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Dimanche 9 Nov. 2008,

Nouveau départ vers ce continent qui m'attire malgré les obstacles qui m'y attendent...

Combien de temps ferai-je l'aller retour vers l'Afrique? Cela dépendra de nombreux facteurs… tout simplement économiques… Je suis heureux de ce que j'ai entrepris depuis 24mois, avec l'aide de ceux qui m'ont soutenu dans cette démarche ;
un premier constat : mes actions humanitaires ne se poursuivront que si je suis soutenu financièrement ; autant je n'ai pas eu de soucis pour obtenir du matériel médicalisé ou autre autant les dons en espèces sont rares, dans tous les cas pas suffisants pour effectuer d'autres expéditions de conteneur…même la loterie des objets que j'avais ramené en juin n'a pas bien marché… 300€ tout au plus…or un conteneur coûte 3680€ de transport auquel on doit ajouter entre autre, le dédouanement et les pat chis…soit plus de 6000€.
Le vol jusqu'à Casablanca se déroule parfaitement. L'escale de cinq heures permet de me baigner dans l'ambiance africaine. Une majorité de personnes de couleur attendent comme moi le vol sur Dakar. Grâce à mon micro portable j'ouvre ce carnet de route dans l'immense salle de transit du nouveau aéroport de Casablanca baignée de soleil.
Je pense que dès le début de cette semaine, je m'attacherai en premier lieu à payer les frais de transport des enfants scolarisés que je n'ai pas effectué de France. Ensuite je rendrai visite à Abdoulaye pour lui parler du conteneur et de la marche à suivre pour le dédouanement, le transport et la distribution du matériel.
Aéroport de Dakar…23H30…Ils m'attendent envahis de joie à la sortie de l'aéroport, Manssour le taxi, Khadi et Pascal ; Ndiaye ne s'est pas déplacé à cause d'un malentendu (africain) … Le trajet, accompagné d'un incident mécanique (chauffe du moteur, malgré la nuit…) est parsemé de nombreux arrêts pour charger des personnes qui attendent un taxi brousse au bord de la route. Cela contribuera à payer un peu le gasoil toujours aussi cher (655f le litre). Enfin, à 2h30 du matin ils me déposent chez Chloé et Stéphan, mes amis belges qui me logent gracieusement jusqu'au 17 déc. date de leur arrivée. La case est sans dessus dessous mais je me trouve un drap et je sombre rapidement dans un sommeil récupérateur.
Le reste de la nuit passé, je me réveille dans une température printanière, bien différente de celle que j'ai quitté il y a moins de 24h.
Vers 13h00, je vais récupérer le VTT et la valise que j' avais laissé en instance chez un couple français, installé à Ngaparou. Je ne reconnais plus le gite, il n'est plus le même ; la végétation est luxuriante après l'hivernage. C'est d'autant plus agréable qu'une multitude d'oiseaux ont pris possession des lieux. Il fait doux et l'accueil est chaleureux.
Sous l'immense anacardier, nous partageons le repas préparé par Anta, leur fatou, à qui je donne des vêtements pour Khadidiatou sa fille de la part de la marraine qui l'aide dans sa scolarisation, ainsi que les photos prises lors de mon dernier séjour.
Un taxi brousse me mène vers 17h à Mbour pour retrouver Fama et Ndiaye. Je suis heureux, comme eux, de les retrouver. Je suis agréablement surpris par l'étalage des produits qu'ils vendent, je suis par contre déçu de voir déjà à quel point leur local est en mauvais état après les pluies de septembre. Peinture délabrée et saleté évidente me laissent une impression de gâchis après tous les efforts que j'avais fait en juin dernier pour rendre ces lieux agréables et fonctionnels. De plus je vois que ce commerce est une fois encore mal parti. Devant le resto stationnent des épaves de camions qui bloquent la vue et ne favorisent pas son développement. Durant les deux heures passées avec eux seules deux personnes sont venus acheter deux bricoles pour moins de 100cfa…je suis triste pour eux mais j'essaie de ne pas le montrer.
La journée du lundi ne fut pas finie pour autant car je donne rdv à Abdoulaye que je souhaitais rencontrer rapidement. Nous parlons longuement du conteneur et nous prenons déjà quelques dispositions. Je sais à cet instant que ce ne sera pas facile, mais pas perdu pour autant, en ce qui concerne le financement du transport et de tout le reste… A minuit sur la terrasse de l'école nous échafaudons même des plans pour agrandir son établissement…
Rentré en taxi brousse vers les 1h du matin je tombe de sommeil…sur le lit ….


