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logo CARNET de ROUTE - 4e Voyage - Mai 2008 - Juin 2008

villageois5

Mercredi 14 mai


La journée va peut être m'apporter la bonne nouvelle et savoir enfin si le conteneur est arrivé à bon port. C'est ce que j'espère car rien n'est moins sûr …sur le sol africain…
Cela fait deux semaines que je suis déjà arrivé et cependant je n'ai pas vu le temps passer.
Je me suis rendu déjà deux fois dans les petits villages où à présent ils ont l'habitude de me voir et j'ai pu ainsi soigner des plaies infectées et soulager les yeux des enfants et adultes avec un désinfectant ophtalmique que j'avais ramené de France sur le conseil d'un médecin.
Je m'occupe également de résoudre les soucis de N'Diaye et de son petit resto qui ne marche pas du tout comme il l'avait prévu. L'emplacement tout d'abord mais aussi la crise que traverse le pays sont certainement les raisons de l'échec. Le riz a pris 35% et le prix du repas est le même (600cfa moins d'un euro).


Alors que faire : soit on ferme, soit on déménage dans un endroit plus fréquenté qu'à Saly-Tapé et qui peut mieux fonctionner. Dans le premier cas la famille est au chomage et à nouveau à la rue puisque elle n'a aucun moyen de se payer les 23.000cfa/mois de la chambre qu'elle loue. La décision est prise ensemble et c'est dans un quartier de Mbour que nous décidons d'implanter une nouvelle structure. Le local trouvé assez rapidement est suffisant pour non seulement faire la restauration mais également pour y dormir sur place. Je négocie la remise en état des lieux qui servait d'entrepôts à foin. Peinture, eau et électricité sont le seuls investissements puisque tout le matériel a été déjà acheté. Je pense sincèrement que cette nouvelle chance peut être salutaire pour NDiaye et sa famille. Je la tente même si cela grève un peu plus le budget que je m'étais fixé.


La confirmation de l'arrivée du conteneur au port de Dakar vient de me parvenir et dès demain matin je pars pour entamer les démarches…

Jeudi 15 mai:


Départ 7h00, la route est relativement facile jusqu'à Rufisque, puis , ce sont les embouteillages quotidiens qui commencent. Nous atteignons le port à 11H30 les poumons bien remplis de gaz carbonique…
Six heures pas une de moins pour négocier avec le transitaire que l'on m'avait indiqué, le déchargement et le transport du conteneur vers Mbour. Coût 500€ environ pour l'ensemble Mais les affaires ne sont pas finies, car je n'ai pas obtenu pour autant le bon de sortie de la Douane.
Conseillé par un agent des douanes je me rends au ministère des finances pour obtenir l'exonération des taxes douanières puisque je travaille dans le cadre d'une association humanitaire. Si je n'obtiens pas ce certificat je ne pense pas pouvoir financer le prix du dédouanement qui peut aller jusqu'à 3000€..+ les pat chis Je n'hésite donc pas de m'y rendre.
Ma tenue vestimentaire, en teeshirt et short, ne m'autorise pas de franchir les portes du ministère. Je peux cependant faire parvenir une lettre que je suis allé taper rapidement sur un microordinateur d'un cyber. J'ai, après quelques heures… d'attente… la confirmation officielle qu'une réponse me parviendra. J'espère l'obtenir dans les 72h à venir car le conteneur doit être libéré 10 jours après son arrivée au port,( 24 mai maximum) faute de quoi la taxe de séjour sera appliquée (10€/j pendant 8 j puis 15€/j et ainsi de suite….).
Je passe sur certaines péripéties de cette longue journée qui remplirait un feuilleton, mais une d'entre elle mérite que je la cite :
Dans tous les va- et- vient que j'effectue dans Dakar je m'avise soudain que j'ai oublié sur le comptoir d'une photocopieuse de rue (car elle est en pleine rue) toute ma chemise contenant l'ensemble du dossier conteneur. Donc je n'ai plus rien avec moi pour justifier mes démarches et je perds tout ce qui constituait deux mois de travail c'est à dire le conteneur. Furieux je laisse éclater un gros mot digne de ce nom…et je descends du taxi car il était impossible de retourner dans la rue en sens unique. J'en oublie même de payer le chauffeur qui me traite de tout les noms d'oiseaux en "wolof",... pour courir vers cette photocopieuse distante de cinq à six cent mètres…
Arrivé prés du but mais essoufflé… je perçois le sourire moqueur du préposé qui l'avait mise à l'abri et qui me la tend … Après cette frayeur je peux m'attendre à tout…et même à poursuivre jusqu'à des heures indues, mes démarches.
En effet à 22heures je règle à une compagnie Saoudienne les dernières factures indispensables au déchargement du conteneur...En échange des barils de pétrole m'a-t-on dit " Doubaï " a le monopole du port de Dakar et c'est avec eux que l'on traite le débarquement. .. il n'y a plus de trace de compagnie française sur le port de Dakar….
La journée se termine vers de 1h30 du matin quand je rejoins mon lit…après un retour en brousse tout aussi encombré par une foule de gens, de taxi brousse, de vendeurs à la sauvette qui proposent de tout sur la route même à minuit passé ; quand je dis de tout, c'est vraiment de tout…j'ai pu ainsi mangé un chawarma à je ne sais quoi , des bananes et des noix d'acajou en apéritif…j'aurai pu acheter des vêtements de tous genres, des cartes de téléphones, des fruits , des montres de grandes marques évidemment…des œufs plus ou moins frais car la journée fut très chaude…sans parler que j'aurai pu donner une pièce à des centaines d'enfants ou d'adultes en quête d'un franc salvateur …mais que faire devant tant de misère…une fois que l'on à épuisé les pièces de monnaie disponibles. La route est encore longue avant de pouvoir obtenir ce conteneur et je dois rester vigilant si je veux poursuivre encore le chemin ensemble…


