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logo CARNET de ROUTE - 7ème Voyage - DEC 2009 - MARS 2010

materiel_1 dispensaire

Samedi 12/12/ 2009


Je foule le sol Sénégalais comme si c'était hier même après cinq mois d'absence.
Je m'approche de la sortie de l'aéroport après les formalités d'usages, quelques mots de Wolof me permettent à présent de me soustraire de tous ces gens qui offre leur service (taxi, porteurs, guides etc…). Abdoulaye Yade, directeur de l'ISEM et cofondateur du dispensaire et son fils Djibi m'interpellent alors que la pénombre ne me permet pas de les voir au milieu de tous ces visages noirs...


Joie des retrouvailles qui contraste avec le départ précédent où nous nous étions quittés avec précipitation et regrets …
Le voyage en voiture d'une heure trente pour rejoindre la case ne suffit pas pour évoquer les souvenirs. Vers quatre heures du matin je m'allonge dans les draps que Binta la femme de ménage de mes amis Belges a préparés pour mon retour. La case m'est prêtée jusqu'à leur retour le 18 décembre. Plus tard on envisagera où se loger…
J'ai récupéré le VTT et la valise laissée en consigne chez des amis Toubab et je retrouve la circulation des véhicules en tous genres. Je suis vite dans l'ambiance de l'école, des cours et des salamalékocums aux multiples visages connus ou nouveaux.
Abdoulaye me brosse un compte rendu sur l'établissement qui a gagné un poste de Directeur des études en la personne de Mr Ba. Ainsi déchargé de ce travail Abdoulaye peut se consacrer davantage à l'ouverture prochaine du dispensaire. L'arrivée du conteneur nous en rend tributaire.
Dans l'après midi nous nous rendons au futur dispensaire. Ma surprise est de taille même si j'avais vu des photos car l'espace est vaste et lumineux et bien agencé pour en faire un bon outil de travail.


La première semaine est passée en coup de vent ; et avant la réception du conteneur prévu le 26 et non plus le 23 je dispose du temps nécessaire pour établir les nombreuses autorisations de sortie aidé il est vrai par les connaissances déjà en place depuis l'an passé.

Samedi 19/12/09

J'ai quitté la case des amis belges arrivés hier pour occuper une chambre tout prés de l'Ecole de l'ISEM à Mbour. Je viens de passer ma première nuit.
Mis à part le chant du coq sous ma fenêtre qui chantait à tue tête alors qu'il n'était pas 1 heure du matin…
Mis à part les trois moutons sur la terrasse qui gambadaient et frappaient de leurs sabots le sol à faire vibrer le plafond de la chambre…
Mis à part les chants nocturnes africains rythmés par les " djembés "…
Mis à part l'appel à la prière des Imans alors que cinq heures n'avaient pas encore sonné…
Mis à part quelques moustiques infiltrés je ne sais comment sous la moustiquaire…
Mis à part cela, ce fut une nuit comme on ne les aime pas mais que l'on passe faute de mieux…
J'ai pensé à toute la famille…à LM qui peut être était déjà levé alors que je n'avais pas encore fermé l'œil…
La date du débarquement approche et c'est pour cela que nous nous activons à finir les travaux du futur dispensaire. L'électricité est quasiment terminée. Seul soucis, les coupures fréquentes de courant. Mais pour l'instant, nos moyens ne nous permettent pas d'acheter un groupe électrogène.
J'envisage de déposer une partie des colis dans le garage. J'ai posé sur le sol les cartons vides du conteneur précédent et recouvert d'un tapis plastifié bon marché mais peu solide. Je limiterai cependant les inconvénients du sable lorsqu'un objet y tombe dedans.
Reste quelques retouches de peinture sur les boiseries extérieures abîmées par les intempéries et les termites. Demain j'irai chercher une lasure …chinoise…car tout est de plus en plus chinois et sans valeur…Elle tiendra le temps de quelques…. je n'ose le dire…

Dimanche 21 12 09

Je vous ai quitté tard dans la nuit en pensant que la fête de famille (nombreuse) avoisinant ma chambre prendrait fin pas trop tard dans la nuit pour m'endormir mais à mon grand regret elle dura jusqu'au matin. Le haut parleur nasillard s'est enfin essoufflé vers les 8h00. C'est ainsi que je passais deux nuits d'affilée sans vraiment avoir dormi.
Il faut vivre ces moments présents pour comprendre et apprécier l'Afrique et ses "hommes " que je continue de découvrir jour après jour. Ce constat m'amène directement à cette réflexion : Pourquoi les hommes n'obéissent pas à une logique comme le font les animaux… ? je ne peux pas répondre en quelques phrases à cette question mais cela mérite d'y réfléchir tout en sachant que ce monde ne changera pas dans ces propres contradictions.
Ici plus qu'ailleurs le poids des religions musulmanes (plus de dix communautés musulmanes différentes sont réparties sur le territoire sénégalais) joue un grand rôle, celui en particulier du maintien des traditions mais aussi de l'asservissement du peuple. Autour de ma chambre, pas moins de cinq mosquées sur cinq cent mètres carrés environ élèvent leur minaret, pas moins de cinq hauts parleurs diffusent nuit et jour ainsi autant d'invitations à la prière ; Ils se prosternent certes pour implorer leur Dieu à la miséricorde mais ils se relèvent après avoir été blanchis de leurs péchés pour répéter aussitôt les mêmes erreurs ….Ainsi va la vie …