Mercredi 12 nov. 2008


J'ai rencontré au collège de l'école Keur Madior Mariama, la secrétaire . Je dois y retourner pour payer les mensualités des 7 enfants scolarisés. Elle m'a rappelé son désir d'ouvrir des cours d'informatiques dans le local prés de chez elle où à présent l'électricité est placée. Je pense lui fournir trois micro-ordinateurs si le conteneur arrive dans de bonnes conditions pour remplacer ceux que je lui avais donnés et qui ne fonctionnent pas.
Concernant Khady et Pascal que je retrouve dans leur case, la période fut une catastrophe et son affaire de vente de fripes ne fonctionne pas . La recette rembourse à peine la location du local.
Seule satisfaction est la rencontre avec François avec qui je pense nous aurons gagné le pari, celui de relancer son activité de jardinier. Mardi prochain je pars avec lui dans son village proche de Joal pour quelques jours.
Je rencontre Youssouf. Je lui donne les cadeaux d'Hélène, marraine de leur fille Fanta. Je lui demande d'attendre vendredi pour les lui donner afin que je sois avec eux. J'irai chercher Fanta à la sortie de l'école pour lui faire la surprise et partagerai le repas de midi …


samedi 15 nov. 2008


Autant dire que la journée d'hier, vendredi, ne s'est pas passée comme je l'espérai. Le rendez vous à la sortie de l'école pour récupérer Fanta fut un échec. Dans les faits je n'ai pas trouvé Fanta au milieu des centaines d'enfants, tous habillés de leur blouse bleue. Prés de moi, une sexagénaire au moins…" blanche " embarque six enfants … dans une vieille 103… " blanche "…de toute évidence en surcharge…
Rapidement je me rends à vélo chez Youssouf qui récupère Fanta. Tout c'est bien fini et j'assiste à l'ouverture des cadeaux dans la joie de toute la famille.
Je prends des photos de ces instants heureux quand un coup de téléphone de Mansour dit " Jo le Taxi " m'apprends qu'un semi remorque transportant du ciment a défoncé lors d'une manœuvre notre camionnette en stationnement… C'est dire les conséquences désastreuses que cela va entrainer pour la distribution des colis du conteneur…je dois donc partir aussitôt … en vélo… après avoir englouti le Yassa poulet que Astou avait préparé. Trois quart d'heure en VTT sous le soleil encore brûlant et j'arrive en sueur sur les lieux de l'accident. Après une longue concertation avec les antagonistes, je dois me rendre à l'évidence: si je veux espérer une indemnisation de l'assurance, il me faut un constat soit de police soit d'huissier que je dois payer 30000cfa …ensuite faire un devis, réparer le véhicule à mes frais et attendre de longs mois pour me faire rembourser par l'assurance…
Vers 19h00 on remorque la camionnette vers le mécano ou du moins celui qui se prétend l'être…


