CARNET
DE ROUTE
PRENEZ S'IL VOUS PLAIT, LE
TEMPS DE ME LIRE

Cela vous prendra qu'un court
instant de votre vie
A ce jour, du primptemps 2008 j'ai passé plus
d'une année (en mois cumulés) auprès
des Sénégalais.
En quelques phrases, je souhaite vous exprimer le fond de
ma pensé qui en résulte:
Malgré les apparences, une très grande majorité
de Sénégalais vit très mal et les maux
les accablent, car ils sont incapables de changer de comportement.
Ils vous diront que tout va bien alors qu'ils sont au bord
du gouffre, accablés par leur destin
Partout dans les familles, sur les chemins de la brousse,
dans les villages et les villes, chacun cultive sa propre
superstition, chacun cherche les moyens de se sortir de
la misère mais ne fait rien pour changer d'attitude.
Ils accordent beaucoup trop d'importance à la parole
de leur Dieu, mais ne pratique que pour se préserver
de la malédiction divine
Les rites, les traditions et les Inch'Allah (si Dieu le
veut) anéantissent toute transformation ou rénovation
de leur esprit et par voie de conséquence étouffent
et ruinent leur quotidien.
Ils ont le potentiel culturel pour tenter une autre forme
d'existence mais sont trop empêtrés dans leur
coutume pour entreprendre une autre forme de société.
Ils caricaturent et reproduisent alors qu'ils devraient
créer
Rien de plus absurde en ce qui les concernent, que de poursuivre
sur cette voie, que d'écouter ces " guides "
de la foi alors qu'il serait plus utile d' arborer de nouvelles
règles sociales pour modifier en profondeur les règles
économiques
tout en préservant sa propre
foi
Particulièrement évident dans les campagnes
où la tradition est encore plus encrée, la
place de la femme en Afrique demeure un sujet préoccupant.
Parmi les difficultés, la polygamie provoque des
effets dramatiques en termes de moyen pour l'homme qui devra
assurer les dépenses de toute les familles composées
mais
qui ne peut pas y faire face
Evidement, trop soucieux de se maintenir à la tête
de l'Etat et de perdre le pouvoir s'ils en changeaient les
règles, les politiques et les financiers, font tout
pour entretenir ce traditionalisme et conservatisme dont
il est aisé de mesurer les conséquences
Ils ont la terre et l'eau mais ne s'en servent pas.
A l'image des pays industrialisés une majorité
de sénégalais préfère s'agglutiner
dans les cités pour puiser le quotidien sans penser
au lendemain. Beaucoup d'entre eux aspirent à quitter
leur pays au risque de périr
puisqu'il n'y
a pas d'autre alternative disent-ils, autant tenter l'aventure
du clandestin
CARNET de ROUTE (oct 2007
- mars 2010)

L'envol pour le troisième
séjour au Sénégal s' effectue sans
encombre. Je quitte la France avec un pincement au cur
car la séparation avec ceux que j' aime sera de trois
mois environ. Cependant compte tenu de tous les projets
en tête, j'éprouve un brin de joie intérieure.
L'escale à Casablanca est de 5heures. Je profite
de tout ce temps libre pour commencer mon carnet de route.
Après un bon voyage je me repose enfin en terre africaine
à trois heures du matin (heure française).
La rencontre avec N'Diaye et sa femme est des plus chaleureuse.
Je fais la connaissance de son jeune frère qui les
a rejoint pour veiller la nuit sur le resto. Les vols par
effraction sont fréquents, surtout si l'on a faim
et
que les poches sont vides
.
A présent j'occupe en grande partie ma journée
dans le petit " resto "que nous avons créé
voici 6 mois. Mon absence lors de sa mise en route fut préjudiciable
me semble t-il mais pas dramatique; pour ranger les ustensiles
de cuisines et les réserves, je fabrique des étagères.
Je dois m'armer de patience pour trouver le bois nécessaire
à l'équipement, pour le scier et l'adapter
à des murs de terre tendres...car les outils font
défaut ou des plus usagers
mais dans l' ensemble
le résultat est satisfaisant
à la mode
africaine
Je m'efforce surtout de rendre les lieux plus hygiéniques.
Je ne souhaite rien imposer au jeune couple qui en assure
la gestion mais je leur montre ce qui me semble être
le minimum pour maintenir les lieux propres. Tout est difficile
à se procurer et je suis en vadrouille pour trouver
ce dont ils ont besoin ; c'est très cher, que ce
soit les produits de base ou le matériel.
Je mange midi et soir au " petit resto
" de Ndiaye pour 600F cfa (moins de 1€) . Il sert
en moyenne une vingtaine de portions sur place ou à
emporter. A ce prix comment va-t'il joindre les deux bouts
? Je lui ouvre un cahier de comptabilité pour établir
à la fin de chaque mois un bilan.
NDiaye est de confession musulmane, c'est pourquoi il ne
sert pas d'alcool mais des boissons sucrées ou du
café Touba.(50F cfa la tasse).
Je croise sur ma route des personnes qui me
reconnaissent depuis mon dernier séjour et c'est
un grand moment de plaisir partagé. Je rends visite
à deux familles dont l'enfant est parrainé
par un membre de l'association. Un des papas est décorateur
sur bois . Ce qu'il fait avec presque rien est étonnant.
Il décore les portes, les contours des glaces etc
avec de la sciure de bois et la colle à bois ; il
compose également des tableaux en relief... il ponce
et cire ces objets avec du cirage de couleur. C'est très
beau. Je pense ramener en France quelques uns de ces objets
pour les vendre et lui procurer ainsi un peu d'outillage
et pourquoi pas une ponceuse qui lui rendrait un grand service.
Marié et père de trois enfants, il vit à
Mbour.
Les deux machines à coudre que j'avais embarquées
sont bien arrivées et font déjà offices.
Je trouve un vélo neuf " made in chine "
pour 60€ . Il fera tout juste la campagne 2007/2008,
sa solidité n'est pas à toutes épreuves.
Je m'en sers quotidiennement. C'est très pratique
pour se déplacer à condition de rester sur
la terre ferme car sur les pistes de sable, bonjour les
mollets... Quant à la nourriture je continue de manger
l'assiette de riz blanc aux oignons et piments accompagné
d' un poisson grillé ou poêlé. J'achète
aussi des mangues, des bananes et des pastèques.
La viande est par contre dure à moins
d'acheter le filet de zébu (10€ le kg). Pour
les sénégalais la vie a augmenté depuis
les dernières élections, beaucoup d'entre
eux me disent ne faire qu'un repas par jour.
Hier dimanche, j'ai rencontré les villageois
de Keur Gondé (250 personnes environ) pour remettre
l'unique pompe en état de marche. Elle devrait être
opérationnelle d'ici la fin de cette semaine. Mercredi
prochain je rendrai visite à un autre village pour
envisager la création d'une miniépicerie avec
une réserve de riz, d'huile, de bougies etc (il n'y
a pas d'électricité dans ce village éloigné
de 3 kms environ de la route principale) et les femmes font
de multiples aller-retour pour acheter l'indispensable pour
nourrir la famille.
Je rencontre des français qui résident
au Sénégal. Ils décident d' adhérer
à l'association et sont prêts à me donner
un coup de main. Ils possèdent un véhicule
qui me permettra à l'occasion de me déplacer
plus facilement.
Je me repose en début d'après
midi, la température est très élevée
et encore assez humide. La nuit, je dors assez bien, malgré
des moustiques baladeurs qui fredonnent à mes tympans
et qui passent je ne sais comment à travers le moustiquaire
pour me piquer. J'abandonne cependant le traitement antipalud.
le temps défile très rapidement
depuis mon arrivée au Sénégal voici
quatre semaines. Il faut dire que je me donne la peine de
favoriser la course contre la montre
J'ai tellement le désir de concrétiser l'ensemble
des projets que je m'empresse de contacter et de rencontrer
les différents antagonistes pour aboutir à
la mise en uvre du puits et la pose des pompes.


La visite aux familles et des enfants dans
les écoles se poursuit, mais force est de constater
, que rien n'est simple en Afrique noire . Je dois en permanence
me souvenir que je n'ai ni la même culture ni la même
conception de la vie des hommes et des femmes que je croise.
Je m'adapte et j'apprends tous les jours à mieux
les connaître et à cerner nos différences
pour éviter de décevoir et d'être déçu
en retour. C'est tout de même passionnant et je poursuis
volontiers cette nouvelle aventure dans ce monde de misère
et d'oubli
Fidèle aux engagements pris avec le village de Keur
Gondé je remplace la pompe du puits, trop onéreuse
pour la réparer. L'acquisition d'une pompe à
main très rudimentaire pour nous européens
mais pratique et efficace pour les africaines (seules à
puiser l'eau) est de 90.000F cfa alors que la réparation
coûterait 130.000F cfa (200€ environ).
Samedi 10 nov. j'assiste à un conseil de représentant
du village suivi de la pose de la première pierre
d'une école financée par une association bretonne.
L'arrivée en 4X4 (neuf) des représentants
français me semble déplacée dans ce
petit village où tout fait défaut. En fait
je pense que je suis le seul à être gêné...car
le Sénégalais est à présent
accoutumé au fait.
Il fait très beau sous le baobab comme tous les jours
d'ailleurs depuis mon arrivée et assis au milieu
de tout ce monde, la rencontre mérite la photo,...
vers les 13h00 alors que le thermomètre ne cesse
de grimper, autour des 40° au soleil, j' enfourche le
vélo pour rejoindre ma case...et me reposer...
La tête se remplit d'images tout autant que la carte
mémoire du numérique
j'ai déjà
de quoi projeter et animer nos prochaines rencontres
pour vous faire partager toutes mes émotions.
A présent, je poursuis ma tâche au Village
de Keur Yougar. Même constat, ni eau à proximité
ni électricité évidemment
la
saleté et la misère
même si les
enfants mangent à leur faim le riz quotidien ou le
mil pilé et semblent insouciants et heureux
Ce constat m' entraîne à effectuer des démarches
pour la construction d'un puits. Différents devis
me conduisent à choisir " arbitrairement "
le futur réalisateur. Tous se disent maçons
mais si demain tu leur demandes d'être réparateur
de vélo ou mécano, ils te disent qu'ils le
sont également. Tout se marchande et attention à
l'arnaque... car pour le sénégalais en général,
tous les blancs sont riches... et ils tâchent d'en
profiter au maximum. Ce soir lundi je signe le contrat de
construction.
Avec 470.000 F cfa (soit 725€) je réalise le
puits de 180cms de diamètre intérieur sur
12 à 15 mètres de profondeur suivant l'arrivée
de l'eau, cimenté et protégé en surface
par une dalle en béton pour supporter la pompe à
main de 90.000F cfa (137€).
A ce jour j'ai rendu visite à toutes
les familles dont l' enfant est parrainé par l'association.
Vendredi 23 nov. je passe une matinée avec ceux de
l'école Charlemagne de Rufisque . Je suis vraiment
surpris par le soin que mettent ces enfants à écrire
et aux résultats déjà acquis après
quelques semaines de classe seulement. Je constitue tout
un dossier que je me ferai un plaisir de montrer à
mon retour aux différents parrains et marraines;
Mon retour de Rufisque est des plus difficiles. J'emprunte
le taxi brousse collectif et pour faire les 70kms, je mets
5H00 . Seul blanc, dans ce minicar branlant, nous sommes
une trentaine de personnes, la température est suffocante
quand aux odeurs ce n'est pas mal non plus...
Voilà quelques nouvelles , j'espère que la
transmission Internet va fonctionner. J'ai beaucoup de problème
pour maintenir la connexion sans parler des nombreuses coupures
de courant. C'est pourquoi je vous demande de me confirmer
la réception du courriel car je ne sais jamais s'il
arrive à destination.
7h00 le 17/11 un réveil comme je les
aime dans le calme, coupé cependant par la prière
matinale de l'imam. Comme tous les jours depuis mon départ
le ciel présage une chaude journée. Heureusement
que les nuits sont à présent plus fraîches
et me permettent une excellente récupération.
Je me lance dans le bâtiment, et je décide
après le puits, de bâtir un local en dur qui
fera office d'épicerie au petit village de Keur Youglar.
Il permettra de servir une population d'une centaine de
personnes environ qui doit faire des Kms pour se ravitailler
en riz, sel, huile et autres ingrédients qui rentrent
dans la composition de leur repas quotidien. Dimension quatre
sur cinq mètres, recouvert de tôles et une
porte en fer et pour éviter le pillage, une personne
fera la surveillance la nuit. Une autre gérera le
stock. Le bois fait défaut, c'est donc en briques
liées au ciment, le tout ceinturé avec des
longrines ferraillées : coût de l'opération
1500 € environ. Le chef du village me cède un
bout de terrain
Je commence une autre démarche auprès des
sénégalais que je vois quotidiennement. Il
s'agit de l'alphabétisation. J'ai pour l'instant
deux élèves adultes.
Un constat après quelques séances, pour ces
adultes, l'assiduité fait déjà défaut
mais comment peut il en être autrement quand on n'a
jamais été à l'école
20/11
J'espère que ce message trouvera toute la famille
en bonne santé. Me concernant tout va très
bien et je m'adapte parfaitement à cette vie africaine
.
