Association A.A.D Aide à une Activité Durable

spacerAu SENEGAL


Accueil

Historique

Carnet de Route

Les Réalisations

Les Rendez-vous

Nos Projets

Ecole Palmarin

Les Photos

Nos Partenaires

Les Dons

Contact

logo CARNET de ROUTE

1,2 & 3ème Voyage - Octobre 2006 - Mars 2008

Prenez s'il vous plait, le temps de me lire

voyage 1

Cela ne vous prendra qu'un court instant de votre vie…

A ce jour, du printemps 2008 j'ai passé plus d'une année (en mois cumulés) auprès des Sénégalais.
En quelques phrases, je souhaite vous exprimer le fond de ma pensée qui en résulte:


Malgré les apparences, une très grande majorité de Sénégalais vit très mal et les maux les accablent, car ils sont incapables de changer de comportement. Ils vous diront que tout va bien alors qu'ils sont au bord du gouffre, accablés par leur destin…


Partout dans les familles, sur les chemins de la brousse, dans les villages et les villes, chacun cultive sa propre superstition, chacun cherche les moyens de se sortir de la misère mais ne fait rien pour changer d'attitude. Ils accordent beaucoup trop d'importance à la parole de leur Dieu, mais ne pratiquent que pour se préserver de la malédiction divine…
Les rites, les traditions et les Inch'Allah (si Dieu le veut) anéantissent toute transformation ou rénovation de leur esprit et par voie de conséquence étouffent et ruinent leur quotidien.


Ils ont le potentiel culturel pour tenter une autre forme d'existence mais sont trop empêtrés dans leur coutume pour entreprendre une autre forme de société. Ils caricaturent et reproduisent alors qu'ils devraient créer…


Rien de plus absurde en ce qui les concernent, que de poursuivre sur cette voie, que d'écouter ces " guides " de la foi alors qu'il serait plus utile d' arborer de nouvelles règles sociales pour modifier en profondeur les règles économiques… tout en préservant sa propre foi…


Particulièrement évident dans les campagnes où la tradition est encore plus encrée, la place de la femme en Afrique demeure un sujet préoccupant. Parmi les difficultés, la polygamie provoque des effets dramatiques en termes de moyen pour l'homme qui devra assurer les dépenses de leurs familles composées…mais qui ne peut pas y faire face …


Evidement, trop soucieux de se maintenir à la tête de l'Etat et de perdre le pouvoir s'ils en changeaient les règles, les politiques et les financiers, font tout pour entretenir ce traditionalisme et conservatisme dont il est aisé de mesurer les conséquences…


…Ils ont la terre et l'eau mais ne s'en servent pas. A l'image des pays industrialisés une majorité de sénégalais préfère s'agglutiner dans les cités pour puiser le quotidien sans penser au lendemain. Beaucoup d'entre eux aspirent à quitter leur pays au risque de périr… puisqu'il n'y a pas d'autre alternative disent-ils, autant tenter l'aventure du clandestin…


CARNET de ROUTE (oct 2006 - mars 2008)

voyage 2

L'envol pour le troisième séjour au Sénégal s' effectue sans encombre. Je quitte la France avec un pincement au cœur car la séparation avec ceux que j' aime sera de trois mois environ. Cependant compte tenu de tous les projets en tête, j'éprouve un brin de joie intérieure. L'escale à Casablanca est de 5heures. Je profite de tout ce temps libre pour commencer mon carnet de route.
Après un bon voyage je me repose enfin en terre africaine à trois heures du matin (heure française).
La rencontre avec N'Diaye et sa femme est des plus chaleureuse. Je fais la connaissance de son jeune frère qui les a rejoint pour veiller la nuit sur le resto. Les vols par effraction sont fréquents, surtout si l'on a faim…et que les poches sont vides….
A présent j'occupe en grande partie ma journée dans le petit " resto "que nous avons créé voici 6 mois. Mon absence lors de sa mise en route fut préjudiciable me semble t-il mais pas dramatique; pour ranger les ustensiles de cuisine et les réserves, je fabrique des étagères. Je dois m'armer de patience pour trouver le bois nécessaire à l'équipement, pour le scier et l'adapter à des murs de terre tendre...car les outils font défaut ou des plus usagers… mais dans l' ensemble le résultat est satisfaisant… à la mode africaine…
Je m'efforce surtout de rendre les lieux plus hygiéniques. Je ne souhaite rien imposer au jeune couple qui en assure la gestion mais je leur montre ce qui me semble être le minimum pour maintenir les lieux propres. Tout est difficile à se procurer et je suis en vadrouille pour trouver ce dont ils ont besoin ; c'est très cher, que ce soit les produits de base ou le matériel.