dimanche 16 nov 2008


Sitôt lever, sitôt dans le bain. Je pars au rdv de " JO le taxi " pour évaluer les dégâts de l'accident.
Avec un devis de 900.000frs établi par le mécano, quelle somme l'assurance me remboursera t-elle ? En attendant je décide de commencer les réparations. J'espère récupérer le véhicule avant l'arrivée du conteneur. Je verse un acompte de 100.000f...
Pas très loin de là, vit la famille de Boubacar ; je profite pour leur dire bonjour et je rencontre la jeune fille qui m'a servi d'intermédiaire pour régler la scolarité de Boubacar avant mon retour. Ce dernier est ravi d'être scolarisé .
La surprise est grande de croiser à Mbour, Xavier et Marie, des amis Montpelliérains, alors que je me rendais chez l'huissier pour déposer les photos du véhicule accidenté et compléter le dossier…Nous partageons un thieboudienne chez la famille LÔ scolarisé par l'AAD.
Je me rends ensuite chez Ndiaye. J'analyse son livre de compte et constate une fois de plus les difficultés qu'il rencontre pour développer son entreprise. Je doute un peu sur le résultat à moyen terme…tellement son chiffre d'affaire est insuffisant. Les 15 derniers jours font apparaître un solde positif de 20000 frs seulement. Or le loyer à lui seul leur coute 80.000frs...
Je finis ma journée en visitant la famille d'Aïda pour me rendre compte de son travail scolaire. C'est encourageant compte tenu du milieu des plus modestes dont elle est issue.
Enfin je vois Youssouf à qui j'avais donné rdv pour lui procurer l'artémesia annua et quelques remèdes, car Fatou la petite sœur de Fanta est fiévreuse et elle peut être atteinte du paludisme d'après sa maman…


Mardi 18 nov. 2008


Je quitte Saly vers 8h00 pour la gare routière de Mbour et y prendre le taxi collectif (R21 des années 80 rempli de 7 personnes + chauffeur.) en direction de Joal. La brousse a changé d'apparence après l'hivernage. De hautes herbes, à présent presque sèches, envahissent la campagne. C'est pour l'instant l'abondance pour les bêtes à cornes qui broutent.
François Ndiaye me rejoint à Joal et nous reprenons la route vers NDianda après avoir chargé une pompe à pieds et acheté du poisson pour le repas de midi. Le village m'accueille avec toujours autant d'enthousiasme et nous filons vers le " jardin " après avoir partagé le thé avec sa belle famille. Arrivé sur les lieux, J'ai une bonne impression pour l'ensemble du travail réalisé même si les pluies ont éboulé deux des quatre puits qu'il faut rebâtir. Dans un espace de 100m2 environ les semis d'oignons sont prêts à être repiqués. J'estime l'ensemble du semis à 15000 à 20000 pieds.
Avec François nous évaluons le coût en main d'œuvre et nourriture des trois personnes qui vont désormais vivre et travailler sur place pendant cette période. (100.000frs environ). Nous prenons également des dispositions pour recreuser les puits effondrés et les cimenter ainsi que la construction de bassins de rétention pour faciliter l'arrosage.
Il fait chaud sous l'arbre et malgré la température élevée de l'eau que je transporte avec moi je me délecte avidement.
Le calme de cette brousse, entrecoupé par les chants d'oiseaux me fait priser cette nature sauvage. Je partage un autre thé avec un des gardiens. Je pense alors qu'une des tentes de toile qui se trouve dans le conteneur sera implantée ici pour faire abris.
Vers les 15H nous partageons le repas. Alors que j'attends le passage d'une voiture pour rentrer à la case, c'est dans celle d'un " curé " connu de François qui s'arrête pour me ramener à Joal, lieu de correspondance. Je rappelle que cette région est la seule du Sénégal qui pratique la religion catholique et représente 7 à 8% de la population. Le reste de la population est musulman.