Si je parle climat, la chute de la température est
importante au point que l'eau de l'océan n'est plus
qu'à 22°. Les nuits sont relativement fraîches
et ne dépassent pas les 17°. Autant dire que
l'hiver est arrivé. Les Sénégalais
commencent à " trembler " de froid et se
coiffent d'un bonnet. Ma consommation en eau potable s'en
ressent évidement dans la journée... Pour
la nourriture, je suis toujours au riz poisson à
midi et poisson riz le soir
j'ai tenté de manger
de la viande mais j'ai peur pour mes dents
Heureusement
que le poisson est toujours excellent même si son
prix a augmenté. La pêche est soi disant moins
importante depuis quelques temps. Est-ce dû aux chaluts
étrangers de plus en plus nombreux qui envahissent
les côtes de l'Afrique et qui ratissent tout sur leur
passage avec leurs immenses filets ? On peut le croire
Je goûte aussi aux ufs et demain je mangerai
du poulet
pour les fruits, la saison des mangues se
termine, par contre les pastèques, oranges vertes
et mandarines envahissent les marchés pour un prix
avoisinant les 600 à 800F cfa le Kilo. Je me procure
également du fromage de chèvre dont le goût
est moins fort que celui que l'on mange en France et un
excellent miel avec lequel je déjeune à présent.
Cela fait un mois aujourd'hui que je suis sur le sol Africain.
Premier constat j'apprends tous les jours à mieux
connaître tout ce qui touche l'Afrique noire et les
gens que je croise, qu'ils soient noirs ou blancs
28/11/07
Ma résolution d'aider, à ma mesure, ce pays
depuis mon premier voyage voici un an, n'a pas varié
même si je découvre des travers qui m'avaient
échappés lors de mes deux précédents
voyages. Je ne m'arrête pas malgré les difficultés
rencontrées sur le terrain car trop grand est le
fossé qui sépare leur quotidien du nôtre
pour penser un seul instant, les abandonner.
Je m'aventure à présent seul en vélo
et à pied lorsque la roue s'enfonce trop profondément
dans le sable. Je tombe ainsi dans les petits villages de
brousse où tout fait défaut mis à part
la pollution visible (sacs plastiques en particulier
)
et je n'ose pas parler de tous ces gens dont le souci évident
n'est pas de savoir comment on peut gérer les déchets.
La collecte des ordures ménagères n'est évidemment
pas généralisée et cela n'a pas l'air
de les toucher particulièrement.
Ce qui me touche par contre, est le peu de considération
que les hommes ont vis-à-vis de " " leurs
épouses "... A la question pourquoi il n'attelle
pas le cheval pour chercher l'eau au puits afin de soulager
le travail des femmes qui puisent et portent trente litres
d'eau sur leur tête de nombreuses fois par jour, la
réponse est que le cheval doit se reposer après
l'hivernage. (saison des pluies) car le travail des champs
est important
Je suis affecté également par la forte natalité
et tout ce que cela entraîne. Morveux, sales, ces
jeunes enfants connaissent cependant deux mots " cadeau
Toubab " quand je les croise. Je peux dire sans me
tromper que peu nombreux sont ceux qui sortiront de cette
misère si le monde continu d'être aussi égoïste.
Même si l' école existe au Sénégal,
la scolarisation n'est pas obligatoire et nombreux sont
ceux et surtout celles qui atteindront la majorité
sans savoir ni lire ni écrire.
2/12
J'arrive en ce dimanche matin de Sinthiarne, petit village
situé à 10kms environ de ma case. J'ai livré
deux poulies pour équiper les deux puits . Je vais
y retourner dans la semaine avec quelques médicaments
que je vais me procurer à la pharmacie de MBour.
Un grand-père qui perd la vue, souffre énormément
et m'a demandé de le soulager
.et plusieurs
personnes sont atteintes par le palud.
Le médicament qui soigne et guéri est trop
cher pour qu'ils puissent se le procurer. (4800F cfa la
boite , soit l'équivalent de deux à trois
jours de travail pour un ouvrier)
. 3/12
Je reprends dès ce lundi matin mon carnet de route
en attendant de retrouver au petit resto mes jeunes protégés
N'Diaye, Papys, et Fama . Il s'agit aujourd'hui de faire
le bilan du mois d'octobre; s'il est positif, j'envisage
le remboursement d'une partie du crédit comme cela
a été prévu dans le contrat passé
avec N'Diaye. Cette somme, même minime, sera reversée
dans une autre opération humanitaire.
J'ai parlé de " travers " dans mon précédent
courrier. Un autre exemple : il s'agit des rapports que
les africains ont avec les " toubabs " et de l'intérêt
personnel qu'ils affichent et qui prime sur tout. Tout enfant
que je croise me dit " cadeau toubab " et une
forte majorité d'adultes de tout âge ose vous
aborder pour vous solliciter
Etat de fait sensible dans cette région touristique,
elle est cependant moins présente sur le reste du
pays que j'ai visité. Dans certains villages ou gros
bourgs du sud du pays, j'ai été bien moins
sollicité.
Si cette réaction est malgré tout légitime
elle devient pesante et difficile à supporter au
quotidien; devant cette situation l'envie de se boucher
les oreilles pour ne plus entendre ou de fermer les yeux
pour ne plus voir est parfois très forte. Il est
vrai aussi, que devant autant de misère le choix
que je fais vers telle ou telle personne est arbitraire,
mais comment peut-il en être autrement
?
Un autre sujet sur lequel mon attention est attirée,
est le problème de la santé.
En apparence les personnes au Sénégal sont
bien portantes, cependant nombreux sont les enfants qui
décèdent encore du paludisme ou de la fièvre
jaune et je pense évidemment à tout ce qu'un
médecin ou une infirmière pourraient apporter
dans ce pays. Dans le village de N'Guekorkh ( 3000 à
4000 habitants et peut être plus) les soins sont dispensés
par un seul infirmier d'état et le médecin
se trouve à M'Bour distant de 8 kms (population :
plus de 10000 personnes). J'ai côtoyé une personne
qui m'a parlé d'une aide en provenance d'une association
pour former deux infirmières. Malheureusement cette
formation n'avait pas abouti par manque de vigilance. (détournement
de l'aide au bout d'un certain temps
m'a-t-il dit
au profit du directeur
sénégalais
)
Ce fait démontre parmi tant d'autres, toute la difficulté
que l'on rencontre lorsque nous voulons établir des
liens porteurs d'espoir et qui permettraient surtout d'
améliorer leur santé. La corruption prime
sur tout, mais paradoxe, sans elle beaucoup " crèveraient
"
Concernant le local qui abritera l'épicerie, la construction
est bien lancée. Mais comme tout ce qui se fait en
Afrique, pour réaliser un tel projet, il faut se
retrousser les manches et garder son calme. La notion de
temps n'a pas la même valeur et la patience est essentielle
pour arriver à un résultat. J'espère
que d'ici la fin de l'année, nous ouvrirons le local
aux résidents du village.
Ma rencontre avec le couple de retraités
français vivant à présent au Sénégal
me permet de voyager pendant deux jours vers la région
du Sine Saloum proche de la Gambie que j'avais traversée
en mars dernier. Distant de 250kms de mon lieu d'attache
la région est plus boisée et les terres un
peu mieux cultivées. Villages et villageois de Badoudou
sont des plus accueillants ; nous conversons de tout et
de rien autour d'un " thieboudienne " . Fait de
riz pillé, d'oignons, de légumes et de poissons,
son goût est excellent. Le marché du dimanche
matin du bourg de Toubakouta m'aurait permis d'immortaliser
ces instants si je n'étais pas tombé en panne
de batterie
je me promets d'y retourner car j'ai été
émerveillé par tout ce que mon regard a croisé.
De nombreux petits marchands proposent sur de minuscules
étals trois fois rien
" pour trois fois
rien "
toutes sortes de piments ou petits légumes
fraîchement cueillis ou séchés
plaisir
des yeux et de l'odorat
le mélange des odeurs
surprend mais reste très agréable
12/12
Je passe la matinée de mercredi avec le charpentier
pour poser la toiture de l'épicerie. J'ai fait livrer
les chevrons et les tôles par un charretier après
avoir négocié le transport à 4000F
cfa pour une distance à parcourir de 5 Kms environ
. Pour la petite histoire, à mon retour, je crève
la roue arrière du vélo sans possibilité
de réparer et le trajet sur la piste sablonneuse
est assez physique sous un soleil chaud, très chaud
Heureusement que je fais suivre dans le sac à dos
une bouteille d'eau
Le toit de tôles est posé à présent.
La fermeture de la porte et de la fenêtre doit suivre
dans quelques jours. Le sol sera recouvert de carreaux cassés
liés au ciment ; simple à poser et peu onéreux
cela permettra de faire l'entretien plus facilement. Ensuite
nous poserons les étagères et une planche
qui fera office de banque.
La préparation de la Tabaski est sur
les lèvres de tous les Sénégalais.
Cette fête musulmane est la plus populaire ; elle
est fixée au 21 décembre. Fête établie
par le calendrier lunaire, elle commémore le sacrifice
d'Abraham. Chaque musulman se doit dans la mesure de ses
moyens d'égorger le mouton, de le faire griller et
de le partager en famille et avec ses voisins. Les femmes
et les enfants attendent également ce jour pour étrenner
une nouvelle robe et recevoir un cadeau.
Je partagerai cette journée avec la famille de N'Diaye
et Fama à Thies, ville distante de 70kms environ
de M'Bour. Nous partirons très tôt en taxi
brousse et nous rentrerons dans la nuit.
folklore, images, sons et odeurs assurés
.
15/12
Je reviens à Sinthiarne pour leur apporter une nouvelle
poulie et une corde. Les trois puits sont à présent
équipés . Je retrouve le grand-père
à la vue déficiente. Le collyre n'a pas eu
l'effet escompté. Seule satisfaction, il souffre
un peu moins. En voyant tous ces enfants je rêve de
construire un petit bâtiment qui servirait d'école
comme
ce sera prochainement le cas à Keur Gondé
grâce aux dons d'une association bretonne
Je rêve
car seul les plus grands garçons
vont au village voisin pour apprendre à lire et écrire
quand tout va bien
par contre les filles des villages
restent pour la plupart d'entre elles à la case et
servent très jeunes, de bonnes à tout faire
elles portent aussi bien que les adultes le seau d'eau sur
leur tête et le petit frère ou la petite sur
sur leur dos
peu nombreuses sont celles qui réussissent
à poursuivre leurs études, au mieux elles
trouveront du travail chez les toubabs pour 2000F cfa .(3€)
par jour. Très tôt la famille la mariera et
très tôt un enfant naîtra suivi d'un
deuxième et d'un autre encore
jusqu'à
ce que le mari prenne une femme plus jeune et ainsi de suite
.
Il semble cependant que petit à petit les mentalités
évoluent en faveur de la monogamie mais c'est loin
de se généraliser
Depuis mon arrivée c'est la première
fois que je me lève avec un ciel couvert de nuages
aussi denses. La température est cependant toujours
aussi douce et l'eau de mer reste très bonne ; à
mon avis elle avoisine les 20 degrés ; presque tous
les soirs je vais nager quelques brasses. C'est du plaisir
quand on sait que nous sommes, comme en France, en hiver
quant aux nuits, il fait suffisamment frais pour tirer le
drap au petit matin.
Je sympathise avec un autre couple de français
qui s'installe définitivement au Sénégal.
Malheureusement j'apprends qu' ils viennent de subir un
vol dans la case qu'ils louent en attendant d'habiter leur
propre maison . Alors qu'ils dorment les voleurs dérobent
passeport, argent, micro portable, téléphone
portable, appareil photos etc
La raison d'un tel pillage est lié à la tabaski,
car l'achat d'un mouton (de 40000 à 100000F cfa n'est
pas à la portée de tous et donc pour y arriver
tous les moyens sont bons). A vous de juger
Il est
courant actuellement de se faire interpeller dans la rue
pour offrir notre aide pour commémorer cette tradition
musulmane.
Ils vont jusqu'à imposer le cadeau à offrir
"toubab, t'as pas trente mille francs
"
?
Avec les photos prises tout au long de mes
déplacements, je monte petit à petit le diaporama
qui me permettra dès mon retour en France, à
poursuivre l'uvre engagée.
Son but est d'informer tous les adhérents et sympathisants
de l'AAD mais aussi de convaincre que nous pouvons faire
plus encore. Avec l'expérience acquise, nous pouvons
ensemble, aller un peu plus loin dans les démarches
humanitaires entreprises. Tout en restant dans la même
orientation fixée dans nos statuts à savoir
la scolarisation, le problème de l'eau, la santé
etc.. j'envisage si les moyens me sont offerts, de construire
dans un village une école. Ainsi, ce ne serait plus
un choix arbitraire lorsque nous parrainons tel ou tel enfant,
mais une uvre qui aurait des conséquences plus
générales et tout aussi importantes. Evidement,
la réponse viendra de ceux que je vais croiser et
convaincre.
