant les deux heures passées avec eux seules deux personnes sont venus acheter deux bricoles pour moins de 100cfa…je suis triste pour eux mais j'essaie de ne pas le montrer.
La journée du lundi ne fut pas finie pour autant car je donne rdv à Abdoulaye que je souhaitais rencontrer rapidement. Nous parlons longuement du conteneur et nous prenons déjà quelques dispositions. Je sais à cet instant que ce ne sera pas facile, mais pas perdu pour autant, en ce qui concerne le financement du transport et de tout le reste… A minuit sur la terrasse de l'école nous échafaudons même des plans pour agrandir son établissement…
Rentré en taxi brousse vers les 1h du matin je tombe de sommeil…sur le lit ….


Mercredi 12 nov. 2008


J'ai rencontré au collège de l'école Keur Madior Mariama, la secrétaire . Je dois y retourner pour payer les mensualités des 7 enfants scolarisés. Elle m'a rappelé son désir d'ouvrir des cours d'informatiques dans le local prés de chez elle où à présent l'électricité est placée. Je pense lui fournir trois micro-ordinateurs si le conteneur arrive dans de bonnes conditions pour remplacer ceux que je lui avais donnés et qui ne fonctionnent pas.
Concernant Khady et Pascal que je retrouve dans leur case, la période fut une catastrophe et son affaire de vente de fripes ne fonctionne pas . La recette rembourse à peine la location du local.
Seule satisfaction est la rencontre avec François avec qui je pense nous aurons gagné le pari, celui de relancer son activité de jardinier. Mardi prochain je pars avec lui dans son village proche de Joal pour quelques jours.
Je rencontre Youssouf. Je lui donne les cadeaux d'Hélène, marraine de leur fille Fanta. Je lui demande d'attendre vendredi pour les lui donner afin que je sois avec eux. J'irai chercher Fanta à la sortie de l'école pour lui faire la surprise et partagerai le repas de midi …


samedi 15 nov. 2008


Autant dire que la journée d'hier, vendredi, ne c'est pas passée comme je l'espérai. Le rendez vous à la sortie de l'école pour récupérer Fanta fut un échec. Dans les faits je n'ai pas trouvé Fanta au milieu des centaines d'enfants, tous habillés de leur blouse bleue. Prés de moi, une sexagénaire au moins…" blanche " embarque six enfants … dans une vieille 103… " blanche "…de toute évidence en surcharge…
Rapidement je me rends à vélo chez Youssouf qui récupère Fanta. Tout c'est bien fini et j'assiste à l'ouverture des cadeaux dans la joie de toute la famille.
Je prends des photos de ces instants heureux quand un coup de téléphone de Mansour dit " Jo le Taxi " m'apprends qu'un semi remorque transportant du ciment a défoncé lors d'une manœuvre notre camionnette en stationnement… C'est dire les conséquences désastreuses que cela va entrainer pour la distribution des colis du conteneur…je dois donc partir aussitôt … en vélo… après avoir englouti le Yassa poulet que Astou avait préparée. Trois quart d'heure en VTT sous le soleil encore brulant et j'arrive en sueur sur les lieux de l'accident. Après une longue concertation avec les antagonistes, je dois me rendre à l'évidence: si je veux espérer une indemnisation de l'assurance, il me faut un constat soit de police soit d'huissier que je dois payer 30000cfa …ensuite faire un devis, réparer le véhicule a mes frais et attendre de longs mois pour me faire rembourser par l'assurance…
Vers 19h00 on remorque la camionnette vers le mécano ou du moins celui qui se prétend l'être…


dimanche 16 nov 2008


Sitôt lever, sitôt dans le bain. Je pars au rdv de " JO le taxi " pour évaluer les dégâts de l'accident.
Avec un devis de 900.000frs établi par le mécano, quelle somme l'assurance me remboursera t-elle ? En attendant je décide de commencer les réparations. J'espère récupérer le véhicule avant l'arrivée du conteneur. Je verse un acompte de 100.000f...
Pas très loin de là, vit la famille de Boubacar ; je profite pour leur dire bonjour et je rencontre la jeune fille qui m'a servi d'intermédiaire pour régler la scolarité de Boubacar avant mon retour. Ce dernier est ravi d'être scolarisé .
La surprise est grande de croiser à Mbour, Xavier et Marie, des amis Montpelliérains, alors que je me rendais chez l'huissier pour déposer les photos du véhicule accidenté et compléter le dossier…Nous partageons un thieboudienne chez la famille LÔ scolarisé par l'AAD.
Je me rends ensuite chez Ndiaye. J'analyse son livre de compte et constate une fois de plus les difficultés qu'il rencontre pour développer son entreprise. Je doute un peu sur le résultat à moyen terme…tellement son chiffre d'affaire est insuffisant. Les 15 derniers jours font apparaitre un solde positif de 20000 frs seulement. Or le loyer à lui seul leur coute 80.000frs...
Je finis ma journée en visitant la famille d'Aïda pour me rendre compte de son travail scolaire. C'est encourageant compte tenue du milieu des plus modestes dont elle est issue.
Enfin je vois Youssouf à qui j'avais donné rdv pour lui procurer l'artémesia annua et quelques remèdes, car Fatou la petite sœur de Fanta est fiévreuse et peut être atteinte du palu d'après sa maman…


Mardi 18 nov. 2008


Je quitte Saly vers 8h00 pour la gare routière de Mbour et y prendre le taxi collectif (R21 des années 80 rempli de 7 personnes + chauffeur.) en direction de Joal. La brousse a changé d'apparence après l'hivernage. De hautes herbes, à présent presque sèches, envahissent la campagne. C'est pour l'instant l'abondance pour les bêtes à cornes qui broutent.
François Ndiaye me rejoint à Joal et nous reprenons la route vers NDianda après avoir chargé une pompe à pieds et acheté du poisson pour le repas de midi. Le village m'accueille avec toujours autant d'enthousiasme et nous filons vers le " jardin " après avoir partagé le thé avec sa belle famille. Arrivé sur les lieux, J'ai une bonne impression pour l'ensemble du travail réalisé même si les pluies ont éboulé deux des quatre puits qu'il faut rebâtir. Dans un espace de 100m2 environ les semis d'oignons sont prêts à être repiqués. J'estime l'ensemble du semi à 15000 à 20000 pieds.
Avec François nous évaluons le coût en main d'œuvre et nourriture des trois personnes qui vont désormais vivre et travailler sur place pendant cette période. (100.000frs environ). Nous prenons également des dispositions pour recreuser les puits effondrés et les cimenter ainsi que la construction de bassins de rétention pour faciliter l'arrosage.
Il fait chaud sous l'arbre et malgré la température élevée de l'eau que je transporte avec moi je me délecte avidement.
Le calme de cette brousse, entrecoupé par les chants d'oiseaux me fait priser cette nature sauvage. Je partage un autre thé avec un des gardiens. Je pense alors qu'une des tentes de toile qui se trouve dans le conteneur sera implantée ici pour faire abris.
Vers les 15H nous partageons le repas. Alors que j'attends le passage d'une voiture pour rentrer à la case, c'est dans celle d'un " curé " connu de François qui s'arrête pour me ramener à Joal, lieu de correspondance. Je rappelle que cette région est la seule du Sénégal qui pratique la religion catholique et représente 7 à 8% de la population. Le reste de la population est musulman.