Je mange midi et soir au " petit resto " de Ndiaye pour 600F cfa (moins de 1€) . Il sert en moyenne une vingtaine de portions sur place ou à emporter. A ce prix comment va-t'il joindre les deux bouts ? Je lui ouvre un cahier de comptabilité pour établir à la fin de chaque mois un bilan.
NDiaye est de confession musulmane, c'est pourquoi il ne sert pas d'alcool mais des boissons sucrées ou du café Touba.(50F cfa la tasse).

Je croise sur ma route des personnes qui me reconnaissent depuis mon dernier séjour et c'est un grand moment de plaisir partagé. Je rends visite à deux familles dont l'enfant est parrainé par un membre de l'association. Un des papas est décorateur sur bois . Ce qu'il fait avec presque rien est étonnant. Il décore les portes, les contours des glaces etc… avec de la sciure de bois et la colle à bois ; il compose également des tableaux en relief... il ponce et cire ces objets avec du cirage de couleur. C'est très beau. Je pense ramener en France quelques uns de ces objets pour les vendre et lui procurer ainsi un peu d'outillage et pourquoi pas une ponceuse qui lui rendrait un grand service. Marié et père de trois enfants, il vit à Mbour.
Les deux machines à coudre que j'avais embarquées sont bien arrivées et font déjà office.


Je trouve un vélo neuf " made in chine " pour 60€ . Il fera tout juste la campagne 2007/2008, sa solidité n'est pas à toutes épreuves. Je m'en sers quotidiennement. C'est très pratique pour se déplacer à condition de rester sur la terre ferme car sur les pistes de sable, bonjour les mollets... Quant à la nourriture je continue de manger l'assiette de riz blanc aux oignons et piments accompagné d' un poisson grillé ou poêlé. J'achète aussi des mangues, des bananes et des pastèques.

La viande est par contre dure à moins d'acheter le filet de zébu (10€ le kg). Pour les sénégalais la vie a augmenté depuis les dernières élections, beaucoup d'entre eux me disent ne faire qu'un repas par jour.

Hier dimanche, j'ai rencontré les villageois de Keur Gondé (250 personnes environ) pour remettre l'unique pompe en état de marche. Elle devrait être opérationnelle d'ici la fin de cette semaine. Mercredi prochain je rendrai visite à un autre village pour envisager la création d'une mini-épicerie avec une réserve de riz, d'huile, de bougies etc (il n'y a pas d'électricité dans ce village éloigné de 3 kms environ de la route principale) et les femmes font de multiples aller-retour pour acheter l'indispensable pour nourrir la famille.

Je rencontre des français qui résident au Sénégal. Ils décident d' adhérer à l'association et sont prêts à me donner un coup de main. Ils possèdent un véhicule qui me permettra à l'occasion de me déplacer plus facilement.

Je me repose en début d'après midi, la température est très élevée et encore assez humide. La nuit, je dors assez bien, malgré des moustiques baladeurs qui fredonnent à mes tympans et qui passent je ne sais comment à travers le moustiquaire pour me piquer. J'abandonne cependant le traitement antipalud.


 

…le temps défile très rapidement depuis mon arrivée au Sénégal voici quatre semaines. Il faut dire que je me donne la peine de favoriser la course contre la montre…
J'ai tellement le désir de concrétiser l'ensemble des projets que je m'empresse de contacter et de rencontrer les différents antagonistes pour aboutir à la mise en œuvre du puits et la pose des pompes.

voyage3voyage4

 