jeudi 31 décembre 2009 22h00

Qui aurait pensé que vingt et un jours après sont chargement à Avignon, le conteneur serait rendu à destination et déchargé. Pas moi dans tout les cas qui était passé deux fois par de nombreuses difficultés plus imprévisibles les unes que les autres.
Et pourtant, à huit heures ce matin 31 décembre, le semi-remorque et son précieux chargement pointe son nez sur la piste qui mène au dispensaire.
Cependant, ce que nous redoutions Abdoulaye et moi même arrive et par trois fois le camion s'ensable jusqu'aux essieux ; quatre heures d'efforts sous un soleil brûlant sont nécessaires pour le tirer de son trou. A 13h00 enfin je descelle le plomb resté vierge de toute visite intempestive et avec l'aide de l'équipe constituée nous commençons le déchargement. Tout le travail en amont pour un rangement fonctionnel des 400 colis et de tout le matériel médical se passe comme prévu.
Vers 16 heures nous prenons enfin notre repas réunis autour du tiboudienne et récupérons de tous nos efforts dans la bonne humeur. La tasse de thé a une saveur particulière et je ne peux pas m'empêcher alors d'avoir une pensée particulière pour vous tous qui m'avaient aidé en France à remplir pour la troisième fois ce "conteneur ".
Je vous retourne dès à présent et avec beaucoup de plaisir, les " jërëjëf " des Sénégalais qui m'ont remercié et j'ajoute aux miens tous mes vœux pour cette nouvelle année.
A bientôt…

Dimanche 10 janvier 2010

Les surprises continuent ...pas toutes agréables…
Hier samedi j'invite M. Diop, le pharmacien qui donne des cours à l'ISEM, à visiter le futur dispensaire.
Ma surprise est alors grande de constater la disparition du microscope rangé précieusement dans l'armoire où est entreposé tout le matériel du futur labo.
Je n'en crois pas mes yeux et pourtant je me rends à l'évidence : cette disparition est réelle. Il n'y a pas d'infraction et après reconstitution de l'emploi du temps des personnes ayant pénétré dans les locaux, nos soupçons se portent sur le gardien qui était seul pendant la nuit. Mais comment le prouver …. Une chance cependant, 12 heures seulement se sont écoulées avant de s'apercevoir du vol et donc très peu de personnes ont eu accès pendant tout ce temps au dispensaire.
Vers 21h je me rends au commissariat déposer la plainte ; Ce coup de massue me laisse quelques traces et je me pose beaucoup de questions quand à la suite à donner. Comment faut- il poursuivre cette tâche où tout déjà est difficile à faire quotidiennement, sans se décourager par de tels actes ?
Par principe je ne baisse pas les bras mais c'est avec une certaine abnégation que je décide d'aller jusqu'au bout du projet. " Demain " sera un autre jour…

La date d'ouverture du dispensaire est fixée au 2 février, je crains cependant de devoir patienter quelques jours encore car malgré les apparences il reste beaucoup à faire et surtout nous n'avons pas encore trouvé l'infirmier qui dirigera les consultations et les soins; La démarche n'est pas si simple que cela puisse paraître…les charlatans foisonnent et nous devons nous appuyer sur quelqu'un de sûr et d'intègre, ce qui dans ce pays où la corruption est reine, n'est pas évident à découvrir.
Malgré ce, Les travaux indispensables pour un bon déroulement des opérations se poursuivent sans oublier la distribution des nombreux colis préparés aux familles connues ou inconnues.
Grâce au poste à souder prêté par mes amis français, je constitue des bancs (au nombre de six) avec quatre chaises reliées entre elles avec de la cornière et du fer plat ; Il est plus difficile d'embarquer subrepticement un banc qu'une chaise isolée… ensuite je pose un lavabo pour la salle de consultation avec une réserve d'eau sur le toit qui l'alimentera par gravité. Etc…
Ce travail manuel est entrecoupé au rythme des visites des uns et des autres et des réflexions que nous échangeons avec Abdoulaye sur la conduite à tenir au fonctionnement du futur dispensaire;
Nous parlons du circuit du malade, des tickets de prise en charge, des consommables, des remèdes et du personnel qualifié et à responsabiliser…un roman ne suffirait pas…car en plus de tous ces préparatifs il y a l'école d'infirmières qui tourne à plein régime… des stages… etc…et dont Abdoulaye a la charge.