Mercredi 19 nov.2008


Jour après jour, je reconduis mes démarches envers l'huissier, l'assureur et le directeur de l'IESM. La progression est très lente, au rythme africain…


Vendredi 21 nov.2008


D'un haut- parleur nasillard l'Imam appelle à la prière alors que je me trouve sur le toit terrasse de l'IESM. Il est 14h. Il fait très chaud à cette heure. Demain je rencontre un gradé de la gendarmerie avec Abdoulaye Directeur de l'IESM. Dans les faits, je m'entoure de personnes influentes pour m'aider dans mes démarches de dédouanements. Ce gendarme dirige le port de pêche de Dakar…il fait parti désormais de ceux qui peuvent m'aider…


Samedi 22 nov.2008


Rdv avec le jeune Boubacar devant l'hôtel de ville de Mbour pour lui procurer un livre de français, d'anglais, de dessin et de musique. Il suit les cours de 6°du collège de Keur Madior de Mbour. Après marchandage avec le " libraire de rue " j'achète l'ensemble pour 6800frs. (Prix de départ 11000frs).
Ensuite c'est l'attente chez l'huissier chez qui je me rends avec Mansour le chauffeur du trafic . Assis face au secrétaire j'assiste passivement à la mise en page du rapport. L'ordinateur n'est certes pas de la première génération et donc pas des plus rapides mais la frappe sur le clavier est quand à elle, très lente... Enfin, une heure plus tard, j'ai les papiers que je dépose chez l'assureur… la suite ne dépends plus de moi, c'est pourquoi j'insiste courtoisement pour que le remboursement ne s'éternise pas… In Shahla…un mois, deux mois et plus… sans aucun doute…
A 14H, après ma rencontre avec le gendarme (presque à l'heure fixée) et Abdoulaye le Directeur mon plus que Frère, comme il a coutume de dire, je partage le repas de riz et de poissons. J'apprécie nos échanges qui m'apprennent plus que tout …sur l'Afrique en général et le Sénégal en particulier
Je n'oublie pas cependant Adgi et sa famille qui m'ont convié à une fête de famille. La tradition veut qu'une fois par an la famille se réunisse pour célébrer les morts et les vivants…avec sono, chants et repas… J'ai une pensée pour Claude et Chantal d'Orléans qui parrainent cet enfant.
Je reçois deux informations importantes ; le conteneur accostera vers le 3 décembre et les papiers du transitaire demain 25 nov.par chrono poste à NGaparou ou je dispose de la Boite Postale d'un ami français…
La suite va être prenante je n'en doute pas …

Trois allers et retours de NGaparou à Mbour ont été nécessaires pour récupérer l'enveloppe précieuse en provenance du transitaire français. A présent les démarches commencent réellement. Dans quelques jours ou voire quelques semaines nous en serons davantage…mais l'attente sera surement longue.