La visite aux familles et des enfants dans les écoles se poursuit, mais force est de constater , que rien n'est simple en Afrique noire . Je dois en permanence me souvenir que je n'ai ni la même culture ni la même conception de la vie des hommes et des femmes que je croise. Je m'adapte et j'apprends tous les jours à mieux les connaître et à cerner nos différences pour éviter de décevoir et d'être déçu en retour. C'est tout de même passionnant et je poursuis volontiers cette nouvelle aventure dans ce monde de misère et d'oubli…
Fidèle aux engagements pris avec le village de Keur Gondé je remplace la pompe du puits, trop onéreuse pour la réparer. L'acquisition d'une pompe à main très rudimentaire pour nous européens mais pratique et efficace pour les africaines (seules à puiser l'eau) est de 90.000F cfa alors que la réparation coûterait 130.000F cfa (200€ environ).
Samedi 10 nov. j'assiste à un conseil de représentant du village suivi de la pose de la première pierre d'une école financée par une association bretonne. L'arrivée en 4X4 (neuf) des représentants français me semble déplacée dans ce petit village où tout fait défaut. En fait je pense que je suis le seul à être gêné...car le Sénégalais est à présent accoutumé au fait.
Il fait très beau sous le baobab comme tous les jours d'ailleurs depuis mon arrivée et assis au milieu de tout ce monde, la rencontre mérite la photo,... vers les 13h00 alors que le thermomètre ne cesse de grimper, autour des 40° au soleil, j' enfourche le vélo pour rejoindre ma case...et me reposer...
La tête se remplit d'images tout autant que la carte mémoire du numérique… j'ai déjà de quoi projeter et animer nos prochaines rencontres… pour vous faire partager toutes mes émotions.
A présent, je poursuis ma tâche au Village de Keur Yougar. Même constat, ni eau à proximité ni électricité évidemment… la saleté et la misère… même si les enfants mangent à leur faim le riz quotidien ou le mil pilé et semblent insouciants et heureux…
Ce constat m' entraîne à effectuer des démarches pour la construction d'un puits. Différents devis me conduisent à choisir " arbitrairement " le futur réalisateur. Tous se disent maçons mais si demain tu leur demandes d'être réparateur de vélo ou mécano, ils te disent qu'ils le sont également. Tout se marchande et attention à l'arnaque... car pour le sénégalais en général, tous les blancs sont riches... et ils tâchent d'en profiter au maximum. Ce soir lundi je signe le contrat de construction.
Avec 470.000 F cfa (soit 725€) je réalise le puits de 180cms de diamètre intérieur sur 12 à 15 mètres de profondeur suivant l'arrivée de l'eau, cimenté et protégé en surface par une dalle en béton pour supporter la pompe à main de 90.000F cfa (137€).


A ce jour j'ai rendu visite à toutes les familles dont l' enfant est parrainé par l'association. Vendredi 23 nov. je passe une matinée avec ceux de l'école Charlemagne de Rufisque . Je suis vraiment surpris par le soin que mettent ces enfants à écrire et aux résultats déjà acquis après quelques semaines de classe seulement. Je constitue tout un dossier que je me ferai un plaisir de montrer à mon retour aux différents parrains et marraines; Mon retour de Rufisque est des plus difficiles. J'emprunte le taxi brousse collectif et pour faire les 65kms, je mets 5H00 . Seul blanc, dans ce minicar branlant, nous sommes une trentaine de personnes, la température est suffocante quand aux odeurs ce n'est pas mal non plus...
Voilà quelques nouvelles , j'espère que la transmission Internet va fonctionner. J'ai beaucoup de problème pour maintenir la connexion sans parler des nombreuses coupures de courant. C'est pourquoi je vous demande de me confirmer la réception du courriel car je ne sais jamais s'il arrive à destination.

7h00 le 17/11 un réveil comme je les aime dans le calme, coupé cependant par la prière matinale de l'imam. Comme tous les jours depuis mon départ le ciel présage une chaude journée. Heureusement que les nuits sont à présent plus fraîches et me permettent une excellente récupération.
Je me lance dans le bâtiment, et je décide après le puits, de bâtir un local en dur qui fera office d'épicerie au petit village de Keur Youglar. Il permettra de servir une population d'une centaine de personnes environ qui doit faire des Kms pour se ravitailler en riz, sel, huile et autres ingrédients qui rentrent dans la composition de leur repas quotidien. Dimension quatre sur cinq mètres, recouvert de tôles et une porte en fer et pour éviter le pillage, une personne fera la surveillance la nuit. Une autre gérera le stock. Le bois fait défaut, c'est donc en briques liées au ciment, le tout ceinturé avec des longrines ferraillées : coût de l'opération 1500 € environ. Le chef du village me cède un bout de terrain…
Je commence une autre démarche auprès des sénégalais que je vois quotidiennement. Il s'agit de l'alphabétisation. J'ai pour l'instant deux élèves adultes.
Un constat après quelques séances, pour ces adultes, l'assiduité fait déjà défaut… mais comment peut il en être autrement quand on n'a jamais été à l'école…