Le fossé qui sépare nos deux continents est
immense et même si nous avons le sentiment que nos
difficultés quotidiennes ne cessent de grandir en
France, rien n'est comparable avec celles que rencontrent
une forte majorité d'africains. Peu équilibrée
car peu variée, la nourriture au quotidien reste
une des priorités et tout ce qui touche la scolarisation
et la santé est loin d'être résolu C'est
pourquoi, construire une école est un pas de plus
vers ce que j'appelle " l'aide à une activité
durable ".
la suite au prochain courriel
20/12
C'est le jour de l'inauguration de l'épicerie de
Keur Youguar.. Nous avions prévu de finir les travaux
avant la Tabaski et chose rare au Sénégal,
nous sommes parvenus à tenir cet engagement. C'est
donc la joie partagée avec les familles du village
et un moment de bonheur qui restera gravé dans ma
tête. Le verre de coca ou d'orangina pour les Sénégalais
et un pastis et whisky pour les toubabs invités,
accompagne la fête après que le chef du village
eût coupé le ruban confectionné à
la hâte avec des bouts de chiffons.
23/12/07
Prévu à 6h du matin le départ pour
Thies avec un taxi brousse conduit par un de ses frères,
a lieu finalement à 8h pour cause d'embouteillages.
Effectivement le jour de la tabaski, tout ce qui roule est
sur les routes pour se déplacer et autant dire que
ce sont des centaines de milliers de personnes qui rejoignent
leur famille pour célébrer cette fête
musulmane.
Ville natale de N'Diaye, la ville de Thiès se situe
à l'est de Dakar. Nous l'atteignons sans problème
malgré la vétusté du véhicule,
une Peugeot 505 des années 70, dont il est impossible
de décrire son état, tellement tout ce qui
est visible serait à mettre à la ferraille.
Le comble est qu'elle roule toujours et qu'elle continuera
de rouler encore et encore
avec un pare brise zébré
de toute part
, plus de tableau de bord et de démarreur
,
une portière qui tient avec du fil de fer, des sièges
sans tissu, remis en forme avec des morceaux de bois, plus
de trace de poignées ou de lève vitre, plus
d'amortisseur et bien évidemment des pneus aussi
lisses que l'intérieur des mains légèrement
ridées
Lorsque vous montez dans ce type de véhicule, il
ne faut surtout pas penser aux risques encourus, sinon vous
redescendriez aussitôt à condition que la portière
s'ouvre de l'intérieur car ce n'est pas toujours
le cas
Le papa de N'Diaye, retraité de l'enseignement
d'une école primaire, sa femme et ses enfants (5
garçons sur les 7 vivants) cousins et cousines, m'accueillent
chaleureusement alors qu'ils montrent très peu d'
émotion à N'Diaye et à sa Femme qu'ils
n'ont pas revus depuis des mois. Je fais aussi la connaissance
de la fille de N'Diaye, une adorable petite fille de trois
ans aux yeux magnifiques. Un peu intimidé par ma
présence, elle accepte malgré tout de se laisser
prendre dans mes bras. Elevée par les grands parents
depuis sa naissance, elle ne parait pas être attachée
à ses parents et en particulier à sa mère
qui attendait pourtant ce moment avec impatience.
L'un des fils est apprenti routier. Il parcourt à
longueur d'année les routes de l'Afrique. Les conditions
sont très difficiles me dit-il ; il sait quand il
part, il ne sait jamais quand il reviendra. Un autre frère
âgé de 16 ans est amateur de foot ; il rêve
de devenir professionnel
le plus jeune est scolarisé,
quand aux autres ils vaquent à droite à gauche
comme ils peuvent
la galère pour ne pas dire
le chômage à la sénégalaise
La prière terminée, le moment de tuer le mouton
arrive. Dans le sable de la cour familiale deux trous sont
faits à la hâte, l'un est destiné au
sang, l'autre aux entrailles du mouton. C'est le père
qui l'égorge entouré de toute la famille.
La bête tenue par les hommes, ne bouge pas, ne pousse
aucun gémissement au moment de l'acte fatal. Quelques
soubresauts et c'est fini. Pelé avec beaucoup d'attention
pour ne pas déchirer la peau qui servira une fois
séchée, à s'agenouiller au moment de
la prière. Les côtelettes sont grillées
au barbecue tandis que la Maman prépare oignons et
pommes de terre dans une marmite " calottée
" par le feu de bois. Dans une grand faitout posé
sur un feu de braises les autres morceaux coupés
menus cuisent. Tout le monde s'agite mais dans une ambiance
sereine, heureux de partager cette fête en famille.
L'appareil photo ne chôme pas et je reste souvent
surpris des scènes que je vois.
A présent accoutumé du fait, je partage le
repas en prenant avec mes doigts la nourriture disposée
dans un grand plat. A la fin du repas les trois tasses de
thé me sont servies comme le veut la coutume; la
première dit-on est forte comme l'homme, la deuxième
sucrée comme la femme et la troisième douce
comme l'amour. Quand aux enfants, ils vont à présent
de maison en maison réclamer leur cadeau, en principe
ça se résume à une pièce de
monnaie. C'est leur Noël
.à eux.
La maison se vide après que chacun d'entre eux se
soit mis sur son " 31 " et un coup de bombe magique
de désodorisant sous les bras ; les poules picorent
le sol tandis que le mouton blanc qui les protège
m'a-t-on dit des mauvais sorts, se promène également
à l'intérieur de la maison . Il est évident
que l'hygiène fait grandement défaut et est
loin d'être leur priorité.
Il est 18h, le soleil décline et pour la première
fois depuis mon arrivée au Sénégal,
je ressens une certaine fraîcheur. Par chance j'avais
prévu une petite laine. La fête se poursuit
dans la rue mais l'éclairage est défectueux
et ne me permet pas d'apprécier le va et vient des
personnes toutes vêtues de nouveaux habits. Étonnamment
maquillées, je devine les visages des femmes. J'aurais
apprécié plus encore ces scènes si
j'avais pu saisir ces images avec mon appareil photo
Nous retournons sur MBour vers les 22h, la ville de Thiès
reste animée et une multitude de véhicules
attendent d'être pleins pour partir. On ne roule jamais
en taxi brousse s'il reste une place de libre
l'attente
peut être très longue parfois
car l'essence
est trop chère (650F cfa/litre) pour effectuer le
voyage à vide
28/12/07
Je passe la journée de Noël dans le calme de
ma case, la radio branchée sur fréquence jazz,
pour toute compagnie. Je confectionne avec mon couteau suisse
et de la colle à bois une " mini case "
en contreplaqué recouverte de chaume et sur laquelle
j'inscris A.A.D. et les projets. C'est, en fait une tirelire
pour d'éventuels " toubabs " de passage
à Saly qui souhaiteraient faire un don à l'AAD.
Elle sera exposée chez un locataire de quads. Pourquoi
ne pas rêver que l'aide puisse venir de l'Afrique
aussi
car à ce jour il est difficile de convaincre
et d'obtenir de l'argent
certes il y a actuellement
tant de sollicitations de toutes parts que les personnes
en sont saturées
mais le comble se vérifie
également, ce sont les gens les plus aisés
qui refusent de donner.
29/12
L'année 2007 touche à son terme et je suis
moi-même étonné de tout ce qui a pu
arriver au cours des mois précédents. Malgré
certaines difficultés je suis satisfait et heureux
d'avoir entrepris toutes ces démarches au Sénégal.
J'espère seulement que l'avenir me donnera encore
l'occasion de poursuivre l'uvre commencée.
Certes cela dépendra de tous ceux qui m'ont fait
confiance et qui m'épauleront encore pour faire grandir
l'association.
Comme pour tout ce que l'on veut tenter il ne suffit pas
de nos jours d'en avoir le désir ou la volonté
mais il faut aussi les moyens
.
La goutte d'eau dont j'ai parlé tout au début
de mes projets s'est déjà transformée
en petit ruisseau
et j'ai le sentiment et la conviction
de pouvoir atteindre prochainement un petit affluent
A l'an prochain
4/01/08
Je me retrouve au Sénégal pour la deuxième
année consécutive pour commencer cette nouvelle
année et rien ne présageait lors de mon 1er
séjour en décembre 2006, une telle aventure.
Depuis lors, beaucoup d'évènements ont changé
ma vie. A l'origine de tout cela, la rencontre avec un jeune
sénégalais. A présent, je suis heureux
de ce parcours car enrichi d'une expérience à
laquelle je ne pensais pas un jour être l'auteur et
l'acteur.
En ce début d'année après réflexions
et concertations, je me préoccupe de trouver du terrain
pour la culture maraîchère. Je vais l'attribuer
à François NDiaye un habitant du Village de
NDianda près de Joal. Ma rencontre avec cette famille
très pauvre mais tout aussi attachante m'incite à
entamer cette nouvelle action. Dans les détails,
il s'agit de remettre un jardin en état de produire
des légumes. L'oignon est apprécié
et très employé dans la cuisine sénégalaise.
On le retrouve partout. Ce sera donc ce légume qui
sera semé et repiqué en premier. Le terrain
est enrichi avec du fumier de cheval et les bouses de vaches.
Ce nouvel exemple de coopération soutiendra cette
famille et servira d'exemple.
A la croisée des chemins je rencontre
un couple de toubabs et de notre discussion une autre idée
est née. Il s'agit dans les faits d' apporter une
aide tout aussi précieuse dans le domaine de la santé
et en particulier aux personnes atteintes du paludisme.
J'apprends qu'une plante peut être utilisée
contre le paludisme ; Il s'agit d'une espèce de la
famille des Ambroises, " l'Artémisia Annua ".
Les feuilles renferment une propriété antipaludique
" l'Artemesine " qui est efficace contre plusieurs
souches de parasites responsables du paludisme. C'est pourquoi
je vais me renseigner pour trouver les graines et tenter
l'expérience sur le sol sénégalais
après autorisation .
Affaire à suivre
4° VOYAGE - MAI -
JUIN 2008

Mercredi 14 mai
La journée va peut être m'apporter la bonne
nouvelle et savoir enfin si le conteneur est arrivé
à bon port. C'est ce que j'espère car rien
n'est moins sûr
sur le sol africain
Cela fait deux semaines que je suis déjà arrivé
et cependant je n'ai pas vu le temps passé.
Je me suis rendu déjà deux fois dans les petits
villages où à présent ils ont l'habitude
de me voir et j'ai pu ainsi soigner des plaies infectées
et soulager les yeux des enfants et adultes avec un désinfectant
ophtalmique que j'avais ramené de France sur le conseil
d'un médecin.
Je m'occupe également de résoudre les soucis
de N'Diaye et de son petit resto qui ne marche pas du tout
comme il l'avait prévu. L'emplacement tout d'abord
mais aussi la crise que traverse le pays sont certainement
les raisons de l'échec. Le riz a pris 35% et le prix
du repas est le même (600cfa moins d'un euro).
Alors que faire : soit on ferme, soit on déménage
dans un endroit plus fréquenté qu'à
Saly-Tapé et qui peut mieux fonctionner. Dans le
premier cas la famille est au chomage et à nouveau
à la rue puisque elle n'a aucun moyen de se payer
les 23.000cfa/mois de la chambre qu'elle loue. La décision
est prise ensemble et c'est dans un quartier de Mbour que
nous décidons d'implanter une nouvelle structure.
Le local trouvé assez rapidement est suffisent pour
non seulement faire la restauration mais également
pour y dormir sur place. Je négocie la remise en
état des lieux qui servait d'entrepôts à
foin. Peinture, eau et électricité sont le
seuls investissement puisque tout le matériel a été
déjà acheté. Je pense sincèrement
que cette nouvelle chance peut être salutaire pour
NDiaye et sa famille. Je la tente même si cela grève
un peu plus le budget que je m'étais fixé.
La confirmation de l'arrivée du conteneur au port
de Dakar vient de me parvenir et dès demain matin
je pars pour entamer les démarches
Jeudi 15 mai:
Départ 7h00, la route est relativement facile jusqu'à
Rufisque, puis , ce sont les embouteillages quotidiens qui
commencent. Nous atteignons le port à 11H30 les poumons
bien remplis de gaz carbonique
Six heures pas une de moins pour négocier avec le
transitaire que l'on m'avait indiqué, le déchargement
et le transport du conteneur vers Mbour. Coût 500€
environ pour l'ensemble Mais les affaires ne sont pas finies,
car je n'ai pas obtenu pour autant le bon de sortie de la
Douane.
Conseillé par un agent des douanes je me rends au
ministère des finances pour obtenir l'exonération
des taxes douanières puisque je travaille dans le
cadre d'une association humanitaire. Si je n'obtiens pas
ce certificat je ne pense pas pouvoir financer le prix du
dédouanement qui peut aller jusqu'à 3000€..+
les pat chis Je n'hésite donc pas de m'y rendre.
Ma tenue vestimentaire, en teeshirt et short, ne m'autorise
pas de franchir les portes du ministère. Je peux
cependant faire parvenir une lettre que je suis allé
taper rapidement sur un microordinateur d'un cyber. J'ai,
après quelques heures
d'attente
la confirmation
officielle qu'une réponse me parviendra. J'espère
l'obtenir dans les 72h à venir car le conteneur doit
être libéré 10 jours après son
arrivée au port,( 24 mai maximum) faute de quoi la
taxe de séjour sera appliquée (10€/j
pendant 8 j puis 15€/j et ainsi de suite
.).