3 déc 2008
Pour récupérer le conteneur, la Tabasqui, fête nationale par excellence pour les musulmans, s'avère être un obstacle a son déroulement. Je ne l'avais pas prévu, les conséquences seront grandes car le temps s'arrête ...pour cette célébration traditionnelle. Ce qui compte avant tout, c'est l'acquisition du mouton au prix de gros sacrifices. 60 à 70.000frs suivant la bête, ce qui représente le salaire mensuel d'un ouvrier… La fête est fixée au mardi 9, mais en réalité depuis samedi et jusqu'au jeudi suivant plus rien ne marche normalement si ce n'est le petit commerce et les taxis brousses ou collectifs remplis d'hommes et de femmes. Ils partent rejoindre leur famille, le mouton sur le toit…
Devant cette inertie passagère, je m'intéresse avec beaucoup d'intérêt au fonctionnement de l'école d'infirmiers (es) et je passe une grande partie de la journée avec le Directeur et ses adjoints. Non seulement nous parlons de ce conteneur, nous multiplions les appels et les rencontres avec les personnes qui doivent nous aider à le sortir du port de Dakar, mais nous dialoguons beaucoup de tout en général. J'apprends une multitude de choses avec Abdoulaye ; l'Afrique, le Sénégal et les Sénégalais. Les multiples facettes africaines jusqu'alors dissimulées se dévoilent petit à petit. De dix ans mon cadet cet homme manie la langue française avec intelligence et les réponses à mes questions entrainent autant de questions si bien que le temps n'a plus d'importance. Seul l'estomac nous rappelle à la réalité et le repas partagé est englouti avec rapidité même s'il est quasi équivalant à celui de la veille.
Les élèves infirmiers (es) sont soumis aux aléas des journées sénégalaises, le transport, le logement, le quotidien sans argent ou presque et malgré cela, toujours le sourire, le " Male Cum Salam " et le téléphone portable à la main pour ne pas montrer ces insuffisances…mais pour paraître comme tout le monde…équipé du fil qui relie les hommes…
L'enseignant de l'ISEM de MBour (Institut Supérieur d'Etudes Paramédicales) est docteur, infirmier d'état, ou pharmacien. Pour ce que je perçois ou que je lis sur les cahiers de notes des élèves je n'ai pas assez de références personnelles pour porter un jugement ou une appréciation sur le niveau des cours. Par contre je me rends compte du travail et des efforts des enseignants et des élèves qui ne disposent pas du matériel pédagogique nécessaire et indispensable à ce type d'enseignement.
Deux niveaux d'instruction : le premier intéresse les bacheliers ou ceux qui ont été en terminale ou en première. Ils peuvent prétendent à un diplôme d'état après examen. Le second concerne les élèves ayant le niveau de 3°ou l'équivalent du BEPC ; ils pourront obtenir un diplôme d'aide infirmier. Les cours sont entrecoupés de stages dans les hôpitaux ou cliniques pour la pratique. Difficile de dire quel enseignement ces élèves en retirent quand ont voit l'état des hôpitaux ou dispensaires…Pour m'en être rendu compte, l'hygiène et la propreté n'est pas la priorité des sénégalais…même si, en général et surtout le vendredi, jour de prières des musulmans, les Sénégalais paraissent des plus soignés… A la campagne comme à la ville, la saleté transpire de toute part… Les Villes telles que Mbour, Kaolack, Rufisque ou Thiès que je parcours fréquemment ressemble plus à une poubelle qu'à une cité digne de ce nom. Tout ce qui gène est jeté à même le sol sans précaution pas davantage d'ailleurs pour se moucher ou cracher …
5 décembre.
14h de l'après midi, la batteuse à mil, entraînée par un moteur deux temps pétaradant et fumant toute son huile, s'arrête enfin et laisse place au bruit familier de la nature. Depuis l'aube elle tournait sans cesse. La poussière des grains battus est balayée par la brise et les hommes jusqu'alors cagoulés pour s'en protéger, se désaltèrent avidement avec l'eau du bidon plastique.
Une heure de silence pour s'alimenter d'un frugal riz blanc au poisson et fermer les yeux en guise de sieste sous un immense baobab mort depuis longtemps. Je partage le repas avec François qui m'a convié à la première récolte de son champ de Mil. 180 gerbes au total représentant une tonne et demi de graines de mil. De quoi nourrir la famille nombreuse et en vendre pour la récolte prochaine. Je mesure l'écart qui s'épare nos civilisations. Un siècle voire plus de retard mais l'ingéniosité des africains fait le reste. J'en ai pour preuve lorsque, après le repas, malgré de multiples efforts le moteur refuse de redémarrer, Qu'à cela ne tienne, le moteur est entièrement démonté. Les segments ne font plus offices et la bielle a un tel jeu qu'il est nécessaire de trouver les bagues pour une réparation efficace. Un allé retour à Joal distant d'une dizaine de kilomètres et trois heures d'intervention suffisent pour entendre à nouveau le moteur tourner. Un véritable exploit quand on voit comment la réparation fut réalisée…
Sur le terrain sablonneux semé de coquillages et parsemé de tamarins, les gerbes de mil de toute la région de Joal sont entreposées en attendant la batteuse. Deux bons mois de travail seront nécessaires pour accomplir cette tâche. Principale activité de ces agriculteurs, ils attendront l'hivernage prochain pour travailler à nouveau cette terre où rien d'autre ne pousse par manque d'eau et de moyen. Cette eau est pourtant pas des plus profondes mais faut-il encore avoir le courage de creuser les puits qui se referment dès que la saison des pluies arrive. Manque de moyens surement, manque de volonté peut être, dans tout les cas actuellement les surfaces cultivées ou cultivables ne sont pas suffisantes pour nourrir la population.
Je repars avant que le soleil ne se couche. J'ai dans le meilleur des cas, deux heures de trajet…Malgré le contre temps mécanique, la journée fut bonne et François est satisfait de sa récolte…n'est ce pas là l'essentiel…
Le même jour à 22H, l'assureur du Renault trafic m'appelle. Il faut une fois encore me rendre à l'évidence, le Sénégal n'a pas fini de me surprendre et j'ai le sentiment de ne pas être arrivé au bout de mes surprises. Il m'apprend que les photos numérisées prises lors de l'accident ne sont pas conformes et que je dois lui fournir un croquis de l'huissier... Concrètement, en lisant entre les mots, je comprends qu'il se passera beaucoup de temps avant d'être remboursé, si je dois l'être un jour…Ce contre temps doit me faire réfléchir sur la conduite à tenir avant l'arrivée du conteneur et la distribution du matériel et des colis…car je ne dispose plus du Trafic…


Mardi 9 déc 2008


J'ai enfin trouvé un taxi disposé à me conduire à Thiès pour passer la journée de la Tabasqui chez Aboulaye. Une petite heure de route, une crevaison et je retrouve Thiès dans l'effervescence, en pleine préparation de la Tabasqui.
Abdou, comme j'ai coutume à présent de l'appeler, à deux épouses qui vivent dans deux maisons distantes d'un km environ. Nous rendons visite aux deux femmes. Ensuite j'assiste assis sous le manguier au sacrifice des quatre moutons nécessaires à nourrir toute la famille réunie à cette occasion. Alors que nous parlons à bâton rompu Abdou et moi, la Maman, les frères et sœurs, demi-frères, épouses et enfants, cousins et j'en passe s'affairent à la préparation de ce repas, Egorgé, dépecé, coupé en morceau, le mouton est cuit sur la braise pour les côtelettes ou dans la marmite chauffée au bois tandis que dans un coin de la cour deux garçons nettoient les tripes et les enroulent pour en constituer une sorte de tortillas. Les voisins, Hommes, font la tournée des maisons en signes de pardon et récitent les salamalecs d'usages. Dans les faits ce repas occupe la famille une grande partie de la journée et ce n'est que vers 17h00 après que chacun ait mangé sa part de mouton que les hommes et les femmes se revêtent des nouveaux boubous flambants neufs pour se promener ou rendre visite aux amis. La lumière fait défaut et la nuit tombe rapidement et je ne perçois pas toutes ces tenues hautes en couleurs.
Même accoutumé à présent au transport de nuit en taxi de brousse, le voyage retour m'impressionne. La vitesse est vraiment excessive pour ces véhicules agonisants…
Vers 22 heures je retrouve avec bonheur la case de Saly.


18 déc 2008


Malheureusement je suis toujours sans conteneur et le temps passe…Les difficultés résident dans l'obtention du certificat d'exonération de la douane que le ministère des finances devrait me fournir. Les contacts multiples n'ont pas abouti mais je reste confiant …car j'ai appris par téléphone qu'un avis favorable avait été prononcé. J'espère que ce n'est pas un poisson d'avril…
Malgré cela, je n'abandonne pas car et je poursuis ma route comme je l'ai tracée.
Une bonne santé m'accompagne dans mes efforts; n'est ce pas l'essentiel ?


Le 3 janvier 2009 sera le jour tant attendu ; le conteneur franchi les derniers hectomètres de la piste pour son déchargement. C'est un grand pas qui vient d'être franchi. On en oublie toutes les tracasseries et les pertes de temps…le temps est à présent à la distribution….

 


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6° VOYAGE - Mai 2009 - Juillet 2010

10/05/09

- Douze jours après mon arrivée pour ce 6ième séjour au Sénégal.


Contrairement aux deux voyages précédents, le travail que je fais au nom de l'association sera apparemment plus aisé; en effet je n'ai pas à gérer l'arrivée d'un nouveau conteneur….