20/11/07
J'espère que ce message trouvera toute la famille en bonne santé. Me concernant tout va très bien et je m'adapte parfaitement à cette vie africaine .
Si je parle climat, la chute de la température est importante au point que l'eau de l'océan n'est plus qu'à 22°. Les nuits sont relativement fraîches et ne dépassent pas les 17°. Autant dire que l'hiver est arrivé. Les Sénégalais commencent à " trembler " de froid et se coiffent d'un bonnet. Ma consommation en eau potable s'en ressent évidement dans la journée... Pour la nourriture, je suis toujours au riz poisson à midi et poisson riz le soir… j'ai tenté de manger de la viande mais j'ai peur pour mes dents… Heureusement que le poisson est toujours excellent même si son prix a augmenté. La pêche est soi disant moins importante depuis quelques temps. Est-ce dû aux chaluts étrangers de plus en plus nombreux qui envahissent les côtes de l'Afrique et qui ratissent tout sur leur passage avec leurs immenses filets ? On peut le croire…
Je goûte aussi aux œufs et demain je mangerai du poulet… pour les fruits, la saison des mangues se termine, par contre les pastèques, oranges vertes et mandarines envahissent les marchés pour un prix avoisinant les 600 à 800F cfa le Kilo. Je me procure également du fromage de chèvre dont le goût est moins fort que celui que l'on mange en France et un excellent miel avec lequel je déjeune à présent.
Cela fait un mois aujourd'hui que je suis sur le sol Africain. Premier constat j'apprends tous les jours à mieux connaître tout ce qui touche l'Afrique noire et les gens que je croise, qu'ils soient noirs ou blancs…



28/11/07
Ma résolution d'aider, à ma mesure, ce pays depuis mon premier voyage voici un an, n'a pas varié même si je découvre des travers qui m'avaient échappés lors de mes deux précédents voyages. Je ne m'arrête pas malgré les difficultés rencontrées sur le terrain car trop grand est le fossé qui sépare leur quotidien du nôtre pour penser un seul instant, les abandonner.
Je m'aventure à présent seul en vélo et à pied lorsque la roue s'enfonce trop profondément dans le sable. Je tombe ainsi dans les petits villages de brousse où tout fait défaut mis à part la pollution visible (sacs plastiques en particulier…) et je n'ose pas parler de tous ces gens dont le souci évident n'est pas de savoir comment on peut gérer les déchets. La collecte des ordures ménagères n'est évidemment pas généralisée et cela n'a pas l'air de les toucher particulièrement.
Ce qui me touche par contre, est le peu de considération que les hommes ont vis-à-vis de " " leurs épouses "... A la question pourquoi il n'attelle pas le cheval pour chercher l'eau au puits afin de soulager le travail des femmes qui puisent et portent trente litres d'eau sur leur tête de nombreuses fois par jour, la réponse est que le cheval doit se reposer après l'hivernage. (saison des pluies) car le travail des champs est important…
Je suis affecté également par la forte natalité et tout ce que cela entraîne. Morveux, sales, ces jeunes enfants connaissent cependant deux mots " cadeau Toubab " quand je les croise. Je peux dire sans me tromper que peu nombreux sont ceux qui sortiront de cette misère si le monde continu d'être aussi égoïste. Même si l' école existe au Sénégal, la scolarisation n'est pas obligatoire et nombreux sont ceux et surtout celles qui atteindront la majorité sans savoir ni lire ni écrire.


02/12/07
J'arrive en ce dimanche matin de Sinthiarne, petit village situé à 10kms environ de ma case. J'ai livré deux poulies pour équiper les deux puits . Je vais y retourner dans la semaine avec quelques médicaments que je vais me procurer à la pharmacie de MBour. Un grand-père qui perd la vue, souffre énormément et m'a demandé de le soulager….et plusieurs personnes sont atteintes par le palud.
Le médicament qui soigne et guéri est trop cher pour qu'ils puissent se le procurer. (4800F cfa la boite , soit l'équivalent de deux à trois jours de travail pour un ouvrier)