Je passe sur certaines péripéties de cette
longue journée qui remplirai un feuilleton, mais
une d'entre elle mérite que je la cite :
Dans tous les va- et- vient que j'effectue dans Dakar je
m'avise soudain que j'ai oublié sur le comptoir d'une
photocopieuse de rue (car elle est en pleine rue) toute
ma chemise contenant l'ensemble du dossier conteneur. Donc
je n'ai plus rien avec moi pour justifier mes démarches
et je perds tout ce qui constituait deux mois de travail
c'est à dire le conteneur. Furieux je laisse éclater
un gros mot digne de ce nom
et je descends du taxi
car il était impossible de retourner dans la rue
en sens unique. J'en oublie même de payer le chauffeur
qui me traite de tout les noms d'oiseaux en "wolof",...
pour courir vers cette photocopieuse distante de cinq à
six cent mètres
Arrivé prés du but mais essoufflé
je perçois le sourire moqueur du préposé
qui l'avait mise à l'abris et qui me la tend
Après cette frayeur je peux m'attendre à tout
et
même à poursuivre jusqu'à des heures
indues, mes démarches.
En effet à 22heures je règle à une
compagnie Saoudienne les dernières factures indispensables
au déchargement du conteneur...En échange
de baril de pétrole m'a-t-on dit " Doubaï
" a le monopole du port de Dakar et c'est avec eux
que l'on traite le débarquement. .. il n'y a plus
de trace de compagnie française sur le port de Dakar
.
La journée se termine vers de 1h30 du matin quand
je rejoins mon lit
après un retour en brousse
tout aussi encombré par une foule de gens, de taxi
brousse, de vendeurs à la sauvette qui propose de
tout sur la route même à minuit passé
; quand je dis de tout, c'est vraiment de tout
j'ai
pu ainsi mangé un chawarma à je ne sais quoi
, des bananes et des noix d'acajou en apéritif
j'aurai
pu acheter des vêtements de tous genres, des cartes
de téléphones, des fruits , des montres de
grandes marques évidemment
des ufs plus
ou moins frais car la journée fut très chaude
sans
parler que j'aurai pu donner une pièce à des
centaines d'enfants ou d'adultes en quête d'un franc
salvateur
mais que faire devant tant de misère
une
fois que l'on à épuisé les pièces
de monnaie disponibles. La route est encore longue avant
de pouvoir obtenir ce conteneur et je dois rester vigilant
si je veux poursuivre encore le chemin ensemble
Aujourd'hui 17 mai
je n'ai toujours aucune autre nouvelle des douaniers et
c'est normal puisque le samedi et le dimanche sont jours
fériés comme en France ; aussi attendons lundi
et peut être un jour de chance
Demain je rencontre un jeune couple originaire de Toulouse
et qui ont découvert l'AAD à travers internet.
Ils m'invitent à leur table ; mon mouvement les a
séduit et sensibilisé. Cela compense les manières
désobligeantes à mon égard de "
Toubabs fortunés " qui s'ennuient dans leur
retraite dorée et qui passent le temps dans leur
case super protégée à parler des autres.
Ils cherchent entre autre chose et par tout les moyens ,
à savoir si je ne m'en mets pas plein les poches
avec l'association que j'ai mise en place
(l'Afrique
est grande mais ce monde là est bien petit
et
si bas
que je ne trouve pas les mots pour les qualifier.
Pour tout vous dire, ils ne connaissent même pas la
brousse et les villages qui les entourent. Seul compte l'arrosage
des pelouses et leur piscine et ils ferment leurs yeux pour
ne pas voir les milliers de femmes qui puissent tous les
jours l'eau par 12 mètres de fonds pour la transporter
ensuite sur des centaines de mètres jusqu'à
leur case pitoyable. ..
Je vous dis à bientôt pour d'autres nouvelles
Vendredi 23 mai
Le jour de mon anniversaire fut bien ce jour
tant attendu
en effet la journée débute
par un coup de fil du transitaire ; le conteneur doit me
parvenir
avant la nuit.
L'attente fut cependant des plus longues et lorsqu'à
17h00 il me confirme sa sortie du port de Dakar, je suis
confiant. Cependant peu de temps après, un nouvel
appel me laisse à penser que tout n'est pas définitivement
réglé avec les douaniers parasites
,
ceux qui suivent l'acheminement jusqu'au point de livraison.
Ils vont tenter à me prélever une fois encore
soit de l'argent soit du matériel.
Vers 20h30, avec l'équipe que j'ai constituée
pour le déchargement, (cinq personnes) j'attends
au carrefour de Mbour et de Saly pour guider le camion jusqu'à
destination. A son passage je saute dans la cabine, un Dodge
monstrueux fumant et pétaradant à souhait
qui avait du servir au temps de la colonisation. Cependant
j'ai bien derrière moi " Le Conteneur "
que j'avais rempli à Avignon avec mes amis. J'éprouve
un instant de fierté
et je suis heureux. J'en
oublierai presque toutes les tracasseries et la fatigue
des quinze derniers jours
Mais, arrivé à destination, je constate que
malgré leurs promesses, le conteneur a été
ouvert à mon insu. Evidement le douanier qui l'accompagne
me certifie mordicus que le plombage est d'origine
Le désordre à l'intérieur est tel que
j'en éprouve un sentiment de colère. ils (les
douaniers) se sont servis sans délicatesse. Je peste
mais je n'ai plus aucun recours ; ils me tiennent toujours
à cause des vélos qui n'auraient jamais du
être là
La deuxième surprise est qu'une autre équipe
de douaniers et d'indics (ils vont de pairs) attendent leur
part du gâteau
ils me réclament à
nouveau de l'argent sinon je serai passible de taxe supplémentaire
car la liste du conteneur n'est pas conforme
affirment
t-ils. Ils me sortent un papier vrai ou faux et me font
comprendre la suite par geste
C'est toujours le même
discours bien rodé qu'ils utilisent...et je suis
contraint de m'exécuter.
Je suis conscient que ce type de comportement à toujours
existé mais quand on est concerné en premier
chef il est très difficile de l'accepter. La corruption
n'a pas de limite et se pratique sous toutes ses formes
dans le monde entier que ce soit dans les pays développés
ou dans les pays pauvres mais que faire
si ce n'est
de poursuivre malgré tout du moment que l'honnêteté
n'est plus de mise
Résultat des 22 vélos expédiés,
je n'en compte que 18 sans parler des Unités centrales,
écrans et paquets divers
Cependant il y a de
quoi faire avec tout ce qui reste et la suite me donne raison
car le travail pour distribuer est démesuré
et je sens bien que je ne pourrai pas tout accomplir avant
mon retour en France.
Vers une heure du matin lorsque tout fut déchargé
à la lueur de ma frontale pour toute source de lumière,
nous trouvons un instant pour porter un toast à ce
conteneur et à mon anniversaire ; ce fut un moment
que je n'oublierai jamais
Avec l'équipe je passe les journées de samedi
et de dimanche à ranger, trier (7h00 à 19h00)
avec une courte pause pour prendre le repas assis par terre
autour d'un plat de riz et de poisson
et lorsque je
rentre à vélo pour rejoindre ma case de Saly
je pense que je me suis lancé dans une drôle
d'aventure dont je suis loin encore d'en connaître
la fin
Ce fut le même programme toute la semaine, lever très
tôt, couché à point d'heure, trier,
distribuer, ranger à nouveau car le sénégalais
n'a aucun sens du rangement et le merdier prend vite le
dessus
;
Je suis de plus en plus sollicité mais grâce
à l'intervention des personnes avec qui je travaille
tout ce passe bien. Le bilan de ces premiers jours est encourageant
et le plaisir de partager ces instants compense largement
les efforts consentis. Nombreux sont ceux qui chantent en
signe de remerciement des paroles improvisées où
je perçois le nom de " ZO, ZO " à
plusieurs reprise.
Les deux couples que j'ai embauchées remplissent
parfaitement leur rôle. Je dois cependant faire attention
au vocabulaire car le résultat de la conversation
n'est pas parfois celui que je croyais. La signification
des mots utilisés n'est pas la même pour eux
qui parle un français peu académique.
Après ces huit premiers jours d'intense activité,
je m'accorde le repos du dimanche et j'en profite pour vous
écrire ces dernières nouvelles.
D'ici trois semaines avant mon retour, j'ai encore beaucoup
à faire et cela ne me laisse pas trop de temps pour
me " bronzer ", dommage, la température
élevée de l'air comme de l'eau permettrait
d'en profiter et de me détendre
Une autre fois je j'espère, lorsque j'aurai réparé
et remonté la pompe avec le matériel importé
d'Orléans (Merci Claude et Chantal), visité
les cinq établissements scolaires pour donner les
livres et cahiers, inscrit pour l'année 2008/2009
les 14 enfants scolarisés par l'AAD, déménagé
le petit resto de NDiaye à Mbour (les travaux sont
presque finis), réparé le petit motoculteur
destiné à François à Joal,
etc
etc
Et dire que je connais des retraités
qui s'ennuient
5° VOYAGE - Nov 2008
- Janvier 2009
Dimanche 9 Nov. 2008,
Nouveau départ vers ce continent qui
m'attire malgré les obstacles qui m'y attendent...
Combien de temps ferai-je l'aller retour vers
l'Afrique? Cela dépendra de nombreux facteurs
tout simplement économiques
Je suis heureux
de ce que j'ai entrepris depuis 24mois, avec l'aide de ceux
qui m'ont soutenu dans cette démarche ;
un premier constat : mes actions humanitaires ne se poursuivront
que si je suis soutenu financièrement ; autant je
n'ai pas eu de soucis pour obtenir du matériel médicalisé
ou autre autant les dons en espèces sont rares, dans
tous les cas pas suffisants pour effectuer d'autres expéditions
de conteneur
même la loterie des objets que j'avais
ramené en juin n'a pas bien marché
300€
tout au plus
or un conteneur coûte 3680€
de transport auquel on doit ajouter entre autre, le dédouanement
et les pat chis
soit plus de 6000€.
Le vol jusqu'à Casablanca se déroule parfaitement.
L'escale de cinq heures permet de me baigner dans l'ambiance
africaine. Une majorité de personnes de couleur attendent
comme moi le vol sur Dakar. Grâce à mon micro
portable j'ouvre ce carnet de route dans l'immense salle
de transit du nouveau aéroport de Casablanca baignée
de soleil.
Je pense que dés le début de cette semaine,
je m'attacherai en premier lieu à payer les frais
de transport des enfants scolarisés que je n'ai pas
effectué de France. Ensuite je rendrai visite à
Abdoulaye pour lui parler du conteneur et de la marche à
suivre pour le dédouanement, le transport et la distribution
du matériel.
Aéroport de Dakar
23H30
Ils m'attendent
envahis de joie à la sortie de l'aéroport,
Manssour le taxi, Khadi et Pascal ; Ndiaye ne s'est pas
déplacé à cause d'un malentendu (africain)
Le trajet, accompagné d'un incident mécanique
(chauffe du moteur, malgré la nuit
) est parsemé
de nombreux arrêts pour charger des personnes qui
attendent un taxi brousse au bord de la route. Cela contribuera
à payer un peu le gasoil toujours aussi cher (655f
le litre). Enfin, à 2h30 du matin ils me déposent
chez Chloé et Stéphan, mes amis belges qui
me logent gracieusement jusqu'au 17 déc. date de
leur arrivée. La case est sans dessus dessous mais
je me trouve un drap et je sombre rapidement dans sommeil
récupérateur.
Le reste de la nuit passée, je me réveille
dans une température printanière, bien différente
de celle que j'ai quitté il y a moins de 24h.
Vers 13h00, je vais récupérer le VTT et la
valise que j' avais laissée en instance chez un couple
français, installé à Ngaparou. Je ne
reconnais plus le gite, il n'est plus le même ; la
végétation est luxuriante après l'hivernage.
C'est d'autant plus agréable qu'une multitude d'oiseaux
ont pris possession des lieux. Il fait doux et l'accueil
est chaleureux.
Sous l'immense anacardier, nous partageons le repas préparé
par Anta, leur fatou, à qui je donne des vêtements
pour Khadidiatou sa fille de la part de la marraine qui
l'aide dans sa scolarisation, ainsi que les photos prises
lors de mon dernier séjour.
Un taxi brousse me mène vers 17h à Mbour pour
retrouver Fama et Ndiaye. Je suis heureux, comme eux, de
les retrouver. Je suis agréablement surpris par l'étalage
des produits qu'ils vendent, je suis par contre déçu
de voir déjà à quel point leur local
est en mauvais état après les pluies de septembre.
Peinture délabrée et saleté évidente
me laissent une impression de gâchis après
tous les efforts que j'avais fait en juin dernier pour rendre
ces lieux agréables et fonctionnels. De plus je vois
que ce commerce est une fois encore mal parti. Devant le
resto stationnent des épaves de camions qui bloquent
la vue et ne favorisent pas son développement. Durant
les deux heures passées avec eux seules deux personnes
sont venus acheter deux bricoles pour moins de 100cfa
je
suis triste pour eux mais j'essaie de ne pas le montrer.
La journée du lundi ne fut pas finie pour autant
car je donne rdv à Abdoulaye que je souhaitais rencontrer
rapidement. Nous parlons longuement du conteneur et nous
prenons déjà quelques dispositions. Je sais
à cet instant que ce ne sera pas facile, mais pas
perdu pour autant, en ce qui concerne le financement du
transport et de tout le reste
A minuit sur la terrasse
de l'école nous échafaudons même des
plans pour agrandir son établissement
Rentré en taxi brousse vers les 1h du matin je tombe
de sommeil
sur le lit
.