Cette situation me permet de souffler un peu et de faire le point sur ce qui j'ai mis en place. Je consacre la majorité de mon temps à la scolarisation enfants et à l'enseignement professionnel en attendant la fin de l'année où nous remettrons le couvert….avec le troisième conteneur si nos moyens nous le permettent.
Le négatif depuis la création de l'AAD : L'échec du petit restaurant se confirme malheureusement et je déplore cet état de fait dans la mesure où le jeune couple se retrouve à nouveau en très grande difficulté pour survivre. En effet n'ayant pu payer le loyer imposé par le propriétaire du local, Ndiaye a fermé sa boutique et rejoint Thiès; le sénégalais ni plus ni moins, ne fait pas de cadeau et n'ayant pas pu tenir ses engagements Ndiaye et sa femme ont été mis à la porte trois semaines avant mon retour ; Je ne pense pas que ma présence aurait pu changer quelque chose malheureusement. Je tire une leçon de cet échec : aider certes la population mais en tenant compte: que cette aide profite à un plus grand nombre plutôt qu'à un cas isolé afin qu'une fois le dos tourné les personnes puissent continuer l'œuvre entreprise et en tirer profit ; c'est le cas pour l'enseignement privé ou professionnel.


Pour le coté positif :
- l'épicerie remplie son rôle et les puits, pompes ou poulies sont fonctionnelles…
- le petit local informatique (trois ordinateurs reliés à internet) tenu par une Sénégalaise à ouvert et fonctionne pour le plaisir de cette famille qui en tire un petit bénéfice et des jeunes qui viennent apprendre. (À titre indicatif ce complément de rémunération rapporte après déduction des frais d'électricité et de téléphone, de15 à 20.000frs environ tout les mois, soit 15 à 30€).


- à ce jour, sur les 16 enfants scolarisés l'éventail des notes trimestrielles vont de " l'excellent " " au passable " ; dans tout les cas, pas d'échec significatif d'après mon appréciation.


- Quand à l'école d'infirmières, l'aide matérielle apportée par le 2° conteneur a produit des effets significatifs des plus convoités …Outre le travail de secrétariat et de comptabilité que nous avons créé afin de gérer l'école dans les meilleures conditions possibles, nous avons ouvert la salle d'informatique (12 ordinateurs). Ainsi j'ai eu le plaisir d'initier les élèves à la microinformatique. Avec 6 heures de cours par semaine, l'ensemble des élèves de l'ISEM (Institut supérieur de l'enseignement paramédical) devrait se débrouiller dans le traitement de texte de Word et les feuilles de calculs d'Excel d'ici mon retour fin juin.


Autre bonne nouvelle, d'ici peu, le ministère de la Santé devrait autoriser l'ouverture d'un petit dispensaire qui complètera la formation des élèves. Le dossier sur lequel nous avons travaillé, le directeur de l'Ecole et moi-même, (il figure en partie sur le site de l'AAD) est à la signature du ministre après avoir franchi favorablement les étapes des services administratifs; le changement de gouvernement sénégalais de ces jours derniers nous retarde un peu mais ne doit pas avoir de conséquences néfastes à son aboutissement).


Ensuite , c'est une question de provision et c'est évidement le point faible ; nous ne perdons pourtant pas espoir pour la simple raison que les dépenses d'équipements du dispensaire seront réduites en grande partie du fait que j'ai en préparation le troisième conteneur dans lequel nous espérons mettre le nécessaire; Avant mon départ l'hôpital d'Avignon m'a fourni des lits médicalisés et divers objets tout comme l'hôpital de Montfavet. A mon retour j'en appellerai auprès de toutes les personnes désirant m'aider dans ce sens.


C'est dimanche et j'ai pris mon deuxième bain depuis mon arrivée en Afrique instant de détente et de plaisir…
Demain je reprendrai le vélo pour rejoindre Mbour, les écoles où à présent j'ai mes entrées et l'ISEM où je passe les trois quarts de ma journée; ce matin j'ai nettoyé le vélo et constaté que le sable fin n'arrange pas les roulements… ; il me faudra prévoir du rechange dans le prochain conteneur…

dimanche 17 mai 2009


La semaine fut autant chargée que les précédentes et j'ai apprécié ce jour de repos ;

Hier j'ai rendu visite à un village des alentours de Bambay connu sous le nom de Ngascop.il se situe à une cinquantaine de kms au sud/est de Thies.
Je devais rendre compte de la faisabilité d'un projet de moulin à mil qu'une école parisienne se propose de faire l'an prochain. La température dans cette région était hier très élevée (40 et plus sous les coups de midi) .Seule l'ombre des baobabs, permettait de se sentir un peu plus à l'aise. J'étais accompagné d'Abdoulaye qui connait bien cette région. Nous sommes tombés deux fois en panne ; bougies et câble d'embrayage ; on a roulé sans embrayage jusqu'à ce que l'on trouve un dépanneur qui faute de câble de rechange à souder les deux bouts. La réparation à tenue jusqu' 'à Thiès.
A la nuit tombée, J'ai ensuite pris un Taxi brousse pour rejoindre Mbour. Je n'ai pas veillé très tard…sitôt arrivé…sitôt au lit...


Le village de Bambay est connu pour être le siège où s'était développé il y a plus de trente ans, l'INRA Sénégalais dans lequel plus de deux cent chercheurs travaillaient. Actuellement l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) ne compte que 50 personnes dans sa globalité ; c'est dire que l'impact de la recherche se réduit à sa plus simple expression.
La communauté catholique de Ngascop mentionnée dans le projet du moulin à mil, est située en brousse, à environ 8kms de la route nationale qui relie Thiès à Diourbel. En ces lieux, j'ai pu me rendre compte de l'environnement et rencontrer quelques personnes responsables du village. Les photos me serviront à compléter le compte rendu.
Quand à l'aboutissement de ce projet ce n'est pas moi qui en suis l'instigateur; j'apporte seulement une aide ponctuelle pour informer l'établissement parisien.

 

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7° VOYAGE - déc 2009 - mars 2010

 


Samedi 12/12/ 2009


Je foule le sol Sénégalais comme si c'était hier même après cinq mois d'absence.
Je m'approche de la sortie de l'aéroport après les formalités d'usages, quelques mots de Wolof me permettent à présent de me soustraire de tous ces gens qui offre leur service (taxi, porteurs, guides etc…). Abdoulaye Yade, directeur de l'ISEM et cofondateur du dispensaire et son fils Djibi m'interpellent alors que la pénombre ne me permet pas de les voir au milieu de tous ces visages noirs...