Aujourd'hui 17 mai


je n'ai toujours aucune autre nouvelle des douaniers et c'est normal puisque le samedi et le dimanche sont jours fériés comme en France ; aussi attendons lundi et peut être un jour de chance…
Demain je rencontre un jeune couple originaire de Toulouse et qui ont découvert l'AAD à travers internet. Ils m'invitent à leur table ; mon mouvement les a séduit et sensibilisé. Cela compense les manières désobligeantes à mon égard de " Toubabs fortunés " qui s'ennuient dans leur retraite dorée et qui passent le temps dans leur case super protégée à parler des autres. Ils cherchent entre autre chose et par tout les moyens , à savoir si je ne m'en mets pas plein les poches avec l'association que j'ai mise en place… (l'Afrique est grande mais ce monde là est bien petit…et si bas…que je ne trouve pas les mots pour les qualifier. Pour tout vous dire, ils ne connaissent même pas la brousse et les villages qui les entourent. Seul compte l'arrosage des pelouses et leur piscine et ils ferment leurs yeux pour ne pas voir les milliers de femmes qui puissent tous les jours l'eau par 12 mètres de fonds pour la transporter ensuite sur des centaines de mètres jusqu'à leur case pitoyable. ..
Je vous dis à bientôt pour d'autres nouvelles