Mercredi 12 nov. 2008
J'ai rencontré au collège de l'école
Keur Madior Mariama, la secrétaire . Je dois y retourner
pour payer les mensualités des 7 enfants scolarisés.
Elle m'a rappelé son désir d'ouvrir des cours
d'informatiques dans le local prés de chez elle où
à présent l'électricité est
placée. Je pense lui fournir trois micro-ordinateurs
si le conteneur arrive dans de bonnes conditions pour remplacer
ceux que je lui avais donnés et qui ne fonctionnent
pas.
Concernant Khady et Pascal que je retrouve dans leur case,
la période fut une catastrophe et son affaire de
vente de fripes ne fonctionne pas . La recette rembourse
à peine la location du local.
Seule satisfaction est la rencontre avec François
avec qui je pense nous aurons gagné le pari, celui
de relancer son activité de jardinier. Mardi prochain
je pars avec lui dans son village proche de Joal pour quelques
jours.
Je rencontre Youssouf. Je lui donne les cadeaux d'Hélène,
marraine de leur fille Fanta. Je lui demande d'attendre
vendredi pour les lui donner afin que je sois avec eux.
J'irai chercher Fanta à la sortie de l'école
pour lui faire la surprise et partagerai le repas de midi
samedi 15 nov. 2008
Autant dire que la journée d'hier, vendredi, ne c'est
pas passée comme je l'espérai. Le rendez vous
à la sortie de l'école pour récupérer
Fanta fut un échec. Dans les faits je n'ai pas trouvé
Fanta au milieu des centaines d'enfants, tous habillés
de leur blouse bleue. Prés de moi, une sexagénaire
au moins
" blanche " embarque six enfants
dans une vieille 103
" blanche "
de
toute évidence en surcharge
Rapidement je me rends à vélo chez Youssouf
qui récupère Fanta. Tout c'est bien fini et
j'assiste à l'ouverture des cadeaux dans la joie
de toute la famille.
Je prends des photos de ces instants heureux quand un coup
de téléphone de Mansour dit " Jo le Taxi
" m'apprends qu'un semi remorque transportant du ciment
a défoncé lors d'une manuvre notre camionnette
en stationnement
C'est dire les conséquences
désastreuses que cela va entrainer pour la distribution
des colis du conteneur
je dois donc partir aussitôt
en vélo
après avoir englouti
le Yassa poulet que Astou avait préparée.
Trois quart d'heure en VTT sous le soleil encore brulant
et j'arrive en sueur sur les lieux de l'accident. Après
une longue concertation avec les antagonistes, je dois me
rendre à l'évidence: si je veux espérer
une indemnisation de l'assurance, il me faut un constat
soit de police soit d'huissier que je dois payer 30000cfa
ensuite faire un devis, réparer le véhicule
a mes frais et attendre de longs mois pour me faire rembourser
par l'assurance
Vers 19h00 on remorque la camionnette vers le mécano
ou du moins celui qui se prétend l'être
dimanche 16 nov 2008
Sitôt lever, sitôt dans le bain. Je pars au
rdv de " JO le taxi " pour évaluer les
dégâts de l'accident.
Avec un devis de 900.000frs établi par le mécano,
quelle somme l'assurance me remboursera t-elle ? En attendant
je décide de commencer les réparations. J'espère
récupérer le véhicule avant l'arrivée
du conteneur. Je verse un acompte de 100.000f...
Pas très loin de là, vit la famille de Boubacar
; je profite pour leur dire bonjour et je rencontre la jeune
fille qui m'a servi d'intermédiaire pour régler
la scolarité de Boubacar avant mon retour. Ce dernier
est ravi d'être scolarisé .
La surprise est grande de croiser à Mbour, Xavier
et Marie, des amis Montpelliérains, alors que je
me rendais chez l'huissier pour déposer les photos
du véhicule accidenté et compléter
le dossier
Nous partageons un thieboudienne chez la
famille LÔ scolarisé par l'AAD.
Je me rends ensuite chez Ndiaye. J'analyse son livre de
compte et constate une fois de plus les difficultés
qu'il rencontre pour développer son entreprise. Je
doute un peu sur le résultat à moyen terme
tellement
son chiffre d'affaire est insuffisant. Les 15 derniers jours
font apparaitre un solde positif de 20000 frs seulement.
Or le loyer à lui seul leur coute 80.000frs...
Je finis ma journée en visitant la famille d'Aïda
pour me rendre compte de son travail scolaire. C'est encourageant
compte tenue du milieu des plus modestes dont elle est issue.
Enfin je vois Youssouf à qui j'avais donné
rdv pour lui procurer l'artémesia annua et quelques
remèdes, car Fatou la petite sur de Fanta est
fiévreuse et peut être atteinte du palu d'après
sa maman
Mardi 18 nov. 2008
Je quitte Saly vers 8h00 pour la gare routière de
Mbour et y prendre le taxi collectif (R21 des années
80 rempli de 7 personnes + chauffeur.) en direction de Joal.
La brousse a changé d'apparence après l'hivernage.
De hautes herbes, à présent presque sèches,
envahissent la campagne. C'est pour l'instant l'abondance
pour les bêtes à cornes qui broutent.
François Ndiaye me rejoint à Joal et nous
reprenons la route vers NDianda après avoir chargé
une pompe à pieds et acheté du poisson pour
le repas de midi. Le village m'accueille avec toujours autant
d'enthousiasme et nous filons vers le " jardin "
après avoir partagé le thé avec sa
belle famille. Arrivé sur les lieux, J'ai une bonne
impression pour l'ensemble du travail réalisé
même si les pluies ont éboulé deux des
quatre puits qu'il faut rebâtir. Dans un espace de
100m2 environ les semis d'oignons sont prêts à
être repiqués. J'estime l'ensemble du semi
à 15000 à 20000 pieds.
Avec François nous évaluons le coût
en main d'uvre et nourriture des trois personnes qui
vont désormais vivre et travailler sur place pendant
cette période. (100.000frs environ). Nous prenons
également des dispositions pour recreuser les puits
effondrés et les cimenter ainsi que la construction
de bassins de rétention pour faciliter l'arrosage.
Il fait chaud sous l'arbre et malgré la température
élevée de l'eau que je transporte avec moi
je me délecte avidement.
Le calme de cette brousse, entrecoupé par les chants
d'oiseaux me fait priser cette nature sauvage. Je partage
un autre thé avec un des gardiens. Je pense alors
qu'une des tentes de toile qui se trouve dans le conteneur
sera implantée ici pour faire abris.
Vers les 15H nous partageons le repas. Alors que j'attends
le passage d'une voiture pour rentrer à la case,
c'est dans celle d'un " curé " connu de
François qui s'arrête pour me ramener à
Joal, lieu de correspondance. Je rappelle que cette région
est la seule du Sénégal qui pratique la religion
catholique et représente 7 à 8% de la population.
Le reste de la population est musulman.
Mercredi 19 nov.2008
Jour après jour, je reconduis mes démarches
envers l'huissier, l'assureur et le directeur de l'IESM.
La progression est très lente, au rythme africain
Vendredi 21 nov.2008
D'un haut- parleur nasillard l'Imam appelle à la
prière alors que je me trouve sur le toit terrasse
de l'IESM. Il est 14h. Il fait très chaud à
cette heure. Demain je rencontre un gradé de la gendarmerie
avec Abdoulaye Directeur de l'IESM. Dans les faits, je m'entoure
de personnes influentes pour m'aider dans mes démarches
de dédouanements. Ce gendarme dirige le port de pêche
de Dakar
il fait parti désormais de ceux qui
peuvent m'aider
Samedi 22 nov.2008
Rdv avec le jeune Boubacar devant l'hôtel de ville
de Mbour pour lui procurer un livre de français,
d'anglais, de dessin et de musique. Il suit les cours de
6°du collège de Keur Madior de Mbour. Après
marchandage avec le " libraire de rue " j'achète
l'ensemble pour 6800frs. (Prix de départ 11000frs).
Ensuite c'est l'attente chez l'huissier chez qui je me rends
avec Mansour le chauffeur du trafic . Assis face au secrétaire
j'assiste passivement à la mise en page du rapport.
L'ordinateur n'est certes pas de la première génération
et donc pas des plus rapides mais la frappe sur le clavier
est quand à elle, très lente... Enfin, une
heure plus tard, j'ai les papiers que je dépose chez
l'assureur
la suite ne dépends plus de moi,
c'est pourquoi j'insiste courtoisement pour que le remboursement
ne s'éternise pas
In Shahla
un mois, deux
mois et plus
sans aucun doute
A 14H, après ma rencontre avec le gendarme (presque
à l'heure fixée) et Abdoulaye le Directeur
mon plus que Frère, comme il a coutume de dire, je
partage le repas de riz et de poissons. J'apprécie
nos échanges qui m'apprennent plus que tout
sur
l'Afrique en général et le Sénégal
en particulier
Je n'oublie pas cependant Adgi et sa famille qui m'ont convié
à une fête de famille. La tradition veut qu'une
fois par an la famille se réunisse pour célébrer
les morts et les vivants
avec sono, chants et repas
J'ai une pensée pour Claude et Chantal d'Orléans
qui parrainent cet enfant.
Je reçois deux informations importantes ; le conteneur
accostera vers le 3 décembre et les papiers du transitaire
demain 25 nov.par chrono poste à NGaparou ou je dispose
de la Boite Postale d'un ami français
La suite va être prenante je n'en doute pas
Trois allers et retours de NGaparou à
Mbour ont été nécessaires pour récupérer
l'enveloppe précieuse en provenance du transitaire
français. A présent les démarches commencent
réellement. Dans quelques jours ou voire quelques
semaines nous en serons davantage
mais l'attente sera
surement longue.
3 déc 2008
Pour récupérer le conteneur, la Tabasqui,
fête nationale par excellence pour les musulmans,
s'avère être un obstacle a son déroulement.
Je ne l'avais pas prévu, les conséquences
seront grandes car le temps s'arrête ...pour cette
célébration traditionnelle. Ce qui compte
avant tout, c'est l'acquisition du mouton au prix de gros
sacrifices. 60 à 70.000frs suivant la bête,
ce qui représente le salaire mensuel d'un ouvrier
La fête est fixée au mardi 9, mais en réalité
depuis samedi et jusqu'au jeudi suivant plus rien ne marche
normalement si ce n'est le petit commerce et les taxis brousses
ou collectifs remplis d'hommes et de femmes. Ils partent
rejoindre leur famille, le mouton sur le toit
Devant cette inertie passagère, je m'intéresse
avec beaucoup d'intérêt au fonctionnement de
l'école d'infirmiers (es) et je passe une grande
partie de la journée avec le Directeur et ses adjoints.
Non seulement nous parlons de ce conteneur, nous multiplions
les appels et les rencontres avec les personnes qui doivent
nous aider à le sortir du port de Dakar, mais nous
dialoguons beaucoup de tout en général. J'apprends
une multitude de choses avec Abdoulaye ; l'Afrique, le Sénégal
et les Sénégalais. Les multiples facettes
africaines jusqu'alors dissimulées se dévoilent
petit à petit. De dix ans mon cadet cet homme manie
la langue française avec intelligence et les réponses
à mes questions entrainent autant de questions si
bien que le temps n'a plus d'importance. Seul l'estomac
nous rappelle à la réalité et le repas
partagé est englouti avec rapidité même
s'il est quasi équivalant à celui de la veille.
Les élèves infirmiers (es) sont soumis aux
aléas des journées sénégalaises,
le transport, le logement, le quotidien sans argent ou presque
et malgré cela, toujours le sourire, le " Male
Cum Salam " et le téléphone portable
à la main pour ne pas montrer ces insuffisances
mais
pour paraître comme tout le monde
équipé
du fil qui relie les hommes
L'enseignant de l'ISEM de MBour (Institut Supérieur
d'Etudes Paramédicales) est docteur, infirmier d'état,
ou pharmacien. Pour ce que je perçois ou que je lis
sur les cahiers de notes des élèves je n'ai
pas assez de références personnelles pour
porter un jugement ou une appréciation sur le niveau
des cours. Par contre je me rends compte du travail et des
efforts des enseignants et des élèves qui
ne disposent pas du matériel pédagogique nécessaire
et indispensable à ce type d'enseignement.
Deux niveaux d'instruction : le premier intéresse
les bacheliers ou ceux qui ont été en terminale
ou en première. Ils peuvent prétendent à
un diplôme d'état après examen. Le second
concerne les élèves ayant le niveau de 3°ou
l'équivalent du BEPC ; ils pourront obtenir un diplôme
d'aide infirmier. Les cours sont entrecoupés de stages
dans les hôpitaux ou cliniques pour la pratique. Difficile
de dire quel enseignement ces élèves en retirent
quand ont voit l'état des hôpitaux ou dispensaires
Pour
m'en être rendu compte, l'hygiène et la propreté
n'est pas la priorité des sénégalais
même
si, en général et surtout le vendredi, jour
de prières des musulmans, les Sénégalais
paraissent des plus soignés
A la campagne comme
à la ville, la saleté transpire de toute part
Les Villes telles que Mbour, Kaolack, Rufisque ou Thiès
que je parcours fréquemment ressemble plus à
une poubelle qu'à une cité digne de ce nom.