Mercredi 19 nov.2008


Jour après jour, je reconduis mes démarches envers l'huissier, l'assureur et le directeur de l'IESM. La progression est très lente, au rythme africain…


Vendredi 21 nov.2008


D'un haut- parleur nasillard l'Imam appelle à la prière alors que je me trouve sur le toit terrasse de l'IESM. Il est 14h. Il fait très chaud à cette heure. Demain je rencontre un gradé de la gendarmerie avec Abdoulaye Directeur de l'IESM. Dans les faits, je m'entoure de personnes influentes pour m'aider dans mes démarches de dédouanements. Ce gendarme dirige le port de pêche de Dakar…il fait partie désormais de ceux qui peuvent m'aider…


Samedi 22 nov.2008


Rdv avec le jeune Boubacar devant l'hôtel de ville de Mbour pour lui procurer un livre de français, d'anglais, de dessin et de musique. Il suit les cours de 6°du collège de Keur Madior de Mbour. Après marchandage avec le " libraire de rue " j'achète l'ensemble pour 6800frs. (Prix de départ 11000frs).
Ensuite c'est l'attente chez l'huissier chez qui je me rends avec Mansour le chauffeur du trafic . Assis face au secrétaire j'assiste passivement à la mise en page du rapport. L'ordinateur n'est certes pas de la première génération et donc pas des plus rapides mais la frappe sur le clavier est quand à elle, très lente... Enfin, une heure plus tard, j'ai les papiers que je dépose chez l'assureur… la suite ne dépends plus de moi, c'est pourquoi j'insiste courtoisement pour que le remboursement ne s'éternise pas… In Shahla…un mois, deux mois et plus… sans aucun doute…
A 14H, après ma rencontre avec le gendarme (presque à l'heure fixée) et Abdoulaye le Directeur mon plus que Frère, comme il a coutume de dire, je partage le repas de riz et de poissons. J'apprécie nos échanges qui m'apprennent plus que tout …sur l'Afrique en général et le Sénégal en particulier
Je n'oublie pas cependant Adgi et sa famille qui m'ont convié à une fête de famille. La tradition veut qu'une fois par an la famille se réunisse pour célébrer les morts et les vivants…avec sono, chants et repas… J'ai une pensée pour Claude et Chantal d'Orléans qui parrainent cet enfant.
Je reçois deux informations importantes ; le conteneur accostera vers le 3 décembre et les papiers du transitaire demain 25 nov.par chrono poste à NGaparou ou je dispose de la Boite Postale d'un ami français…
La suite va être prenante je n'en doute pas …

Trois allers et retours de NGaparou à Mbour ont été nécessaires pour récupérer l'enveloppe précieuse en provenance du transitaire français. A présent les démarches commencent réellement. Dans quelques jours ou voire quelques semaines nous en serons davantage…mais l'attente sera sûrement longue.


