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Carnet de route du 22ème VOYAGE

 

Les mains vides au départ, je savais que la route serait longue avant d'arriver au but que nous nous étions fixés Abdou et moi, celui de construire ce que nous avons appelé par la suite " complexe sanitaire de Gouye Mouride ".
Nous étions cette nuit-là en 2008, sur le toit terrasse de l'ISEM. Nous étions même descendus pour griffonner sur le tableau noir des esquisses de plan de la construction.

Pourquoi tout ce temps passé sans avoir obtenu un résultat probant. J'ai déjà raconté certains événements dans mes carnets de route précédents. Voici une autre illustration qui montre combien il est difficile de progresser dans ce méandre politico-religieux… que le Sénégal affiche aujourd'hui encore. La volonté du président Maky Sall, de développer son pays, est certainement tangible mais les hommes de cette nation qui constituent l'ensemble de la structure administrative ou politique me paraissent si frileux et si lents dans leur démarche que tout semble immobile, englué dans des palabres qui n'en finissent pas. La pauvreté d'une grande partie de la société, apparaît au grand jour et malgré des efforts, rien ne laisse entrevoir un progrès certain. Comme dans le reste du monde, l'écart entre les nantis et les pauvres grandit, d'où un sentiment de fatalisme, d'abandon pour beaucoup d'entre eux qui ont du mal à rester debout...pour s'en sortir?
7 ans plus tard, si nous avons Abdou et moi encore le même désir d'aboutir et la même volonté de poursuivre malgré les obstacles c'est parce qu'une lueur d'espoir est toujours présente et que l'on s'y accroche.
Pour ma part, tant que cette lueur ne sera pas éteinte je poursuivrai…

Début avril j'avais pris l'initiative d'envoyer notre ami Cheikh Beye, pour tenter de décrocher cette fameuse garantie d'Etat auprès des autorités du Sénégal. En s'appuyant sur les chefs religieux nous espérons y parvenir; Malheureusement début juin aucune réponse positive ou négative ne m'est parvenue et le temps passé joue en notre défaveur. C'est pour cela que nous faisons Abdou et moi feu de tout bois.

Jeudi 9 juin. Je réussi avec l'appui d'une famille dont nous parrainons l'enfant à décrocher un rdv avec le Grand Marabout de Touba, chef religieux de Mourides. Nous partons à l'aube du 10 juin pour rejoindre Touba ville sainte du Sénégal. Nous arrivons à 11h environ à la porte de la maison du Marabout. Nous passons plus de huit heures d'antichambre en antichambre avant d'être reçu enfin vers 19h00 par le représentant direct du Gd Marabout lequel âgé de 91 ans, délègue ses pouvoirs à son fils (il a eu 23 enfants issus de trois épouses). La visite est assez courte (5 petites minutes) mais nous repartons avec le numéro de téléphone d'un avocat proche de la présidence qui nous recevra et surtout nous dira ce qui est possible ou pas de faire.

Le lendemain nous prenons contact avec l'avocat en question qui nous donne rdv à Dakar aux alentours de midi. Aussitôt nous repartons sur Dakar pour le rencontrer. C'est dans sa Mercedes grand standing (clim, radio trop forte à mon gout...) garée au bord du trottoir qui longe le lycée Kennedy à Dakar que nous le rencontrons. Cet entretien impromptu est des plus courtois. Cependant, après trois quarts d'heure de palabres, l'avocat nous fait comprendre qu'à ce jour, il nous sera très difficile d'obtenir cette fameuse garantie d'Etat. L'Etat sénégalais aurait signé avec la CEDEAO un engagement pour ne plus concéder de garantie d'Etat aux investisseurs qui en feraient la demande. Très déçus nous sommes rentrés à Mbour pour nous reposer un peu et prendre le temps de réfléchir sur la conduite à tenir.
Le samedi matin je contacte JCD. pour lui rendre compte. Devant cette opposition irrévocable de l'Etat sénégalais, Il est d'accord pour décider les banquiers à activer un investissement sans garantie d'Etat mais avec un nantissement sur du foncier par exemple, chose que nous pourrions peut être obtenir plus facilement. Donc nous nous remettons au travail pour décrocher le rdv avec les gens du ministère du développement et voir sur quel chapitre les bailleurs vont pouvoir investir. Si cela s'avère positif nous aurions alors notre part pour le complexe; voilà pourquoi j'y crois encore un peu...mais que c'est difficile.

Mercredi 15 juin :Après investigations pour taper à une bonne porte, nouveau aller-retour sur Dakar ; Nous partons Abdou et moi à l'aube de cette journée pour nous rendre à la Direction Générale PU (Pôle Urbain) pour nous renseigner sur les possibilités que nos bailleurs seraient en mesure de faire dans la zone de Diamniadio où le Président Maky Sall a décidé de construire une ville décentralisée avec tout ce que cela demande pour réaliser un tel projet.
" Habitats, commerces, écoles, lycées, fac, hôpitaux, banques etc….sont à construire.
La surface réservée pour ce projet pharaonique est de 1650hectares ; déjà lorsque nous traversons cette zone en empruntant l'autoroute qui mène à Dakar, de nombreuses grues pointent vers le ciel et de-ci de-là de grands bâtiments sortent de terre.

Un conseiller en communication de la DGPU nous reçoit dans un confortable bureau. Nous formulons rapidement les raisons de notre visite. Dans la foulée le conseiller nous invite à regarder les plans du futur Diamniadio qui ornent l'un des murs de la salle de conférence où il nous a conduits.
Ainsi informé, nous sommes rentrés à Mbour pour rendre compte aux Bailleurs et à présent que la balle est dans leur camp il n'y a plus qu'à attendre. Affaire à suivre

Dans ce contexte je me pose la question de savoir si nos enjeux vont dans la bonne direction compte tenu que le sénégalais lambda qui se débrouille pour survivre dans sa campagne n'en a cure de voir surgir de terre de tels bâtiments son souci est ailleurs …


Mardi 21 juin : la fête de la musique fut un temps celle de tous et aussi celle des Sénégalais qui se plaisent à danser au rythme des djembés ; ce n'est pas le cas aujourd'hui. Rien de musical au cours de cette nuit, mis à part les baïfals qui en ce temps de ramadan, chantent leur prière en quête d'une aumône.
Jeudi 30 juin : En attendant de nos bailleurs la suite du énième épisode, Il reste toujours un espoir mais j'avoue qu'il se réduit même si JCL me fait parvenir un courrier des arabes disant que l'on sera servi …mais quand…
inchallah seul le sait…

Je suis rentré le 8 juillet, manifestement un peu déçu par les circonstances de ce voyage. Les raisons furent multiples mais cette déception ne me contraint pas à abandonner, au contraire elle me pousse à poursuivre ce parcours avec détermination. Le comportement des hommes est et restera sur cette terre le problème majeur à dénouer. Il est très difficile pour ne pas dire impossible de vaincre l'égocentrisme que renferme chaque individu au profit d'une vie plus sociale et égalitaire.

Mais l'imprévisibilité, n'est-ce pas le piment de la vie ?

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