Tout ce qui gène est jeté à même
le sol sans précaution pas davantage d'ailleurs pour
se moucher ou cracher
5 décembre.
14h de l'après midi, la batteuse à mil, entraînée
par un moteur deux temps pétaradant et fumant toute
son huile, s'arrête enfin et laisse place au bruit
familier de la nature. Depuis l'aube elle tournait sans
cesse. La poussière des grains battus est balayée
par la brise et les hommes jusqu'alors cagoulés pour
s'en protéger, se désaltèrent avidement
avec l'eau du bidon plastique.
Une heure de silence pour s'alimenter d'un frugal riz blanc
au poisson et fermer les yeux en guise de sieste sous un
immense baobab mort depuis longtemps. Je partage le repas
avec François qui m'a convié à la première
récolte de son champ de Mil. 180 gerbes au total
représentant une tonne et demi de graines de mil.
De quoi nourrir la famille nombreuse et en vendre pour la
récolte prochaine. Je mesure l'écart qui s'épare
nos civilisations. Un siècle voire plus de retard
mais l'ingéniosité des africains fait le reste.
J'en ai pour preuve lorsque, après le repas, malgré
de multiples efforts le moteur refuse de redémarrer,
Qu'à cela ne tienne, le moteur est entièrement
démonté. Les segments ne font plus offices
et la bielle a un tel jeu qu'il est nécessaire de
trouver les bagues pour une réparation efficace.
Un allé retour à Joal distant d'une dizaine
de kilomètres et trois heures d'intervention suffisent
pour entendre à nouveau le moteur tourner. Un véritable
exploit quand on voit comment la réparation fut réalisée
Sur le terrain sablonneux semé de coquillages et
parsemé de tamarins, les gerbes de mil de toute la
région de Joal sont entreposées en attendant
la batteuse. Deux bons mois de travail seront nécessaires
pour accomplir cette tâche. Principale activité
de ces agriculteurs, ils attendront l'hivernage prochain
pour travailler à nouveau cette terre où rien
d'autre ne pousse par manque d'eau et de moyen. Cette eau
est pourtant pas des plus profondes mais faut-il encore
avoir le courage de creuser les puits qui se referment dès
que la saison des pluies arrive. Manque de moyens surement,
manque de volonté peut être, dans tout les
cas actuellement les surfaces cultivées ou cultivables
ne sont pas suffisantes pour nourrir la population.
Je repars avant que le soleil ne se couche. J'ai dans le
meilleur des cas, deux heures de trajet
Malgré
le contre temps mécanique, la journée fut
bonne et François est satisfait de sa récolte
n'est
ce pas là l'essentiel
Le même jour à 22H, l'assureur du Renault trafic
m'appelle. Il faut une fois encore me rendre à l'évidence,
le Sénégal n'a pas fini de me surprendre et
j'ai le sentiment de ne pas être arrivé au
bout de mes surprises. Il m'apprend que les photos numérisées
prises lors de l'accident ne sont pas conformes et que je
dois lui fournir un croquis de l'huissier... Concrètement,
en lisant entre les mots, je comprends qu'il se passera
beaucoup de temps avant d'être remboursé, si
je dois l'être un jour
Ce contre temps doit me
faire réfléchir sur la conduite à tenir
avant l'arrivée du conteneur et la distribution du
matériel et des colis
car je ne dispose plus
du Trafic
Mardi 9 déc 2008
J'ai enfin trouvé un taxi disposé à
me conduire à Thiès pour passer la journée
de la Tabasqui chez Aboulaye. Une petite heure de route,
une crevaison et je retrouve Thiès dans l'effervescence,
en pleine préparation de la Tabasqui.
Abdou, comme j'ai coutume à présent de l'appeler,
à deux épouses qui vivent dans deux maisons
distantes d'un km environ. Nous rendons visite aux deux
femmes. Ensuite j'assiste assis sous le manguier au sacrifice
des quatre moutons nécessaires à nourrir toute
la famille réunie à cette occasion. Alors
que nous parlons à bâton rompu Abdou et moi,
la Maman, les frères et surs, demi-frères,
épouses et enfants, cousins et j'en passe s'affairent
à la préparation de ce repas, Egorgé,
dépecé, coupé en morceau, le mouton
est cuit sur la braise pour les côtelettes ou dans
la marmite chauffée au bois tandis que dans un coin
de la cour deux garçons nettoient les tripes et les
enroulent pour en constituer une sorte de tortillas. Les
voisins, Hommes, font la tournée des maisons en signes
de pardon et récitent les salamalecs d'usages. Dans
les faits ce repas occupe la famille une grande partie de
la journée et ce n'est que vers 17h00 après
que chacun ait mangé sa part de mouton que les hommes
et les femmes se revêtent des nouveaux boubous flambants
neufs pour se promener ou rendre visite aux amis. La lumière
fait défaut et la nuit tombe rapidement et je ne
perçois pas toutes ces tenues hautes en couleurs.
Même accoutumé à présent au transport
de nuit en taxi de brousse, le voyage retour m'impressionne.
La vitesse est vraiment excessive pour ces véhicules
agonisants
Vers 22 heures je retrouve avec bonheur la case de Saly.
18 déc 2008
Malheureusement je suis toujours sans conteneur et le temps
passe
Les difficultés résident dans l'obtention
du certificat d'exonération de la douane que le ministère
des finances devrait me fournir. Les contacts multiples
n'ont pas abouti mais je reste confiant
car j'ai appris
par téléphone qu'un avis favorable avait été
prononcé. J'espère que ce n'est pas un poisson
d'avril
Malgré cela, je n'abandonne pas car et je poursuis
ma route comme je l'ai tracée.
Une bonne santé m'accompagne dans mes efforts; n'est
ce pas l'essentiel ?
Le 3 janvier 2009 sera le jour tant attendu ; le conteneur
franchi les derniers hectomètres de la piste pour
son déchargement. C'est un grand pas qui vient d'être
franchi. On en oublie toutes les tracasseries et les pertes
de temps
le temps est à présent à
la distribution
.
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6° VOYAGE - Mai 2009
- Juillet 2010

10/05/09
- Douze jours après mon arrivée
pour ce 6ième séjour au Sénégal.
Contrairement aux deux voyages précédents,
le travail que je fais au nom de l'association sera apparemment
plus aisé; en effet je n'ai pas à gérer
l'arrivée d'un nouveau conteneur
.
Cette situation me permet de souffler un peu et de faire
le point sur ce qui j'ai mis en place. Je consacre la majorité
de mon temps à la scolarisation enfants et à
l'enseignement professionnel en attendant la fin de l'année
où nous remettrons le couvert
.avec le troisième
conteneur si nos moyens nous le permettent.
Le négatif depuis la création de l'AAD : L'échec
du petit restaurant se confirme malheureusement et je déplore
cet état de fait dans la mesure où le jeune
couple se retrouve à nouveau en très grande
difficulté pour survivre. En effet n'ayant pu payer
le loyer imposé par le propriétaire du local,
Ndiaye a fermé sa boutique et rejoint Thiès;
le sénégalais ni plus ni moins, ne fait pas
de cadeau et n'ayant pas pu tenir ses engagements Ndiaye
et sa femme ont été mis à la porte
trois semaines avant mon retour ; Je ne pense pas que ma
présence aurait pu changer quelque chose malheureusement.
Je tire une leçon de cet échec : aider certes
la population mais en tenant compte: que cette aide profite
à un plus grand nombre plutôt qu'à un
cas isolé afin qu'une fois le dos tourné les
personnes puissent continuer l'uvre entreprise et
en tirer profit ; c'est le cas pour l'enseignement privé
ou professionnel.
Pour le coté positif :
- l'épicerie remplie son rôle et les puits,
pompes ou poulies sont fonctionnelles
- le petit local informatique (trois ordinateurs reliés
à internet) tenu par une Sénégalaise
à ouvert et fonctionne pour le plaisir de cette famille
qui en tire un petit bénéfice et des jeunes
qui viennent apprendre. (À titre indicatif ce complément
de rémunération rapporte après déduction
des frais d'électricité et de téléphone,
de15 à 20.000frs environ tout les mois, soit 15 à
30€).
- à ce jour, sur les 16 enfants scolarisés
l'éventail des notes trimestrielles vont de "
l'excellent " " au passable " ; dans tout
les cas, pas d'échec significatif d'après
mon appréciation.
- Quand à l'école d'infirmières, l'aide
matérielle apportée par le 2° conteneur
a produit des effets significatifs des plus convoités
Outre le travail de secrétariat et de comptabilité
que nous avons créé afin de gérer l'école
dans les meilleures conditions possibles, nous avons ouvert
la salle d'informatique (12 ordinateurs). Ainsi j'ai eu
le plaisir d'initier les élèves à la
microinformatique. Avec 6 heures de cours par semaine, l'ensemble
des élèves de l'ISEM (Institut supérieur
de l'enseignement paramédical) devrait se débrouiller
dans le traitement de texte de Word et les feuilles de calculs
d'Excel d'ici mon retour fin juin.


Autre bonne nouvelle, d'ici peu, le ministère de
la Santé devrait autoriser l'ouverture d'un petit
dispensaire qui complètera la formation des élèves.
Le dossier sur lequel nous avons travaillé, le directeur
de l'Ecole et moi-même, (il figure en partie sur le
site de l'AAD) est à la signature du ministre après
avoir franchi favorablement les étapes des services
administratifs; le changement de gouvernement sénégalais
de ces jours derniers nous retarde un peu mais ne doit pas
avoir de conséquences néfastes à son
aboutissement).
Ensuite , c'est une question de provision et c'est évidement
le point faible ; nous ne perdons pourtant pas espoir pour
la simple raison que les dépenses d'équipements
du dispensaire seront réduites en grande partie du
fait que j'ai en préparation le troisième
conteneur dans lequel nous espérons mettre le nécessaire;
Avant mon départ l'hôpital d'Avignon m'a fourni
des lits médicalisés et divers objets tout
comme l'hôpital de Montfavet. A mon retour j'en appellerai
auprès de toutes les personnes désirant m'aider
dans ce sens.
C'est dimanche et j'ai pris mon deuxième bain depuis
mon arrivée en Afrique instant de détente
et de plaisir
Demain je reprendrai le vélo pour rejoindre Mbour,
les écoles où à présent j'ai
mes entrées et l'ISEM où je passe les trois
quarts de ma journée; ce matin j'ai nettoyé
le vélo et constaté que le sable fin n'arrange
pas les roulements
; il me faudra prévoir du
rechange dans le prochain conteneur
dimanche 17 mai 2009
La semaine fut autant chargée que les précédentes
et j'ai apprécié ce jour de repos ;
Hier j'ai rendu visite à un village des alentours
de Bambay connu sous le nom de Ngascop.il se situe à
une cinquantaine de kms au sud/est de Thies.
Je devais rendre compte de la faisabilité d'un projet
de moulin à mil qu'une école parisienne se
propose de faire l'an prochain. La température dans
cette région était hier très élevée
(40 et plus sous les coups de midi) .Seule l'ombre des baobabs,
permettait de se sentir un peu plus à l'aise. J'étais
accompagné d'Abdoulaye qui connait bien cette région.
Nous sommes tombés deux fois en panne ; bougies et
câble d'embrayage ; on a roulé sans embrayage
jusqu'à ce que l'on trouve un dépanneur qui
faute de câble de rechange à souder les deux
bouts. La réparation à tenue jusqu' 'à
Thiès.
A la nuit tombée, J'ai ensuite pris un Taxi brousse
pour rejoindre Mbour. Je n'ai pas veillé très
tard
sitôt arrivé
sitôt au
lit...
Le village de Bambay est connu pour être le siège
où s'était développé il y a
plus de trente ans, l'INRA Sénégalais dans
lequel plus de deux cent chercheurs travaillaient. Actuellement
l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) ne
compte que 50 personnes dans sa globalité ; c'est
dire que l'impact de la recherche se réduit à
sa plus simple expression.
La communauté catholique de Ngascop mentionnée
dans le projet du moulin à mil, est située
en brousse, à environ 8kms de la route nationale
qui relie Thiès à Diourbel. En ces lieux,
j'ai pu me rendre compte de l'environnement et rencontrer
quelques personnes responsables du village. Les photos me
serviront à compléter le compte rendu.
Quand à l'aboutissement de ce projet ce n'est pas
moi qui en suis l'instigateur; j'apporte seulement une aide
ponctuelle pour informer l'établissement parisien.
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7° VOYAGE - déc
2009 - mars 2010


Samedi 12/12/ 2009
Je foule le sol Sénégalais comme si c'était
hier même après cinq mois d'absence.
Je m'approche de la sortie de l'aéroport après
les formalités d'usages, quelques mots de Wolof me
permettent à présent de me soustraire de tous
ces gens qui offre leur service (taxi, porteurs, guides
etc
). Abdoulaye Yade, directeur de l'ISEM et cofondateur
du dispensaire et son fils Djibi m'interpellent alors que
la pénombre ne me permet pas de les voir au milieu
de tous ces visages noirs...