Joie des retrouvailles qui contraste avec le départ précédent où nous nous étions quittés avec précipitation et regrets …
Le voyage en voiture d'une heure trente pour rejoindre la case ne suffit pas pour évoquer les souvenirs. Vers quatre heures du matin je m'allonge dans les draps que Binta la femme de ménage de mes amis Belges a préparés pour mon retour. La case m'est prêté jusqu'à leur retour le 18 décembre. Plus tard on envisagera où se loger…
J'ai récupéré le VVT et la valise laissée en consigne chez des amis Toubab et je retrouve la circulation des véhicules en tous genres. Je suis vite dans l'ambiance de l'école, des cours et des salamalékocums aux multiples visages connus ou nouveaux.
Abdoulaye me brosse un compte rendu sur l'établissement qui a gagné un poste de Directeur des études en la personne de Mr Ba. Ainsi déchargé de ce travail Abdoulaye peut se consacrer davantage à l'ouverture prochaine du dispensaire. L'arrivée du conteneur nous en rend tributaire.
Dans l'après midi nous nous rendons au futur dispensaire. Ma surprise est de taille même si j'avais vu des photos car l'espace est vaste et lumineux et bien agencé pour en faire un bon outil de travail.


La première semaine est passée en coup de vent ; et avant la réception du conteneur prévu le 26 et non plus le 23 je dispose du temps nécessaire pour établir les nombreuses autorisations de sortie aidé il est vrai par les connaissances déjà en place depuis l'an passé.

Samedi 19/12/09

J'ai quitté la case des amis belges arrivés hier pour occuper une chambre tout prés de l'Ecole de l'ISEM à Mbour. Je viens de passer ma première nuit.
Mis à part le chant du coq sous ma fenêtre qui chantait à tue tête alors qu'il n'était pas 1 heure du matin…
Mis à part les trois moutons sur la terrasse qui gambadaient et frappaient de leurs sabots le sol à faire vibrer le plafond de la chambre…
Mis à part les chants nocturnes africains rythmés par les " djembés "…
Mis à part l'appel à la prière des Imans alors que cinq heures n'avaient pas encore sonné…
Mis à part quelques moustiques infiltrés je ne sais comment sous la moustiquaire…
Mis à part cela, ce fut une nuit comme on ne les aime pas mais que l'on passe faute de mieux…
J'ai pensé à toute la famille…à LM qui peut être était déjà levé alors que je n'avais pas encore fermé l'œil…
La date du débarquement approche et c'est pour cela que nous nous activons à finir les travaux du futur dispensaire. L'électricité est quasiment terminée. Seul soucis, les coupures fréquentes de courant. Mais pour l'instant, nos moyens ne nous permettent pas d'acheter un groupe électrogène.
J'envisage de déposer une partie des colis dans le garage. J'ai posé sur le sol les cartons vides du conteneur précédent et recouvert d'un tapis plastifié bon marché mais peu solide. Je limiterai cependant les inconvénients du sable lorsqu'un objet y tombe dedans.
Reste quelques retouches de peinture sur les boiseries extérieures abimées par les intempéries et les termites. Demain j'irai chercher une lasure …chinoise…car tout est de plus en plus chinois et sans valeur…Elle tiendra le temps de quelques…. je n'ose le dire…

Dimanche 21 12 09

Je vous ai quitté tard dans la nuit en pensant que la fête de famille (nombreuse) avoisinant ma chambre prendrait fin pas trop tard dans la nuit pour m'endormir mais à mon grand regret elle dura jusqu'au matin. Le haut parleur nasillard s'est enfin essoufflé vers les 8h00. C'est ainsi que je passais deux nuits d'affilées sans vraiment avoir dormi.
Il faut vivre ces moments présents pour comprendre et apprécier l'Afrique et ses "hommes " que je continue de découvrir jour après jour. Ce constat m'amène directement à cette réflexion : Pourquoi les hommes n'obéissent pas à une logique comme le font les animaux… ? je ne peux pas répondre en quelques phrases à cette question mais cela mérite d'y réfléchir tout en sachant que ce monde ne changera pas dans ces propres contradictions.
Ici plus qu'ailleurs le poids des religions musulmanes (plus de dix communautés musulmanes différentes sont répartis sur le territoire sénégalais) joue un grand rôle, celui en particulier du maintien des traditions mais aussi de l'asservissement du peuple. Autour de ma chambre, pas moins de cinq mosquées sur cinq cent mètres carrés environ élèvent leur minaret, pas moins de cinq hauts parleurs diffusent nuit et jour ainsi autant d'invitations à la prière ; Ils se prosternent certes pour implorer leur Dieu à la miséricorde mais ils se relèvent après avoir été blanchis de leurs péchés pour répéter aussitôt les mêmes erreurs ….Ainsi va la vie …

jeudi 31 décembre 2009 22h00

Qui aurait pensé que vingt et un jours après sont chargement à Avignon, le conteneur serait rendu à destination et déchargé. Pas moi dans tout les cas qui était passé deux fois par de nombreuses difficultés plus imprévisibles les unes que les autres.
Et pourtant, à huit heures ce matin 31 décembre, le semi remorque et son précieux chargement pointe son nez sur la piste qui mène au dispensaire.
Cependant, ce que nous redoutions Abdoulaye et moi même arrive et par trois fois le camion s'ensable jusqu'aux essieux ; quatre heures d'effort sous un soleil brulant sont nécessaires pour le tirer de son trou. A 13h00 enfin je descelle le plomb resté vierge de toute visite intempestive et avec l'aide de l'équipe constituée nous commençons le déchargement. Tout le travail en amont pour un rangement fonctionnel des 400 colis et de tout le matériel médical se passe comme prévu.
Vers 16 heures nous prenons enfin notre repas réunis autour du tiboudienne et récupérons de tous nos efforts dans la bonne humeur. La tasse de thé a une saveur particulière et je ne peux pas m'empêcher alors d'avoir une pensée particulière pour vous tous qui m'avaient aidé en France à remplir pour la troisième fois ce "conteneur ".
Je vous retourne dès à présent et avec beaucoup de plaisir, les " jërëjëf " des Sénégalais qui m'ont remercié et j'ajoute aux miens tous mes vœux pour cette nouvelle année.
A bientôt…