Dimanche 17 janv.-10

Avant de rejoindre mes amis J.M et Domi de Ngaparou pour passer quelques heures de détente, j'emprunte la route de Joal à l'opposé de ma destination finale. Les quarante kms allerretour me font un bon entrainement…
Je désire rencontrer le gardien qui fait figure du coupable idéal malgré ses apparences de parfait musulman ; La chance me sourit car sa femme et ses sept enfants sont seulement présents ; ils m'accueillent comme si de rien était ; je suppose que leur papa ne leur a rien dit de l'affaire nous concernant ; je profite de cette absence pour sortir mon appareil photo et tout en jouant avec les enfants qui ne souhaitent qu'une chose, être pris en photo ; je me rends compte que dans l'unique pièce minable qui sert de chambre , au milieu d'un fouillis immonde et sale , se trouve un petit lit pliant que j'avais emmené dans le conteneur précédent et qui avait disparu de l'ISEM. Fort de cette constatation je suis reparti sans attendre l'homme mais avec la ferme résolution d'emmener la police à faire une perquisition officielle.
Ce fut fait le vendredi 22 en ma présence, et la découverte de nombreux objets sans grande valeur certes, confirme que l'homme vole l'ISEM dont il est chargé d'en assurer la garde…La police alors n'a pas trop de mal à le confondre et une demi heure après l'interrogatoire il nous avoue son forfait ; le microscope a été volé et vendu pour 175000 frs à un receleur lequel l'a revendu à un Libano/Syrien propriétaire d'un Laboratoire à Dakar. Tout ce monde au nombre de quatre est embarqué le lendemain matin samedi et la confrontation a lieu ce jour même dans les locaux de la police de Mbour.
Dans une pièce de 9m2 environ du commissariat où le ménage n'a pas été fait depuis le siècle dernier… j'écoute debout sans toujours comprendre les intervenants mais je regarde surtout le microscope qui trône sur le bureau où s'entassent des centaines de dossiers qui n'auront peut être pas l'heureux déroulement que je viens de vivre.…
" Demain " fut en effet un autre jour…

dimanche 24 janvier 2010

Après toutes ces émotions Je vais prendre quelques heures de détente chez mes amis français…

dimanche 7 février 2010

Malgré la pression des familles concernées par le vol du microscope pour que la plainte soit retirée, nous souhaitons Abdoulaye et moi-même que la justice continue son travail (même si la corruption des magistrats est fort probable ici plus qu'ailleurs)…
Ce fut certainement le cas ; à l'audience publique du 3 fév. le tribunal condamne le minable voleur sans ressource à deux ans de prison dont deux mois fermes, mais on n'a même pas entendu parler des receleurs et le libanais accompagné de sa horde d'avocats véreux est reparti libre…
Toutes ces heures consacrées à cette affaire nous ont retardés dans le déroulement du programme d'ouverture du dispensaire. Mais rien de dramatique puisque à présent le matériel est à nouveau opérationnel.
Nous avons trouvé à présent le personnel, de l'infirmier à la femme de ménage ; quant au gardien, nous nous arrangeons " en famille " en attendant de trouver l'homme qui conviendra…
Et dire qu'il y a un an à peine j' évoquais cette éventualité… joindre un dispensaire à l'école d'infirmières pour en faire non seulement un centre de soins mais également un centre d'apprentissage… à présent que nous atteignons le but nous mesurons mieux le chemin parcouru…en si peu de temps et de moyens : des premiers transports effectués pour la récupération du matériel… à la destination finale… en passant par toute les démarches administratives imposées. L'inauguration se fera sans tambour ni trompette car en plus des superstitions il y a la jalousie et nous sommes en Afrique où ces deux facteurs jouent un rôle essentiel et notre culture européenne ne soupçonne pas le potentiel que cela représente…
La suite de cette entreprise ne m'appartient presque plus, elle est entre leurs mains mais je sais au fond de moi-même que le maximum des efforts a été fait pour que cela fonctionne. Abdou et son équipe ont un challenge à relever pour pérenniser cette œuvre ; Même si je dois être confiant en l'avenir je sais, ici plus qu'ailleurs, que rien n'est acquis par avance et que de nombreux obstacles devront inévitablement être franchis jour après jour. La période qui me reste avant mon retour, environ un mois, va servir à aider les personnes dans la gestion quotidienne et à moyen terme ; Le programme informatique de comptabilité mis en place sera un élément prépondérant et le prévisionnel leur servira de base.
Dans quelques temps nous aurons un élément de réponse ; je souhaite qu'il soit positif

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