Joie des retrouvailles qui contraste avec le départ
précédent où nous nous étions
quittés avec précipitation et regrets
Le voyage en voiture d'une heure trente pour rejoindre la
case ne suffit pas pour évoquer les souvenirs. Vers
quatre heures du matin je m'allonge dans les draps que Binta
la femme de ménage de mes amis Belges a préparés
pour mon retour. La case m'est prêté jusqu'à
leur retour le 18 décembre. Plus tard on envisagera
où se loger
J'ai récupéré le VVT et la valise laissée
en consigne chez des amis Toubab et je retrouve la circulation
des véhicules en tous genres. Je suis vite dans l'ambiance
de l'école, des cours et des salamalékocums
aux multiples visages connus ou nouveaux.
Abdoulaye me brosse un compte rendu sur l'établissement
qui a gagné un poste de Directeur des études
en la personne de Mr Ba. Ainsi déchargé de
ce travail Abdoulaye peut se consacrer davantage à
l'ouverture prochaine du dispensaire. L'arrivée du
conteneur nous en rend tributaire.
Dans l'après midi nous nous rendons au futur dispensaire.
Ma surprise est de taille même si j'avais vu des photos
car l'espace est vaste et lumineux et bien agencé
pour en faire un bon outil de travail.
La première semaine est passée en coup de
vent ; et avant la réception du conteneur prévu
le 26 et non plus le 23 je dispose du temps nécessaire
pour établir les nombreuses autorisations de sortie
aidé il est vrai par les connaissances déjà
en place depuis l'an passé.
Samedi 19/12/09
J'ai quitté la case des amis belges
arrivés hier pour occuper une chambre tout prés
de l'Ecole de l'ISEM à Mbour. Je viens de passer
ma première nuit.
Mis à part le chant du coq sous ma fenêtre
qui chantait à tue tête alors qu'il n'était
pas 1 heure du matin
Mis à part les trois moutons sur la terrasse qui
gambadaient et frappaient de leurs sabots le sol à
faire vibrer le plafond de la chambre
Mis à part les chants nocturnes africains rythmés
par les " djembés "
Mis à part l'appel à la prière des
Imans alors que cinq heures n'avaient pas encore sonné
Mis à part quelques moustiques infiltrés je
ne sais comment sous la moustiquaire
Mis à part cela, ce fut une nuit comme on ne les
aime pas mais que l'on passe faute de mieux
J'ai pensé à toute la famille
à
LM qui peut être était déjà levé
alors que je n'avais pas encore fermé l'il
La date du débarquement approche et c'est pour cela
que nous nous activons à finir les travaux du futur
dispensaire. L'électricité est quasiment terminée.
Seul soucis, les coupures fréquentes de courant.
Mais pour l'instant, nos moyens ne nous permettent pas d'acheter
un groupe électrogène.
J'envisage de déposer une partie des colis dans le
garage. J'ai posé sur le sol les cartons vides du
conteneur précédent et recouvert d'un tapis
plastifié bon marché mais peu solide. Je limiterai
cependant les inconvénients du sable lorsqu'un objet
y tombe dedans.
Reste quelques retouches de peinture sur les boiseries extérieures
abimées par les intempéries et les termites.
Demain j'irai chercher une lasure
chinoise
car
tout est de plus en plus chinois et sans valeur
Elle
tiendra le temps de quelques
. je n'ose le dire
Dimanche 21 12 09
Je vous ai quitté tard dans la nuit
en pensant que la fête de famille (nombreuse) avoisinant
ma chambre prendrait fin pas trop tard dans la nuit pour
m'endormir mais à mon grand regret elle dura jusqu'au
matin. Le haut parleur nasillard s'est enfin essoufflé
vers les 8h00. C'est ainsi que je passais deux nuits d'affilées
sans vraiment avoir dormi.
Il faut vivre ces moments présents pour comprendre
et apprécier l'Afrique et ses "hommes "
que je continue de découvrir jour après jour.
Ce constat m'amène directement à cette réflexion
: Pourquoi les hommes n'obéissent pas à une
logique comme le font les animaux
? je ne peux pas
répondre en quelques phrases à cette question
mais cela mérite d'y réfléchir tout
en sachant que ce monde ne changera pas dans ces propres
contradictions.
Ici plus qu'ailleurs le poids des religions musulmanes (plus
de dix communautés musulmanes différentes
sont répartis sur le territoire sénégalais)
joue un grand rôle, celui en particulier du maintien
des traditions mais aussi de l'asservissement du peuple.
Autour de ma chambre, pas moins de cinq mosquées
sur cinq cent mètres carrés environ élèvent
leur minaret, pas moins de cinq hauts parleurs diffusent
nuit et jour ainsi autant d'invitations à la prière
; Ils se prosternent certes pour implorer leur Dieu à
la miséricorde mais ils se relèvent après
avoir été blanchis de leurs péchés
pour répéter aussitôt les mêmes
erreurs
.Ainsi va la vie
jeudi 31 décembre 2009 22h00
Qui aurait pensé que vingt et un jours
après sont chargement à Avignon, le conteneur
serait rendu à destination et déchargé.
Pas moi dans tout les cas qui était passé
deux fois par de nombreuses difficultés plus imprévisibles
les unes que les autres.
Et pourtant, à huit heures ce matin 31 décembre,
le semi remorque et son précieux chargement pointe
son nez sur la piste qui mène au dispensaire.
Cependant, ce que nous redoutions Abdoulaye et moi même
arrive et par trois fois le camion s'ensable jusqu'aux essieux
; quatre heures d'effort sous un soleil brulant sont nécessaires
pour le tirer de son trou. A 13h00 enfin je descelle le
plomb resté vierge de toute visite intempestive et
avec l'aide de l'équipe constituée nous commençons
le déchargement. Tout le travail en amont pour un
rangement fonctionnel des 400 colis et de tout le matériel
médical se passe comme prévu.
Vers 16 heures nous prenons enfin notre repas réunis
autour du tiboudienne et récupérons de tous
nos efforts dans la bonne humeur. La tasse de thé
a une saveur particulière et je ne peux pas m'empêcher
alors d'avoir une pensée particulière pour
vous tous qui m'avaient aidé en France à remplir
pour la troisième fois ce "conteneur ".
Je vous retourne dès à présent et avec
beaucoup de plaisir, les " jërëjëf "
des Sénégalais qui m'ont remercié et
j'ajoute aux miens tous mes vux pour cette nouvelle
année.
A bientôt
Dimanche 10 janvier 2010
Les surprises continuent ...pas toutes agréables
Hier samedi j'invite M. Diop, le pharmacien qui donne des
cours à l'ISEM, à visiter le futur dispensaire.
Ma surprise est alors grande de constater la disparition
du microscope rangé précieusement dans l'armoire
où est entreposé tout le matériel du
futur labo.
Je n'en crois pas mes yeux et pourtant je me rends à
l'évidence : cette disparition est réelle.
Il n'y a pas d'infraction et après reconstitution
de l'emploi du temps des personnes ayant pénétré
dans les locaux, nos soupçons se portent sur le gardien
qui était seul pendant la nuit. Mais comment le prouver
. Une chance cependant, 12 heures seulement se sont
écoulées avant de s'apercevoir du vol et donc
très peu de personnes ont eu accès pendant
tout ce temps au dispensaire.
Vers 21h je me rends au commissariat déposer la plainte
; Ce coup de massue me laisse quelques traces et je me pose
beaucoup de questions quand à la suite à donner.
Comment faut- il poursuivre cette tâche où
tout déjà est difficile à faire quotidiennement,
sans se décourager par de tels actes ?
Par principe je ne baisse pas les bras mais c'est avec une
certaine abnégation que je décide d'aller
jusqu'au bout du projet. " Demain " sera un autre
jour
La date d'ouverture du dispensaire est fixée
au 2 février, je crains cependant de devoir patienter
quelques jours encore car malgré les apparences il
reste beaucoup à faire et surtout nous n'avons pas
encore trouvé l'infirmier qui dirigera les consultations
et les soins; La démarche n'est pas si simple que
cela puisse paraître
les charlatans foisonnent
et nous devons nous appuyer sur quelqu'un de sûr et
d'intègre, ce qui dans ce pays où la corruption
est reine, n'est pas évident à découvrir.
Malgré ce, Les travaux indispensables pour un bon
déroulement des opérations se poursuivent
sans oublier la distribution des nombreux colis préparés
aux familles connues ou inconnues.
Grâce au poste à souder prêté
par mes amis français, je constitue des bancs (au
nombre de six) avec quatre chaises reliées entre
elles avec de la cornière et du fer plat ; Il est
plus difficile d'embarquer subrepticement un banc qu'une
chaise isolée
ensuite je pose un lavabo pour
la salle de consultation avec une réserve d'eau sur
le toit qui l'alimentera par gravité. Etc
Ce travail manuel est entrecoupé au rythme des visites
des uns et des autres et des réflexions que nous
échangeons avec Abdoulaye sur la conduite à
tenir au fonctionnement du futur dispensaire;
Nous parlons du circuit du malade, des tickets de prise
en charge, des consommables, des remèdes et du personnel
qualifié et à responsabiliser
un roman
ne suffirait pas
car en plus de tous ces préparatifs
il y a l'école d'infirmières qui tourne à
plein régime
des stages
etc
et dont
Abdoulaye a la charge.
Dimanche 17 janv.-10
Avant de rejoindre mes amis J.M et Domi de
Ngaparou pour passer quelques heures de détente,
j'emprunte la route de Joal à l'opposé de
ma destination finale. Les quarante kms allé retour
me font un bon entrainement
Je désire rencontrer le gardien qui fait figure du
coupable idéal malgré ses apparences de parfait
musulman ; La chance me sourit car sa femme et ses sept
enfants sont seulement présents ; ils m'accueillent
comme si de rien était ; je suppose que leur papa
ne leur a rien dit de l'affaire nous concernant ; je profite
de cette absence pour sortir mon appareil photo et tout
en jouant avec les enfants qui ne souhaitent qu'une chose,
être pris en photo ; je me rends compte que dans l'unique
pièce minable qui sert de chambre , au milieu d'un
fouillis immonde et sale , se trouve un petit lit pliant
que j'avais emmené dans le conteneur précédent
et qui avait disparu de l'ISEM. Fort de cette constatation
je suis reparti sans attendre l'homme mais avec la ferme
résolution d'emmener la police à faire une
perquisition officielle.
Ce fut fait le vendredi 22 en ma présence, et la
découverte de nombreux objets sans grande valeur
certes, confirme que l'homme vole l'ISEM dont il est chargé
d'en assurer la garde
La police alors n'a pas trop
de mal à le confondre et une demi heure après
l'interrogatoire il nous avoue son forfait ; le microscope
a été volé et vendu pour 175000 frs
à un receleur lequel l'a revendu à un Libano/Syrien
propriétaire d'un Laboratoire à Dakar. Tout
ce monde au nombre de quatre est embarqué le lendemain
matin samedi et la confrontation a lieu ce jour même
dans les locaux de la police de Mbour.
Dans une pièce de 9m2 environ du commissariat où
le ménage n'a pas été fait depuis le
siècle dernier
j'écoute debout sans
toujours comprendre les intervenants mais je regarde surtout
le microscope qui trône sur le bureau où s'entassent
des centaines de dossiers qui n'auront peut être pas
l'heureux déroulement que je viens de vivre.
" Demain " fut en effet un autre jour
dimanche 24 janvier 2010
Après toutes ces émotions Je
vais prendre quelques heures de détente chez mes
amis français
dimanche 7 février 2010
Malgré la pression des familles concernées
par le vol du microscope pour que la plainte soit retirée,
nous souhaitons Abdoulaye et moi-même que la justice
continue son travail (même si la corruption des magistrats
est fort probable ici plus qu'ailleurs)
Ce fut certainement le cas ; à l'audience publique
du 3 fév. le tribunal condamne le minable voleur
sans ressource à deux ans de prison dont deux mois
fermes, mais on n'a même pas entendu parler des receleurs
et le libanais accompagné de sa horde d'avocats véreux
est reparti libre
Toutes ces heures consacrées à cette affaire
nous ont retardés dans le déroulement du programme
d'ouverture du dispensaire. Mais rien de dramatique puisque
à présent le matériel est à
nouveau opérationnel.
Nous avons trouvé à présent le personnel,
de l'infirmier à la femme de ménage ; quant
au gardien, nous nous arrangeons " en famille "
en attendant de trouver l'homme qui conviendra
Et dire qu'il y a un an à peine j' évoquais
cette éventualité
joindre un dispensaire
à l'école d'infirmières pour en faire
non seulement un centre de soins mais également un
centre d'apprentissage
à présent que
nous atteignons le but nous mesurons mieux le chemin parcouru
en
si peu de temps et de moyens : des premiers transports effectués
pour la récupération du matériel
à la destination finale
en passant par toute
les démarches administratives imposées. L'inauguration
se fera sans tambour ni trompette car en plus des superstitions
il y a la jalousie et nous sommes en Afrique où ces
deux facteurs jouent un rôle essentiel et notre culture
européenne ne soupçonne pas le potentiel que
cela représente
La suite de cette entreprise ne m'appartient presque plus,
elle est entre leurs mains mais je sais au fond de moi-même
que le maximum des efforts a été fait pour
que cela fonctionne. Abdou et son équipe ont un challenge
à relever pour pérenniser cette uvre
; Même si je dois être confiant en l'avenir
je sais, ici plus qu'ailleurs, que rien n'est acquis par
avance et que de nombreux obstacles devront inévitablement
être franchis jour après jour. La période
qui me reste avant mon retour, environ un mois, va servir
à aider les personnes dans la gestion quotidienne
et à moyen terme ; Le programme informatique de comptabilité
mis en place sera un élément prépondérant
et le prévisionnel leur servira de base.