Dimanche 10 janvier 2010

Les surprises continuent ...pas toutes agréables…
Hier samedi j'invite M. Diop, le pharmacien qui donne des cours à l'ISEM, à visiter le futur dispensaire.
Ma surprise est alors grande de constater la disparition du microscope rangé précieusement dans l'armoire où est entreposé tout le matériel du futur labo.
Je n'en crois pas mes yeux et pourtant je me rends à l'évidence : cette disparition est réelle. Il n'y a pas d'infraction et après reconstitution de l'emploi du temps des personnes ayant pénétré dans les locaux, nos soupçons se portent sur le gardien qui était seul pendant la nuit. Mais comment le prouver …. Une chance cependant, 12 heures seulement se sont écoulées avant de s'apercevoir du vol et donc très peu de personnes ont eu accès pendant tout ce temps au dispensaire.
Vers 21h je me rends au commissariat déposer la plainte ; Ce coup de massue me laisse quelques traces et je me pose beaucoup de questions quand à la suite à donner. Comment faut- il poursuivre cette tâche où tout déjà est difficile à faire quotidiennement, sans se décourager par de tels actes ?
Par principe je ne baisse pas les bras mais c'est avec une certaine abnégation que je décide d'aller jusqu'au bout du projet. " Demain " sera un autre jour…

La date d'ouverture du dispensaire est fixée au 2 février, je crains cependant de devoir patienter quelques jours encore car malgré les apparences il reste beaucoup à faire et surtout nous n'avons pas encore trouvé l'infirmier qui dirigera les consultations et les soins; La démarche n'est pas si simple que cela puisse paraître…les charlatans foisonnent et nous devons nous appuyer sur quelqu'un de sûr et d'intègre, ce qui dans ce pays où la corruption est reine, n'est pas évident à découvrir.
Malgré ce, Les travaux indispensables pour un bon déroulement des opérations se poursuivent sans oublier la distribution des nombreux colis préparés aux familles connues ou inconnues.
Grâce au poste à souder prêté par mes amis français, je constitue des bancs (au nombre de six) avec quatre chaises reliées entre elles avec de la cornière et du fer plat ; Il est plus difficile d'embarquer subrepticement un banc qu'une chaise isolée… ensuite je pose un lavabo pour la salle de consultation avec une réserve d'eau sur le toit qui l'alimentera par gravité. Etc…
Ce travail manuel est entrecoupé au rythme des visites des uns et des autres et des réflexions que nous échangeons avec Abdoulaye sur la conduite à tenir au fonctionnement du futur dispensaire;
Nous parlons du circuit du malade, des tickets de prise en charge, des consommables, des remèdes et du personnel qualifié et à responsabiliser…un roman ne suffirait pas…car en plus de tous ces préparatifs il y a l'école d'infirmières qui tourne à plein régime… des stages… etc…et dont Abdoulaye a la charge.

Dimanche 17 janv.-10

Avant de rejoindre mes amis J.M et Domi de Ngaparou pour passer quelques heures de détente, j'emprunte la route de Joal à l'opposé de ma destination finale. Les quarante kms allé retour me font un bon entrainement…
Je désire rencontrer le gardien qui fait figure du coupable idéal malgré ses apparences de parfait musulman ; La chance me sourit car sa femme et ses sept enfants sont seulement présents ; ils m'accueillent comme si de rien était ; je suppose que leur papa ne leur a rien dit de l'affaire nous concernant ; je profite de cette absence pour sortir mon appareil photo et tout en jouant avec les enfants qui ne souhaitent qu'une chose, être pris en photo ; je me rends compte que dans l'unique pièce minable qui sert de chambre , au milieu d'un fouillis immonde et sale , se trouve un petit lit pliant que j'avais emmené dans le conteneur précédent et qui avait disparu de l'ISEM. Fort de cette constatation je suis reparti sans attendre l'homme mais avec la ferme résolution d'emmener la police à faire une perquisition officielle.
Ce fut fait le vendredi 22 en ma présence, et la découverte de nombreux objets sans grande valeur certes, confirme que l'homme vole l'ISEM dont il est chargé d'en assurer la garde…La police alors n'a pas trop de mal à le confondre et une demi heure après l'interrogatoire il nous avoue son forfait ; le microscope a été volé et vendu pour 175000 frs à un receleur lequel l'a revendu à un Libano/Syrien propriétaire d'un Laboratoire à Dakar. Tout ce monde au nombre de quatre est embarqué le lendemain matin samedi et la confrontation a lieu ce jour même dans les locaux de la police de Mbour.
Dans une pièce de 9m2 environ du commissariat où le ménage n'a pas été fait depuis le siècle dernier… j'écoute debout sans toujours comprendre les intervenants mais je regarde surtout le microscope qui trône sur le bureau où s'entassent des centaines de dossiers qui n'auront peut être pas l'heureux déroulement que je viens de vivre.…
" Demain " fut en effet un autre jour…

dimanche 24 janvier 2010

Après toutes ces émotions Je vais prendre quelques heures de détente chez mes amis français…

dimanche 7 février 2010

Malgré la pression des familles concernées par le vol du microscope pour que la plainte soit retirée, nous souhaitons Abdoulaye et moi-même que la justice continue son travail (même si la corruption des magistrats est fort probable ici plus qu'ailleurs)…
Ce fut certainement le cas ; à l'audience publique du 3 fév. le tribunal condamne le minable voleur sans ressource à deux ans de prison dont deux mois fermes, mais on n'a même pas entendu parler des receleurs et le libanais accompagné de sa horde d'avocats véreux est reparti libre…
Toutes ces heures consacrées à cette affaire nous ont retardés dans le déroulement du programme d'ouverture du dispensaire. Mais rien de dramatique puisque à présent le matériel est à nouveau opérationnel.
Nous avons trouvé à présent le personnel, de l'infirmier à la femme de ménage ; quant au gardien, nous nous arrangeons " en famille " en attendant de trouver l'homme qui conviendra…
Et dire qu'il y a un an à peine j' évoquais cette éventualité… joindre un dispensaire à l'école d'infirmières pour en faire non seulement un centre de soins mais également un centre d'apprentissage… à présent que nous atteignons le but nous mesurons mieux le chemin parcouru…en si peu de temps et de moyens : des premiers transports effectués pour la récupération du matériel… à la destination finale… en passant par toute les démarches administratives imposées. L'inauguration se fera sans tambour ni trompette car en plus des superstitions il y a la jalousie et nous sommes en Afrique où ces deux facteurs jouent un rôle essentiel et notre culture européenne ne soupçonne pas le potentiel que cela représente…
La suite de cette entreprise ne m'appartient presque plus, elle est entre leurs mains mais je sais au fond de moi-même que le maximum des efforts a été fait pour que cela fonctionne. Abdou et son équipe ont un challenge à relever pour pérenniser cette œuvre ; Même si je dois être confiant en l'avenir je sais, ici plus qu'ailleurs, que rien n'est acquis par avance et que de nombreux obstacles devront inévitablement être franchis jour après jour. La période qui me reste avant mon retour, environ un mois, va servir à aider les personnes dans la gestion quotidienne et à moyen terme ; Le programme informatique de comptabilité mis en place sera un élément prépondérant et le prévisionnel leur servira de base.
Dans quelques temps nous aurons un élément de réponse ; je souhaite qu'il soit positif


 

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8° VOYAGE prévu en ambulance mais jamais terminé.....