Mercredi 03 déc 2008

Pour récupérer le conteneur, la Tabasqui, fête nationale par excellence pour les musulmans, s'avère être un obstacle à son déroulement. Je ne l'avais pas prévu, les conséquences seront grandes car le temps s'arrête ...pour cette célébration traditionnelle. Ce qui compte avant tout, c'est l'acquisition du mouton au prix de gros sacrifices. 60 à 70.000frs suivant la bête, ce qui représente le salaire mensuel d'un ouvrier… La fête est fixée au mardi 9, mais en réalité depuis samedi et jusqu'au jeudi suivant plus rien ne marche normalement si ce n'est le petit commerce et les taxis brousses ou collectifs remplis d'hommes et de femmes. Ils partent rejoindre leur famille, le mouton sur le toit…
Devant cette inertie passagère, je m'intéresse avec beaucoup d'intérêt au fonctionnement de l'école d'infirmiers (es) et je passe une grande partie de la journée avec le Directeur et ses adjoints. Non seulement nous parlons de ce conteneur, nous multiplions les appels et les rencontres avec les personnes qui doivent nous aider à le sortir du port de Dakar, mais nous dialoguons beaucoup de tout en général. J'apprends une multitude de choses avec Abdoulaye ; l'Afrique, le Sénégal et les Sénégalais. Les multiples facettes africaines jusqu'alors dissimulées se dévoilent petit à petit. De dix ans mon cadet cet homme manie la langue française avec intelligence et les réponses à mes questions entraînent autant de questions si bien que le temps n'a plus d'importance. Seul l'estomac nous rappelle à la réalité et le repas partagé est englouti avec rapidité même s'il est quasi équivalant à celui de la veille.
Les élèves infirmiers (es) sont soumis aux aléas des journées sénégalaises, le transport, le logement, le quotidien sans argent ou presque et malgré cela, toujours le sourire, le " Male Cum Salam " et le téléphone portable à la main pour ne pas montrer ces insuffisances…mais pour paraître comme tout le monde…équipé du fil qui relie les hommes…
L'enseignant de l'ISEM de MBour (Institut Supérieur d'Etudes Paramédicales) est docteur, infirmier d'état, ou pharmacien. Pour ce que je perçois ou que je lis sur les cahiers de notes des élèves je n'ai pas assez de références personnelles pour porter un jugement ou une appréciation sur le niveau des cours. Par contre je me rends compte du travail et des efforts des enseignants et des élèves qui ne disposent pas du matériel pédagogique nécessaire et indispensable à ce type d'enseignement.
Deux niveaux d'instruction : le premier intéresse les bacheliers ou ceux qui ont été en terminale ou en première. Ils peuvent prétendent à un diplôme d'état après examen. Le second concerne les élèves ayant le niveau de 3°ou l'équivalent du BEPC ; ils pourront obtenir un diplôme d'aide infirmier. Les cours sont entrecoupés de stages dans les hôpitaux ou cliniques pour la pratique. Difficile de dire quel enseignement ces élèves en retirent quand ont voit l'état des hôpitaux ou dispensaires…Pour m'en être rendu compte, l'hygiène et la propreté n'est pas la priorité des sénégalais…même si, en général et surtout le vendredi, jour de prières des musulmans, les Sénégalais paraissent des plus soignés… A la campagne comme à la ville, la saleté transpire de toute part… Les Villes telles que Mbour, Kaolack, Rufisque ou Thiès que je parcours fréquemment ressemblent plus à une poubelle qu'à une cité digne de ce nom. Tout ce qui gène est jeté à même le sol sans précaution pas davantage d'ailleurs pour se moucher ou cracher …
5 décembre.
14h de l'après midi, la batteuse à mil, entraînée par un moteur deux temps pétaradant et fumant toute son huile, s'arrête enfin et laisse place au bruit familier de la nature. Depuis l'aube elle tournait sans cesse. La poussière des grains battus est balayée par la brise et les hommes jusqu'alors cagoulés pour s'en protéger, se désaltèrent avidement avec l'eau du bidon plastique.
Une heure de silence pour s'alimenter d'un frugal riz blanc au poisson et fermer les yeux en guise de sieste sous un immense baobab mort depuis longtemps. Je partage le repas avec François qui m'a convié à la première récolte de son champ de Mil. 180 gerbes au total représentant une tonne et demi de graines de mil. De quoi nourrir la famille nombreuse et en vendre pour la récolte prochaine. Je mesure l'écart qui sépare nos civilisations. Un siècle voire plus de retard mais l'ingéniosité des africains fait le reste. J'en ai pour preuve lorsque, après le repas, malgré de multiples efforts le moteur refuse de redémarrer, Qu'à cela ne tienne, le moteur est entièrement démonté. Les segments ne font plus offices et la bielle a un tel jeu qu'il est nécessaire de trouver les bagues pour une réparation efficace. Un allé retour à Joal distant d'une dizaine de kilomètres et trois heures d'intervention suffisent pour entendre à nouveau le moteur tourner. Un véritable exploit quand on voit comment la réparation fut réalisée…
Sur le terrain sablonneux semé de coquillages et parsemé de tamarins, les gerbes de mil de toute la région de Joal sont entreposées en attendant la batteuse. Deux bons mois de travail seront nécessaires pour accomplir cette tâche. Principale activité de ces agriculteurs, ils attendront l'hivernage prochain pour travailler à nouveau cette terre où rien d'autre ne pousse par manque d'eau et de moyen. Cette eau n' est pourtant pas des plus profondes mais faut-il encore avoir le courage de creuser les puits qui se referment dès que la saison des pluies arrive. Manque de moyens suremment, manque de volonté peut-être, dans tout les cas actuellement les surfaces cultivées ou cultivables ne sont pas suffisantes pour nourrir la population.
Je repars avant que le soleil ne se couche. J'ai dans le meilleur des cas, deux heures de trajet…Malgré la panne mécanique, la journée fut bonne et François est satisfait de sa récolte…n'est ce pas là l'essentiel…
Le même jour à 22H, l'assureur du Renault trafic m'appelle. Il faut une fois encore me rendre à l'évidence, le Sénégal n'a pas fini de me surprendre et j'ai le sentiment de ne pas être arrivé au bout de mes surprises. Il m'apprend que les photos numérisées prises lors de l'accident ne sont pas conformes et que je dois lui fournir un croquis de l'huissier... Concrètement, en lisant entre les mots, je comprends qu'il se passera beaucoup de temps avant d'être remboursé, si je dois l'être un jour…Ce contre-temps doit me faire réfléchir sur la conduite à tenir avant l'arrivée du conteneur et la distribution du matériel et des colis…car je ne dispose plus du Trafic…