Dans quelques temps nous aurons un élément
de réponse ; je souhaite qu'il soit positif

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8° VOYAGE prévu
en ambulance mais jamais terminé.....

Vendredi 28 mai 2010
13h30. La photo souvenir avec Roland et Hélène,
les embrassades, le signe de la main à travers la
fenêtre de l'ambulance, et nous voilà partis
Jean-Michel, Tango son chien et moi-même pour rejoindre
Sète, port d'embarquement pour Tanger et franchir
les 5500kms qui nous séparent du Sénégal.
Nous sommes largement en avance pour nous balader dans Sète
en attendant l'heure de l'embarquement prévu à
17h00, sans compter qu'un retard de 3heures nous est annoncé.
Les formalités policières et douanières
françaises ne nous posent aucun problème.
400 véhicules environ en majorité de vieux
utilitaires, chargés au-delà du raisonnable
à l'intérieur et tout autant sur la galerie,
sont rangés dans la soute du Bateau. Nous constatons
avec JM que nous sommes les deux seuls européens.
Nous sommes dans l'ambiance du Maroc
me dit Jean-Michel.
Nous prenons place dans la cabine avec deux autres marocains
dont l'un est particulièrement grand et fort. Je
ne peux pas m'empêcher de penser que la nuit risque
d'être perturbée et mêlée de ronflements.
Je ne me suis pas trompé. Je dois intervenir plusieurs
fois au cours de la nuit pour stopper l'homme dans son élan
et tandis que son compagnon de voyage en fait de même
en arabe je comprends à demi-mot qu'il n'est pas
content d'avoir été ainsi réveillé
Samedi 29 mai 2010
Il est 7heures, lorsque je pénètre
sur le pont supérieur pour admirer la grande bleue
; pas âme qui vive, l'endroit est parfait pour évader
mon esprit et me projeter au lendemain comme j'aime souvent
le faire.
A l'abri de la brise marine, sur une chaise longue je prolonge
le bain de soleil avec Jean-Michel et Tango qui est tout
heureux de sortir de sa niche. Le reste de la journée
se passe en alternance sur le pont et le salon où
nous regardons un film grâce à l'ordinateur
de J.M. Une bière bien fraîche viendra clôturer
cette journée
Nous sommes tout heureux de porter
un toast au voyage
Dimanche 30 mai 2010
Levés vers 7h : nous apprenons que
le retard du bateau à l'arrivée est portée
à quatre heures environ. Il est probable que l'étape
de 600Kms que nous avons envisagée, sera plus courte.
Tout dépendra du zèle des douaniers
si
peu différents d'un pays à l'autre
.et
dont je conserve des mauvais souvenirs pas si lointains
pour les avoir tous oubliés
15h, nous débarquons en fait avec 6h de retard mais
fiers de franchir le contrôle de police sans problème.
Notre joie est de courte durée ; après avoir
passé ce premier obstacle, nous tombons sur celui
des douaniers qui nous font ranger notre ambulance sur le
côté d'un hangar, en plein soleil, en nous
demandant de bien vouloir attendre...
La totalité des véhicules utilitaires et la
grande majorité des voitures débarquées
sont rangés dans d'immenses hangars pour un contrôle
douanier plus ou moins farfelu et arbitraire et qui souvent
se clôture par un billet glissé à la
sauvette dans la main du douanier ; j'ai même était
témoin d'un geste insolite mais révélateur
du système corrompu qui sévit ici comme ailleurs
; un inspecteur en civil prends subrepticement un paquet
de mouchoir en papier dans lequel l'individu contrôlé
avait, a ma vue, glissé des billets
Trois heures se sont écoulées avant que l'on
veuille s'occuper de nous. Au final on nous dit que l'ambulance
ne peut pas sortir du port sans une caution morale en provenance
de la France ou bien en payant une consignation dont le
montant est fixée par l'inspection des douanes située
en ville mais fermée aujourd'hui dimanche. Malgré
mes dires, mes supplications mêlées "
d'humanitaires " mes allées et venue auprès
de l'inspecteur qui était parti vers l'autre port
distant de quelques kms et que je rejoins à pied
pour
tenter une négociation
il a fallu nous rendre
à l'évidence, nous partons Jean-Michel et
moi-même en laissant l'ambulance en fourrière,
ainsi que le chien, sac à dos pour trouver une chambre
à Tanger. Le livre du routard m'indique des adresses
d'hôtels et c'est dans l'un d'eux que nous nous installons
non sans se poser de multiples questions. En premier qui
joindre pour débloquer la situation mal engagée.
Le consulat
l'ambassade
?
Lundi 31 mai 2010
itôt levés nous rejoignons le
consulat qui ouvre à 9h et non à 8h30 comme
le précise le " Routard ". Peu enclin à
nous renseigner et à nous apporter l'aide attendue,
le représentant du consul nous annonce que la caution
dite morale n'est plus accordée pour ce type de matériel
en transit et que nous pouvons téléphoner
à l'ambassade à Rabat pour nous renseigner
même si, nous dit-il, nous avons peu de chance de
l'obtenir. La réponse entendue au téléphone
confirme nos craintes et notre seul recours reste la direction
des douanes que je rencontre dans la foulée pour
connaitre le montant de la consignation.
De surprise en surprise et pour des raisons visiblement
farfelues pour moi mais précises pour les autorités
en question, je n'obtiens aucune concession ni cadeau même
de la part du directeur de ce bureau des douanes que je
rencontre en dernier recours. Pire, il ne s'intéresse
vraiment pas au côté humanitaire de cette opération
et il confirme par écrit sur le bon de mise en fourrière
que je dois m'acquitter du montant de la consignation. A
ma question " à combien la taxe s'élève
t- elle ?" la réponse est : nous devons faire
évaluer la valeur de l'ambulance par les services
intéressés et ce service est à Rabat.
- Puis-je avoir cependant une idée de son montant,
une fourchette
? Exorbitante ose t-il me dire et il
faudra y ajouter le matériel transporté.
Un nouveau rdv est prévu demain
pour être
informé de son montant.
Je retrouve Jean-Mi et Tango dans la rue qui m'attendaient,
le chien est interdit dans tous les établissements
publics ;
Nous décidons d'écrire un courrier à
l'ambassadeur de France à Rabat. Nous le rédigeons
dans un Cyber avant de rentrer bredouilles et dépités
à l'hôtel... mais non sans avoir mangé
un tagine excellent et bu un thé menthe
Nous passerons donc une deuxième nuit à Tanger
; il fait beau et malgré la déception qui
nous envahi nous déambulons détendus dans
les ruelles étroites de la médina ; la vie
débordante y règne et le contraste est grands
car les marocains sont des plus accueillants. Les odeurs
d'épices mélangées à celles
des fumées des petits barbecues sont si alléchantes
que nous ne résistons pas à manger une brochette.
Si on exclut les incohérences des douaniers corrompus,
l'absence totale d'aide des autorités françaises
à l'étranger et si on accepte qu'un véhicule
dit utilitaire pouvant apporter une aide précieuse
pour les plus déshérités de cette terre
et de surcroit en transit soit immobilisé parce qu'il
porte le nom " d'ambulance " alors la vie peut
sembler belle. Mais ce n'est pas le cas. Comment oublier,
tous les efforts des membres de l'association qui m'ont
soutenu dans ce projet. Comment surtout oublier à
qui et à quoi est destiné le véhicule
et les espoirs qu'elle a engendrés. Pour toutes ces
raisons je me dois de réagir encore.
Mardi 1 juin 2010
Donc, malgré tous les échecs
de la veille, je réitère les mêmes démarches.
Cela nous demande de multiples déplacements dans
Tanger et de nombreux coup de téléphones.
Mais au soir de ce troisième jour, c'est avec beaucoup
d'amertume mêlé de dégout que je me
couche. Je prendrai la décision de rester encore
ou de rentrer en France demain après un dernier recours
aux douanes qui n'ont pas pu ou voulu me donner encore ce
jour le montant de la taxe.
Mercredi 2 juin 2010
Je me rends une dernière fois à
la direction des douanes. J'insiste auprès d'un inspecteur
que je rencontre pour la quatrième fois en trois
jours pour qu'il m'indique enfin le montant de la taxe de
consignation. Le chiffre qu'il calcule sera approximatif
me dit-il car la messagerie de son ordinateur est en panne
et il ne dispose pas d'autres moyens pour avoir la réponse
à ma question. Cela doit se situer, me dit il enfin,
aux alentours de 65000 dyrams soit 6500€ environ, sans
compter la prise en compte du matériel transporté.
Devant l'annonce d'un tel chiffre, je n'ai d'autre ressource
que de me résigner et d'entamer les démarches
pour reprendre le bateau vers la France et de rentrer.
Mais, pour être également convaincu que les
autorités françaises à l'étranger
se servent de nos impôts pour paraître mais
surtout pas pour aider les intérêts du particulier
que je suis, je retourne une fois encore au consulat. Cette
ultime démarche confirme leur impuissance malgré
mon insistance.
En dernier recours, je rentre en contact avec Abdoulaye
pour l'informer. Lui-même appelle le consul du Sénégal
au Maroc ; là encore et malgré également
mon appel auprès d'eux c'est le même constat
: on ne peut rien obtenir
Devant autant d'absurdité, je suis amer et je dis
avec insistance qu'il est regrettable d'être le témoin
de tant de stupidités. Il n'y a rien d'étonnant
qu'avec de tels comportements le monde de la haine et de
la corruption se développe au lieu de régresser
tous pourris
.
La fin de la journée est consacrée au retour
de JM et de Tango vers le Sénégal. La surprise
est grande quand il apprend que le chien est interdit dans
l'avion de Casablanca et également dans le train.
D'autre part nous ne trouvons pas de cage pour le transport.
Il se décide contraint et forcé de prendre
avec moi le bateau et de rejoindre le Sénégal
au départ de la France.
Jeudi 3 juin 2010
Le retour et l'embarquement sur le bateau,
mérite un épisode bien plus long mais je me
contenterai de dire que l'histoire fut cocasse. Après
de longues heures d'attente, la police n'avait pas tamponné
le passeport du fait que nous avions été escortés
jusqu'au bateau par la douane qui craignait sans doute que
l'on s'échappe
" du Maroc "
et
finalement c'est en catastrophe que nous les avons fait
tamponner
le comble aurait été que
l'on rate le départ du bateau.
En conclusion, j'ai échoué dans
cette entreprise, racketté et otage en quelque sorte
d'un système et de gens qui abusent de leur pouvoir
; cela ne va pas cependant me stopper dans mon élan.
Et sitôt rentré en France, je vais m'employer
à trouver une autre solution
pour mieux rebondir
et poursuivre ma route
Suite du 8° voyage

Déjà juillet cest dire
que le temps sécoule très vite même
si je nai pas les mêmes préoccupations
durant ce séjour ;
Je ne vous oublie pas malgré mon silence
, l'ambulance n'est pas là mais les occupations sont
toutes aussi nombreuses quand on veut s'en donner la peine.
Je termine de faire le point des élèves
scolarisés et je me prépare à les préinscrire
pour la rentrée prochaine qui sera déjà
la quatrième que je réaliserai ici. Il devrait
en y avoir 21 si tous les parrains et marraines répondent
à nouveau présents.Ici aussi les frais de
scolarisation augmentent sans cesse.
Je profite également des déplacements
d Abdoulaye qui supervise les élèves
infirmiers (es) dans les dispensaires ruraux pour me déplacer
en brousse avec lui et je me rends compte là plus
quailleurs, du travail qui reste à accomplir
pour sortir toute cette population de la misère physique
et morale à laquelle ils sont confrontés au
quotidien ; rien à voir avec les zones urbaines mais
cest tout aussi triste à voir ; or malgré
cela on rencontre des gens toujours souriants ; la légendaire
« Téranga » véritable tradition
d'accueil du Sénégal est présente partout.
Les premières pluies permettent de
labourer la terre rendue plus friable et semer le mil. La
charrue de bois tirée soit par un cheval efflanqué
ou un petit âne tout aussi maigrichon retourne cette
terre comme nous le faisions chez nous il y a un siécle
et plus en arrière. Parfois un semoir rudimentaire
dépose les graines dans le sillon. Tous ces agriculteurs
disposent de quelques semaines avant les pluies quils
attendent mais quils redoutent aussi. Comme partout
elles peuvent être violentes et tout emporter avec
elles.
Dans cette campagne parsemée dimmenses
baobabs, il est fréquent de croiser les femmes chargées
sur leur tête dun énorme fagot de bois
et des enfants sortis de ne je ne sais où ; il fait
bon respirer, tout a lair paisible, mais quand on
sapproche des villages, ce sentiment nest plus
le même, les cris des nombreux enfants, les bêtes
en liberté et le manque dhygiène et
de propreté enlèvent tout le charme précédent.
Voilà, je suis en Afrique et la terre
ne sarrêtera pas de tourner même si pour
un grand nombre dentre eux ils se sentent oubliés
retour
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