 

Vendredi 28 mai 2010


13h30. La photo souvenir avec Roland et Hélène, les embrassades, le signe de la main à travers la fenêtre de l'ambulance, et nous voilà partis Jean-Michel, Tango son chien et moi-même pour rejoindre Sète, port d'embarquement pour Tanger et franchir les 5500kms qui nous séparent du Sénégal.
Nous sommes largement en avance pour nous balader dans Sète en attendant l'heure de l'embarquement prévu à 17h00, sans compter qu'un retard de 3heures nous est annoncé.
Les formalités policières et douanières françaises ne nous posent aucun problème. 400 véhicules environ en majorité de vieux utilitaires, chargés au-delà du raisonnable à l'intérieur et tout autant sur la galerie, sont rangés dans la soute du Bateau. Nous constatons avec JM que nous sommes les deux seuls européens. Nous sommes dans l'ambiance du Maroc…me dit Jean-Michel. Nous prenons place dans la cabine avec deux autres marocains dont l'un est particulièrement grand et fort. Je ne peux pas m'empêcher de penser que la nuit risque d'être perturbée et mêlée de ronflements. Je ne me suis pas trompé. Je dois intervenir plusieurs fois au cours de la nuit pour stopper l'homme dans son élan et tandis que son compagnon de voyage en fait de même en arabe je comprends à demi-mot qu'il n'est pas content d'avoir été ainsi réveillé…

Samedi 29 mai 2010

Il est 7heures, lorsque je pénètre sur le pont supérieur pour admirer la grande bleue ; pas âme qui vive, l'endroit est parfait pour évader mon esprit et me projeter au lendemain comme j'aime souvent le faire.
A l'abri de la brise marine, sur une chaise longue je prolonge le bain de soleil avec Jean-Michel et Tango qui est tout heureux de sortir de sa niche. Le reste de la journée se passe en alternance sur le pont et le salon où nous regardons un film grâce à l'ordinateur de J.M. Une bière bien fraîche viendra clôturer cette journée…Nous sommes tout heureux de porter un toast au voyage…

Dimanche 30 mai 2010

Levés vers 7h : nous apprenons que le retard du bateau à l'arrivée est portée à quatre heures environ. Il est probable que l'étape de 600Kms que nous avons envisagée, sera plus courte. Tout dépendra du zèle des douaniers…si peu différents d'un pays à l'autre….et dont je conserve des mauvais souvenirs pas si lointains pour les avoir tous oubliés…
15h, nous débarquons en fait avec 6h de retard mais fiers de franchir le contrôle de police sans problème. Notre joie est de courte durée ; après avoir passé ce premier obstacle, nous tombons sur celui des douaniers qui nous font ranger notre ambulance sur le côté d'un hangar, en plein soleil, en nous demandant de bien vouloir attendre...
La totalité des véhicules utilitaires et la grande majorité des voitures débarquées sont rangés dans d'immenses hangars pour un contrôle douanier plus ou moins farfelu et arbitraire et qui souvent se clôture par un billet glissé à la sauvette dans la main du douanier ; j'ai même était témoin d'un geste insolite mais révélateur du système corrompu qui sévit ici comme ailleurs ; un inspecteur en civil prends subrepticement un paquet de mouchoir en papier dans lequel l'individu contrôlé avait, a ma vue, glissé des billets…
Trois heures se sont écoulées avant que l'on veuille s'occuper de nous. Au final on nous dit que l'ambulance ne peut pas sortir du port sans une caution morale en provenance de la France ou bien en payant une consignation dont le montant est fixée par l'inspection des douanes située en ville mais fermée aujourd'hui dimanche. Malgré mes dires, mes supplications mêlées " d'humanitaires " mes allées et venue auprès de l'inspecteur qui était parti vers l'autre port distant de quelques kms et que je rejoins à pied…pour tenter une négociation… il a fallu nous rendre à l'évidence, nous partons Jean-Michel et moi-même en laissant l'ambulance en fourrière, ainsi que le chien, sac à dos pour trouver une chambre à Tanger. Le livre du routard m'indique des adresses d'hôtels et c'est dans l'un d'eux que nous nous installons non sans se poser de multiples questions. En premier qui joindre pour débloquer la situation mal engagée. …Le consulat…l'ambassade… ?

Lundi 31 mai 2010

itôt levés nous rejoignons le consulat qui ouvre à 9h et non à 8h30 comme le précise le " Routard ". Peu enclin à nous renseigner et à nous apporter l'aide attendue, le représentant du consul nous annonce que la caution dite morale n'est plus accordée pour ce type de matériel en transit et que nous pouvons téléphoner à l'ambassade à Rabat pour nous renseigner même si, nous dit-il, nous avons peu de chance de l'obtenir. La réponse entendue au téléphone confirme nos craintes et notre seul recours reste la direction des douanes que je rencontre dans la foulée pour connaitre le montant de la consignation.
De surprise en surprise et pour des raisons visiblement farfelues pour moi mais précises pour les autorités en question, je n'obtiens aucune concession ni cadeau même de la part du directeur de ce bureau des douanes que je rencontre en dernier recours. Pire, il ne s'intéresse vraiment pas au côté humanitaire de cette opération et il confirme par écrit sur le bon de mise en fourrière que je dois m'acquitter du montant de la consignation. A ma question " à combien la taxe s'élève t- elle ?" la réponse est : nous devons faire évaluer la valeur de l'ambulance par les services intéressés et ce service est à Rabat.
- Puis-je avoir cependant une idée de son montant, une fourchette… ? Exorbitante ose t-il me dire et il faudra y ajouter le matériel transporté.
Un nouveau rdv est prévu demain…pour être informé de son montant.
Je retrouve Jean-Mi et Tango dans la rue qui m'attendaient, le chien est interdit dans tous les établissements publics ;
Nous décidons d'écrire un courrier à l'ambassadeur de France à Rabat. Nous le rédigeons dans un Cyber avant de rentrer bredouilles et dépités à l'hôtel... mais non sans avoir mangé un tagine excellent et bu un thé menthe…
Nous passerons donc une deuxième nuit à Tanger ; il fait beau et malgré la déception qui nous envahi nous déambulons détendus dans les ruelles étroites de la médina ; la vie débordante y règne et le contraste est grands car les marocains sont des plus accueillants. Les odeurs d'épices mélangées à celles des fumées des petits barbecues sont si alléchantes que nous ne résistons pas à manger une brochette.
Si on exclut les incohérences des douaniers corrompus, l'absence totale d'aide des autorités françaises à l'étranger et si on accepte qu'un véhicule dit utilitaire pouvant apporter une aide précieuse pour les plus déshérités de cette terre et de surcroit en transit soit immobilisé parce qu'il porte le nom " d'ambulance " alors la vie peut sembler belle. Mais ce n'est pas le cas. Comment oublier, tous les efforts des membres de l'association qui m'ont soutenu dans ce projet. Comment surtout oublier à qui et à quoi est destiné le véhicule et les espoirs qu'elle a engendrés. Pour toutes ces raisons je me dois de réagir encore.