03/12/07
Je reprends dès ce lundi matin mon carnet de route en attendant de retrouver au petit resto mes jeunes protégés N'Diaye, Papys, et Fama . Il s'agit aujourd'hui de faire le bilan du mois d'octobre; s'il est positif, j'envisage le remboursement d'une partie du crédit comme cela a été prévu dans le contrat passé avec N'Diaye. Cette somme, même minime, sera reversée dans une autre opération humanitaire.
J'ai parlé de " travers " dans mon précédent courrier. Un autre exemple : il s'agit des rapports que les africains ont avec les " toubabs " et de l'intérêt personnel qu'ils affichent et qui prime sur tout. Tout enfant que je croise me dit " cadeau toubab " et une forte majorité d'adultes de tout âge ose vous aborder pour vous solliciter…
Etat de fait sensible dans cette région touristique, elle est cependant moins présente sur le reste du pays que j'ai visité. Dans certains villages ou gros bourgs du sud du pays, j'ai été bien moins sollicité.
Si cette réaction est malgré tout légitime elle devient pesante et difficile à supporter au quotidien; devant cette situation l'envie de se boucher les oreilles pour ne plus entendre ou de fermer les yeux pour ne plus voir est parfois très forte. Il est vrai aussi, que devant autant de misère le choix que je fais vers telle ou telle personne est arbitraire, mais comment peut-il en être autrement… ?
Un autre sujet sur lequel mon attention est attirée, est le problème de la santé.
En apparence les personnes au Sénégal sont bien portantes, cependant nombreux sont les enfants qui décèdent encore du paludisme ou de la fièvre jaune et je pense évidemment à tout ce qu'un médecin ou une infirmière pourraient apporter dans ce pays. Dans le village de N'Guekorkh ( 3000 à 4000 habitants et peut être plus) les soins sont dispensés par un seul infirmier d'état et le médecin se trouve à M'Bour distant de 8 kms (population : plus de 10000 personnes). J'ai côtoyé une personne qui m'a parlé d'une aide en provenance d'une association pour former deux infirmières. Malheureusement cette formation n'avait pas abouti par manque de vigilance. (détournement de l'aide au bout d'un certain temps… m'a-t-il dit… au profit du directeur… sénégalais… )
Ce fait démontre parmi tant d'autres, toute la difficulté que l'on rencontre lorsque nous voulons établir des liens porteurs d'espoir et qui permettraient surtout d' améliorer leur santé. La corruption prime sur tout, mais paradoxe, sans elle beaucoup " crèveraient "…
Concernant le local qui abritera l'épicerie, la construction est bien lancée. Mais comme tout ce qui se fait en Afrique, pour réaliser un tel projet, il faut se retrousser les manches et garder son calme. La notion de temps n'a pas la même valeur et la patience est essentielle pour arriver à un résultat. J'espère que d'ici la fin de l'année, nous ouvrirons le local aux résidents du village.

Ma rencontre avec le couple de retraités français vivant à présent au Sénégal me permet de voyager pendant deux jours vers la région du Sine Saloum proche de la Gambie que j'avais traversée en mars dernier. Distant de 250kms de mon lieu d'attache la région est plus boisée et les terres un peu mieux cultivées. Villages et villageois de Badoudou sont des plus accueillants ; nous conversons de tout et de rien autour d'un " thieboudienne " . Fait de riz pillé, d'oignons, de légumes et de poissons, son goût est excellent. Le marché du dimanche matin du bourg de Toubakouta m'aurait permis d'immortaliser ces instants si je n'étais pas tombé en panne de batterie… je me promets d'y retourner car j'ai été émerveillé par tout ce que mon regard a croisé. De nombreux petits marchands proposent sur de minuscules étals trois fois rien… " pour trois fois rien "… toutes sortes de piments ou petits légumes fraîchement cueillis ou séchés …plaisir des yeux et de l'odorat… le mélange des odeurs surprend mais reste très agréable…



12/12/07
Je passe la matinée de mercredi avec le charpentier pour poser la toiture de l'épicerie. J'ai fait livrer les chevrons et les tôles par un charretier après avoir négocié le transport à 4000F cfa pour une distance à parcourir de 5 Kms environ . Pour la petite histoire, à mon retour, je crève la roue arrière du vélo sans possibilité de réparer et le trajet sur la piste sablonneuse est assez physique sous un soleil chaud, très chaud… Heureusement que je fais suivre dans le sac à dos une bouteille d'eau…
Le toit de tôles est posé à présent. La fermeture de la porte et de la fenêtre doit suivre dans quelques jours. Le sol sera recouvert de carreaux cassés liés au ciment ; simple à poser et peu onéreux cela permettra de faire l'entretien plus facilement. Ensuite nous poserons les étagères et une planche qui fera office de banque.

La préparation de la Tabaski est sur les lèvres de tous les Sénégalais. Cette fête musulmane est la plus populaire ; elle est fixée au 21 décembre. Fête établie par le calendrier lunaire, elle commémore le sacrifice d'Abraham. Chaque musulman se doit dans la mesure de ses moyens d'égorger le mouton, de le faire griller et de le partager en famille et avec ses voisins. Les femmes et les enfants attendent également ce jour pour étrenner une nouvelle robe et recevoir un cadeau.
Je partagerai cette journée avec la famille de N'Diaye et Fama à Thies, ville distante de 50kms environ de M'Bour. Nous partirons très tôt en taxi brousse et nous rentrerons dans la nuit.
…folklore, images, sons et odeurs assurés….