Vendredi 23 mai

Le jour de mon anniversaire fut bien ce jour tant attendu…en effet la journée débute par un coup de fil du transitaire ; le conteneur doit me parvenir…avant la nuit.
L'attente fut cependant des plus longues et lorsqu'à 17h00 il me confirme sa sortie du port de Dakar, je suis confiant. Cependant peu de temps après, un nouvel appel me laisse à penser que tout n'est pas définitivement réglé avec les douaniers parasites…, ceux qui suivent l'acheminement jusqu'au point de livraison. Ils vont tenter à me prélever une fois encore soit de l'argent soit du matériel.
Vers 20h30, avec l'équipe que j'ai constituée pour le déchargement, (cinq personnes) j'attends au carrefour de Mbour et de Saly pour guider le camion jusqu'à destination. A son passage je saute dans la cabine, un Dodge monstrueux fumant et pétaradant à souhait qui avait dû servir au temps de la colonisation. Cependant j'ai bien derrière moi " Le Conteneur " que j'avais rempli à Avignon avec mes amis. J'éprouve un instant de fierté… et je suis heureux. J'en oublierai presque toutes les tracasseries et la fatigue des quinze derniers jours…
Mais, arrivé à destination, je constate que malgré leurs promesses, le conteneur a été ouvert à mon insu. Evidement le douanier qui l'accompagne me certifie mordicus que le plombage est d'origine…
Le désordre à l'intérieur est tel que j'en éprouve un sentiment de colère. ils (les douaniers) se sont servis sans délicatesse. Je peste mais je n'ai plus aucun recours ; ils me tiennent toujours à cause des vélos qui n'auraient jamais dû être là …
La deuxième surprise est qu'une autre équipe de douaniers et d'indics (ils vont de pairs) attendent leur part du gâteau… ils me réclament à nouveau de l'argent sinon je serai passible de taxe supplémentaire car la liste du conteneur n'est pas conforme…affirment t-ils. Ils me sortent un papier vrai ou faux et me font comprendre la suite par geste … C'est toujours le même discours bien rodé qu'ils utilisent...et je suis contraint de m'exécuter.
Je suis conscient que ce type de comportement a toujours existé mais quand on est concerné en premier chef il est très difficile de l'accepter. La corruption n'a pas de limite et se pratique sous toutes ses formes dans le monde entier que ce soit dans les pays développés ou dans les pays pauvres mais que faire…si ce n'est de poursuivre malgré tout du moment que l'honnêteté n'est plus de mise…
Résultat des 22 vélos expédiés, je n'en compte que 18 sans parler des Unités centrales, écrans et paquets divers… Cependant il y a de quoi faire avec tout ce qui reste et la suite me donne raison car le travail pour distribuer est démesuré et je sens bien que je ne pourrai pas tout accomplir avant mon retour en France.
Vers une heure du matin lorsque tout fut déchargé à la lueur de ma frontale pour toute source de lumière, nous trouvons un instant pour porter un toast à ce conteneur et à mon anniversaire ; ce fut un moment que je n'oublierai jamais…


Avec l'équipe je passe les journées de samedi et de dimanche à ranger, trier (7h00 à 19h00) avec une courte pause pour prendre le repas assis par terre autour d'un plat de riz et de poisson…et lorsque je rentre à vélo pour rejoindre ma case de Saly je pense que je me suis lancé dans une drôle d'aventure dont je suis loin encore d'en connaître la fin…
Ce fut le même programme toute la semaine, lever très tôt, couché à point d'heure, trier, distribuer, ranger à nouveau car le sénégalais n'a aucun sens du rangement et le merdier prend vite le dessus…;
Je suis de plus en plus sollicité mais grâce à l'intervention des personnes avec qui je travaille tout ce passe bien. Le bilan de ces premiers jours est encourageant et le plaisir de partager ces instants compense largement les efforts consentis. Nombreux sont ceux qui chantent en signe de remerciement des paroles improvisées où je perçois le nom de " ZO, ZO " à plusieurs reprise.
Les deux couples que j'ai embauchés remplissent parfaitement leur rôle. Je dois cependant faire attention au vocabulaire car le résultat de la conversation n'est pas parfois celui que je croyais. La signification des mots utilisés n'est pas la même pour eux qui parle un français peu académique.
Après ces huit premiers jours d'intense activité, je m'accorde le repos du dimanche et j'en profite pour vous écrire ces dernières nouvelles.
D'ici trois semaines avant mon retour, j'ai encore beaucoup à faire et cela ne me laisse pas trop de temps pour me " bronzer ", dommage, la température élevée de l'air comme de l'eau permettrait d'en profiter et de me détendre …
Une autre fois je j'espère, lorsque j'aurai réparé et remonté la pompe avec le matériel importé d'Orléans (Merci Claude et Chantal), visité les cinq établissements scolaires pour donner les livres et cahiers, inscrit pour l'année 2008/2009 les 14 enfants scolarisés par l'AAD, déménagé le petit resto de NDiaye à Mbour (les travaux sont presque finis), réparé le petit motoculteur destiné à François à Joal,… etc… etc…

Et dire que je connais des retraités qui s'ennuient…

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