Mardi 1 juin 2010

Donc, malgré tous les échecs de la veille, je réitère les mêmes démarches. Cela nous demande de multiples déplacements dans Tanger et de nombreux coup de téléphones. Mais au soir de ce troisième jour, c'est avec beaucoup d'amertume mêlé de dégout que je me couche. Je prendrai la décision de rester encore ou de rentrer en France demain après un dernier recours aux douanes qui n'ont pas pu ou voulu me donner encore ce jour le montant de la taxe.

Mercredi 2 juin 2010

Je me rends une dernière fois à la direction des douanes. J'insiste auprès d'un inspecteur que je rencontre pour la quatrième fois en trois jours pour qu'il m'indique enfin le montant de la taxe de consignation. Le chiffre qu'il calcule sera approximatif me dit-il car la messagerie de son ordinateur est en panne et il ne dispose pas d'autres moyens pour avoir la réponse à ma question. Cela doit se situer, me dit il enfin, aux alentours de 65000 dyrams soit 6500€ environ, sans compter la prise en compte du matériel transporté. Devant l'annonce d'un tel chiffre, je n'ai d'autre ressource que de me résigner et d'entamer les démarches pour reprendre le bateau vers la France et de rentrer.
Mais, pour être également convaincu que les autorités françaises à l'étranger se servent de nos impôts pour paraître mais surtout pas pour aider les intérêts du particulier que je suis, je retourne une fois encore au consulat. Cette ultime démarche confirme leur impuissance malgré mon insistance.
En dernier recours, je rentre en contact avec Abdoulaye pour l'informer. Lui-même appelle le consul du Sénégal au Maroc ; là encore et malgré également mon appel auprès d'eux c'est le même constat : on ne peut rien obtenir…
Devant autant d'absurdité, je suis amer et je dis avec insistance qu'il est regrettable d'être le témoin de tant de stupidités. Il n'y a rien d'étonnant qu'avec de tels comportements le monde de la haine et de la corruption se développe au lieu de régresser …tous pourris ….
La fin de la journée est consacrée au retour de JM et de Tango vers le Sénégal. La surprise est grande quand il apprend que le chien est interdit dans l'avion de Casablanca et également dans le train. D'autre part nous ne trouvons pas de cage pour le transport. Il se décide contraint et forcé de prendre avec moi le bateau et de rejoindre le Sénégal au départ de la France.

Jeudi 3 juin 2010

Le retour et l'embarquement sur le bateau, mérite un épisode bien plus long mais je me contenterai de dire que l'histoire fut cocasse. Après de longues heures d'attente, la police n'avait pas tamponné le passeport du fait que nous avions été escortés jusqu'au bateau par la douane qui craignait sans doute que l'on s'échappe… " du Maroc "…et finalement c'est en catastrophe que nous les avons fait tamponner … le comble aurait été que l'on rate le départ du bateau.

En conclusion, j'ai échoué dans cette entreprise, racketté et otage en quelque sorte d'un système et de gens qui abusent de leur pouvoir ; cela ne va pas cependant me stopper dans mon élan. Et sitôt rentré en France, je vais m'employer à trouver une autre solution… pour mieux rebondir et poursuivre ma route…

Suite du 8° voyage

 

Déjà juillet c’est dire que le temps s’écoule très vite même si je n’ai pas les mêmes préoccupations durant ce séjour ;

Je ne vous oublie pas malgré mon silence , l'ambulance n'est pas là mais les occupations sont toutes aussi nombreuses quand on veut s'en donner la peine.

Je termine de faire le point des élèves scolarisés et je me prépare à les préinscrire pour la rentrée prochaine qui sera déjà la quatrième que je réaliserai ici. Il devrait en y avoir 21 si tous les parrains et marraines répondent à nouveau présents.Ici aussi les frais de scolarisation augmentent sans cesse.

Je profite également des déplacements d’ Abdoulaye qui supervise les élèves infirmiers (es) dans les dispensaires ruraux pour me déplacer en brousse avec lui et je me rends compte là plus qu’ailleurs, du travail qui reste à accomplir pour sortir toute cette population de la misère physique et morale à laquelle ils sont confrontés au quotidien ; rien à voir avec les zones urbaines mais c’est tout aussi triste à voir ; or malgré cela on rencontre des gens toujours souriants ; la légendaire « Téranga » véritable tradition d'accueil du Sénégal est présente partout.

Les premières pluies permettent de labourer la terre rendue plus friable et semer le mil. La charrue de bois tirée soit par un cheval efflanqué ou un petit âne tout aussi maigrichon retourne cette terre comme nous le faisions chez nous il y a un siécle et plus en arrière. Parfois un semoir rudimentaire dépose les graines dans le sillon. Tous ces agriculteurs disposent de quelques semaines avant les pluies qu’ils attendent mais qu’ils redoutent aussi. Comme partout elles peuvent être violentes et tout emporter avec elles.

Dans cette campagne parsemée d’immenses baobabs, il est fréquent de croiser les femmes chargées sur leur tête d’un énorme fagot de bois et des enfants sortis de ne je ne sais où ; il fait bon respirer, tout a l’air paisible, mais quand on s’approche des villages, ce sentiment n’est plus le même, les cris des nombreux enfants, les bêtes en liberté et le manque d’hygiène et de propreté enlèvent tout le charme précédent.

Voilà, je suis en Afrique et la terre ne s’arrêtera pas de tourner même si pour un grand nombre d’entre eux ils se sentent oubliés…


 

 

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