15/12/07
Je reviens à Sinthiarne pour leur apporter une nouvelle poulie et une corde. Les trois puits sont à présent équipés . Je retrouve le grand-père à la vue déficiente. Le collyre n'a pas eu l'effet escompté. Seule satisfaction, il souffre un peu moins. En voyant tous ces enfants je rêve de construire un petit bâtiment qui servirait d'école…comme ce sera prochainement le cas à Keur Gondé grâce aux dons d'une association bretonne…
Je rêve… car seul les plus grands garçons vont au village voisin pour apprendre à lire et écrire… quand tout va bien… par contre les filles des villages restent pour la plupart d'entre elles à la case et servent très jeunes, de bonnes à tout faire… elles portent aussi bien que les adultes le seau d'eau sur leur tête et le petit frère ou la petite sœur sur leur dos… peu nombreuses sont celles qui réussissent à poursuivre leurs études, au mieux elles trouveront du travail chez les toubabs pour 2000F cfa .(3€) par jour. Très tôt la famille la mariera et très tôt un enfant naîtra suivi d'un deuxième et d'un autre encore… jusqu'à ce que le mari prenne une femme plus jeune et ainsi de suite…. Il semble cependant que petit à petit les mentalités évoluent en faveur de la monogamie mais c'est loin de se généraliser…

Depuis mon arrivée c'est la première fois que je me lève avec un ciel couvert de nuages aussi denses. La température est cependant toujours aussi douce et l'eau de mer reste très bonne ; à mon avis elle avoisine les 20 degrés ; presque tous les soirs je vais nager quelques brasses. C'est du plaisir quand on sait que nous sommes, comme en France, en hiver… quant aux nuits, il fait suffisamment frais pour tirer le drap au petit matin.

Je sympathise avec un autre couple de français qui s'installe définitivement au Sénégal. Malheureusement j'apprends qu' ils viennent de subir un vol dans la case qu'ils louent en attendant d'habiter leur propre maison . Alors qu'ils dorment les voleurs dérobent passeport, argent, micro portable, téléphone portable, appareil photos etc…
La raison d'un tel pillage est lié à la tabaski, car l'achat d'un mouton (de 40000 à 100000F cfa n'est pas à la portée de tous et donc pour y arriver tous les moyens sont bons). A vous de juger…Il est courant actuellement de se faire interpeller dans la rue pour offrir notre aide pour commémorer cette tradition musulmane.
Ils vont jusqu'à imposer le cadeau à offrir… "toubab, t'as pas trente mille francs… " ?

Avec les photos prises tout au long de mes déplacements, je monte petit à petit le diaporama qui me permettra dès mon retour en France, à poursuivre l'œuvre engagée.
Son but est d'informer tous les adhérents et sympathisants de l'AAD mais aussi de convaincre que nous pouvons faire plus encore. Avec l'expérience acquise, nous pouvons ensemble, aller un peu plus loin dans les démarches humanitaires entreprises. Tout en restant dans la même orientation fixée dans nos statuts à savoir la scolarisation, le problème de l'eau, la santé etc.. j'envisage si les moyens me sont offerts, de construire dans un village une école. Ainsi, ce ne serait plus un choix arbitraire lorsque nous parrainons tel ou tel enfant, mais une œuvre qui aurait des conséquences plus générales et tout aussi importantes. Evidement, la réponse viendra de ceux que je vais croiser et convaincre.
Le fossé qui sépare nos deux continents est immense et même si nous avons le sentiment que nos difficultés quotidiennes ne cessent de grandir en France, rien n'est comparable avec celles que rencontrent une forte majorité d'africains. Peu équilibrée car peu variée, la nourriture au quotidien reste une des priorités et tout ce qui touche la scolarisation et la santé est loin d'être résolu C'est pourquoi, construire une école est un pas de plus vers ce que j'appelle " l'aide à une activité durable ". … la suite au prochain courriel…


20/12/07
C'est le jour de l'inauguration de l'épicerie de Keur Youguar.. Nous avions prévu de finir les travaux avant la Tabaski et chose rare au Sénégal, nous sommes parvenus à tenir cet engagement. C'est donc la joie partagée avec les familles du village et un moment de bonheur qui restera gravé dans ma tête. Le verre de coca ou d'orangina pour les Sénégalais et un pastis et whisky pour les toubabs invités, accompagne la fête après que le chef du village eût coupé le ruban confectionné à la hâte avec des bouts de chiffons.