Mardi 9 déc 2008


J'ai enfin trouvé un taxi disposé à me conduire à Thiès pour passer la journée de la Tabasqui chez Aboulaye. Une petite heure de route, une crevaison et je retrouve Thiès dans l'effervescence, en pleine préparation de la Tabasqui.
Abdou, comme j'ai coutume à présent de l'appeler, a deux épouses qui vivent dans deux maisons distantes d'un km environ. Nous rendons visite aux deux femmes. Ensuite j'assiste assis sous le manguier au sacrifice des quatre moutons nécessaires à nourrir toute la famille réunie à cette occasion. Alors que nous parlons à bâton rompu Abdou et moi, la Maman, les frères et sœurs, demi-frères, épouses et enfants, cousins et j'en passe s'affairent à la préparation de ce repas, Egorgé, dépecé, coupé en morceau, le mouton est cuit sur la braise pour les côtelettes ou dans la marmite chauffée au bois tandis que dans un coin de la cour deux garçons nettoient les tripes et les enroulent pour en constituer une sorte de tortillas. Les voisins, Hommes, font la tournée des maisons en signes de pardon et récitent les salamalecs d'usages. Dans les faits ce repas occupe la famille une grande partie de la journée et ce n'est que vers 17h00 après que chacun ait mangé sa part de mouton que les hommes et les femmes se revêtent des nouveaux boubous flambant neufs pour se promener ou rendre visite aux amis. La lumière fait défaut et la nuit tombe rapidement et je ne perçois pas toutes ces tenues hautes en couleurs.
Même accoutumé à présent au transport de nuit en taxi de brousse, le voyage retour m'impressionne. La vitesse est vraiment excessive pour ces véhicules agonisants…
Vers 22 heures je retrouve avec bonheur la case de Saly.


Jeudi 18 déc 2008


Malheureusement je suis toujours sans conteneur et le temps passe…Les difficultés résident dans l'obtention du certificat d'exonération de la douane que le ministère des finances devrait me fournir. Les contacts multiples n'ont pas abouti mais je reste confiant …car j'ai appris par téléphone qu'un avis favorable avait été prononcé. J'espère que ce n'est pas un poisson d'avril…
Malgré cela, je n'abandonne pas et je poursuis ma route comme je l'ai tracée.
Une bonne santé m'accompagne dans mes efforts; n'est ce pas l'essentiel ?


Le 3 janvier 2009 sera le jour tant attendu ; le conteneur franchi les derniers hectomètres de la piste pour son déchargement. C'est un grand pas qui vient d'être franchi. On en oublie toutes les tracasseries et les pertes de temps…le temps est à présent à la distribution….

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