23/12/07
Prévu à 6h du matin le départ pour Thies avec un taxi brousse conduit par un de ses frères, a lieu finalement à 8h pour cause d'embouteillages. Effectivement le jour de la tabaski, tout ce qui roule est sur les routes pour se déplacer et autant dire que ce sont des centaines de milliers de personnes qui rejoignent leur famille pour célébrer cette fête musulmane.
Ville natale de N'Diaye, la ville de Thiès se situe à l'est de Dakar. Nous l'atteignons sans problème malgré la vétusté du véhicule, une Peugeot 505 des années 70, dont il est impossible de décrire son état, tellement tout ce qui est visible serait à mettre à la ferraille. Le comble est qu'elle roule toujours et qu'elle continuera de rouler encore et encore… avec un pare brise zébré de toute part…, plus de tableau de bord et de démarreur…, une portière qui tient avec du fil de fer, des sièges sans tissu, remis en forme avec des morceaux de bois, plus de trace de poignées ou de lève vitre, plus d'amortisseur et bien évidemment des pneus aussi lisses que l'intérieur des mains légèrement ridées…
Lorsque vous montez dans ce type de véhicule, il ne faut surtout pas penser aux risques encourus, sinon vous redescendriez aussitôt à condition que la portière s'ouvre de l'intérieur car ce n'est pas toujours le cas…

Le papa de N'Diaye, retraité de l'enseignement d'une école primaire, sa femme et ses enfants (5 garçons sur les 7 vivants) cousins et cousines, m'accueillent chaleureusement alors qu'ils montrent très peu d' émotion à N'Diaye et à sa Femme qu'ils n'ont pas revus depuis des mois. Je fais aussi la connaissance de la fille de N'Diaye, une adorable petite fille de trois ans aux yeux magnifiques. Un peu intimidé par ma présence, elle accepte malgré tout de se laisser prendre dans mes bras. Elevée par les grands parents depuis sa naissance, elle ne parait pas être attachée à ses parents et en particulier à sa mère qui attendait pourtant ce moment avec impatience.
L'un des fils est apprenti routier. Il parcourt à longueur d'année les routes de l'Afrique. Les conditions sont très difficiles me dit-il ; il sait quand il part, il ne sait jamais quand il reviendra. Un autre frère âgé de 16 ans est amateur de foot ; il rêve de devenir professionnel… le plus jeune est scolarisé, quand aux autres ils vaquent à droite à gauche comme ils peuvent… la galère pour ne pas dire le chômage à la sénégalaise…
La prière terminée, le moment de tuer le mouton arrive. Dans le sable de la cour familiale deux trous sont faits à la hâte, l'un est destiné au sang, l'autre aux entrailles du mouton. C'est le père qui l'égorge entouré de toute la famille. La bête tenue par les hommes, ne bouge pas, ne pousse aucun gémissement au moment de l'acte fatal. Quelques soubresauts et c'est fini. Pelé avec beaucoup d'attention pour ne pas déchirer la peau qui servira une fois séchée, à s'agenouiller au moment de la prière. Les côtelettes sont grillées au barbecue tandis que la Maman prépare oignons et pommes de terre dans une marmite " calottée " par le feu de bois. Dans une grand faitout posé sur un feu de braises les autres morceaux coupés menus cuisent. Tout le monde s'agite mais dans une ambiance sereine, heureux de partager cette fête en famille.
L'appareil photo ne chôme pas et je reste souvent surpris des scènes que je vois.
A présent accoutumé du fait, je partage le repas en prenant avec mes doigts la nourriture disposée dans un grand plat. A la fin du repas les trois tasses de thé me sont servies comme le veut la coutume; la première dit-on est forte comme l'homme, la deuxième sucrée comme la femme et la troisième douce comme l'amour. Quand aux enfants, ils vont à présent de maison en maison réclamer leur cadeau, en principe ça se résume à une pièce de monnaie. C'est leur Noël….à eux.
La maison se vide après que chacun d'entre eux se soit mis sur son " 31 " et un coup de bombe magique de désodorisant sous les bras ; les poules picorent le sol tandis que le mouton blanc qui les protège m'a-t-on dit des mauvais sorts, se promène également à l'intérieur de la maison . Il est évident que l'hygiène fait grandement défaut et est loin d'être leur priorité.
Il est 18h, le soleil décline et pour la première fois depuis mon arrivée au Sénégal, je ressens une certaine fraîcheur. Par chance j'avais prévu une petite laine. La fête se poursuit dans la rue mais l'éclairage est défectueux et ne me permet pas d'apprécier le va et vient des personnes toutes vêtues de nouveaux habits. Étonnamment maquillées, je devine les visages des femmes. J'aurais apprécié plus encore ces scènes si j'avais pu saisir ces images avec mon appareil photo…
Nous retournons sur MBour vers les 22h, la ville de Thiès reste animée et une multitude de véhicules attendent d'être pleins pour partir. On ne roule jamais en taxi brousse s'il reste une place de libre… l'attente peut être très longue parfois…car l'essence est trop chère (650F cfa/litre) pour effectuer le voyage à vide…


28/12/07
Je passe la journée de Noël dans le calme de ma case, la radio branchée sur fréquence jazz, pour toute compagnie. Je confectionne avec mon couteau suisse et de la colle à bois une " mini case " en contreplaqué recouverte de chaume et sur laquelle j'inscris A.A.D. et les projets. C'est, en fait une tirelire pour d'éventuels " toubabs " de passage à Saly qui souhaiteraient faire un don à l'AAD. Elle sera exposée chez un locataire de quads. Pourquoi ne pas rêver que l'aide puisse venir de l'Afrique aussi… car à ce jour il est difficile de convaincre … et d'obtenir de l'argent… certes il y a actuellement tant de sollicitations de toutes parts que les personnes en sont saturées… mais le comble se vérifie également, ce sont les gens les plus aisés qui refusent de donner.


29/12/07
L'année 2007 touche à son terme et je suis moi-même étonné de tout ce qui a pu arriver au cours des mois précédents. Malgré certaines difficultés je suis satisfait et heureux d'avoir entrepris toutes ces démarches au Sénégal. J'espère seulement que l'avenir me donnera encore l'occasion de poursuivre l'œuvre commencée. Certes cela dépendra de tous ceux qui m'ont fait confiance et qui m'épauleront encore pour faire grandir l'association.
Comme pour tout ce que l'on veut tenter il ne suffit pas de nos jours d'en avoir le désir ou la volonté mais il faut aussi les moyens….
La goutte d'eau dont j'ai parlé tout au début de mes projets s'est déjà transformée en petit ruisseau… et j'ai le sentiment et la conviction de pouvoir atteindre prochainement un petit affluent …


A l'an prochain


04/01/08
Je me retrouve au Sénégal pour la deuxième année consécutive pour commencer cette nouvelle année et rien ne présageait lors de mon 1er séjour en décembre 2006, une telle aventure.
Depuis lors, beaucoup d'évènements ont changé ma vie. A l'origine de tout cela, la rencontre avec un jeune sénégalais. A présent, je suis heureux de ce parcours car enrichi d'une expérience à laquelle je ne pensais pas un jour être l'auteur et l'acteur.
En ce début d'année après réflexions et concertations, je me préoccupe de trouver du terrain pour la culture maraîchère. Je vais l'attribuer à François NDiaye un habitant du Village de NDianda près de Joal. Ma rencontre avec cette famille très pauvre mais tout aussi attachante m'incite à entamer cette nouvelle action. Dans les détails, il s'agit de remettre un jardin en état de produire des légumes. L'oignon est apprécié et très employé dans la cuisine sénégalaise. On le retrouve partout. Ce sera donc ce légume qui sera semé et repiqué en premier. Le terrain est enrichi avec du fumier de cheval et les bouses de vaches. Ce nouvel exemple de coopération soutiendra cette famille et servira d'exemple.

A la croisée des chemins je rencontre un couple de toubabs et de notre discussion une autre idée est née. Il s'agit dans les faits d' apporter une aide tout aussi précieuse dans le domaine de la santé et en particulier aux personnes atteintes du paludisme.
J'apprends qu'une plante peut être utilisée contre le paludisme ; Il s'agit d'une espèce de la famille des Ambroises, " l'Artémisia Annua ". Les feuilles renferment une propriété antipaludique " l'Artemesine " qui est efficace contre plusieurs souches de parasites responsables du paludisme. C'est pourquoi je vais me renseigner pour trouver les graines et tenter l'expérience sur le sol sénégalais après autorisation .
Affaire à suivre…

retour vers le haut

.

Association loi 1901 - Siège social : 8 Rue Jean Catelas 84000 AVIGNON - FRANCE - N° d'agrément du JO 20070022
Tél : 04 90 87 02 65 - 06 81 36 27 72 - 00221 77 240 68 68 (Sénégal) Contact : aad84@neuf.fr

Partager