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logo CARNET de ROUTE - 8 ème Voyage - Mai 2010 - Juillet 2010

prévu en ambulance mais jamais terminé.....

ambulance

Vendredi 28 mai 2010


13h30. La photo souvenir avec Roland et Hélène, les embrassades, le signe de la main à travers la fenêtre de l'ambulance, et nous voilà partis Jean-Michel, Tango son chien et moi-même pour rejoindre Sète, port d'embarquement pour Tanger et franchir les 5500kms qui nous séparent du Sénégal.
Nous sommes largement en avance pour nous balader dans Sète en attendant l'heure de l'embarquement prévu à 17h00, sans compter qu'un retard de 3heures nous est annoncé.
Les formalités policières et douanières françaises ne nous posent aucun problème. 400 véhicules environ en majorité de vieux utilitaires, chargés au-delà du raisonnable à l'intérieur et tout autant sur la galerie, sont rangés dans la soute du Bateau. Nous constatons avec JM que nous sommes les deux seuls européens. Nous sommes dans l'ambiance du Maroc…me dit Jean-Michel. Nous prenons place dans la cabine avec deux autres marocains dont l'un est particulièrement grand et fort. Je ne peux pas m'empêcher de penser que la nuit risque d'être perturbée et mêlée de ronflements. Je ne me suis pas trompé. Je dois intervenir plusieurs fois au cours de la nuit pour stopper l'homme dans son élan et tandis que son compagnon de voyage en fait de même en arabe je comprends à demi-mot qu'il n'est pas content d'avoir été ainsi réveillé…

Samedi 29 mai 2010

Il est 7heures, lorsque je pénètre sur le pont supérieur pour admirer la grande bleue ; pas âme qui vive, l'endroit est parfait pour évader mon esprit et me projeter au lendemain comme j'aime souvent le faire.
A l'abri de la brise marine, sur une chaise longue je prolonge le bain de soleil avec Jean-Michel et Tango qui est tout heureux de sortir de sa niche. Le reste de la journée se passe en alternance sur le pont et le salon où nous regardons un film grâce à l'ordinateur de J.M. Une bière bien fraîche viendra clôturer cette journée…Nous sommes tout heureux de porter un toast au voyage…

Dimanche 30 mai 2010

Levés vers 7h : nous apprenons que le retard du bateau à l'arrivée est portée à quatre heures environ. Il est probable que l'étape de 600Kms que nous avons envisagée, sera plus courte. Tout dépendra du zèle des douaniers…si peu différents d'un pays à l'autre….et dont je conserve des mauvais souvenirs pas si lointains pour les avoir tous oubliés…
15h, nous débarquons en fait avec 6h de retard mais fiers de franchir le contrôle de police sans problème. Notre joie est de courte durée ; après avoir passé ce premier obstacle, nous tombons sur celui des douaniers qui nous font ranger notre ambulance sur le côté d'un hangar, en plein soleil, en nous demandant de bien vouloir attendre...
La totalité des véhicules utilitaires et la grande majorité des voitures débarquées sont rangés dans d'immenses hangars pour un contrôle douanier plus ou moins farfelu et arbitraire et qui souvent se clôture par un billet glissé à la sauvette dans la main du douanier ; j'ai même était témoin d'un geste insolite mais révélateur du système corrompu qui sévit ici comme ailleurs ; un inspecteur en civil prends subrepticement un paquet de mouchoir en papier dans lequel l'individu contrôlé avait, a ma vue, glissé des billets…
Trois heures se sont écoulées avant que l'on veuille s'occuper de nous. Au final on nous dit que l'ambulance ne peut pas sortir du port sans une caution morale en provenance de la France ou bien en payant une consignation dont le montant est fixée par l'inspection des douanes située en ville mais fermée aujourd'hui dimanche. Malgré mes dires, mes supplications mêlées " d'humanitaires " mes allées et venue auprès de l'inspecteur qui était parti vers l'autre port distant de quelques kms et que je rejoins à pied…pour tenter une négociation… il a fallu nous rendre à l'évidence, nous partons Jean-Michel et moi-même en laissant l'ambulance en fourrière, ainsi que le chien, sac à dos pour trouver une chambre à Tanger. Le livre du routard m'indique des adresses d'hôtels et c'est dans l'un d'eux que nous nous installons non sans se poser de multiples questions. En premier qui joindre pour débloquer la situation mal engagée. …Le consulat…l'ambassade… ?

Lundi 31 mai 2010

Sitôt levés nous rejoignons le consulat qui ouvre à 9h et non à 8h30 comme le précise le " Routard ". Peu enclin à nous renseigner et à nous apporter l'aide attendue, le représentant du consul nous annonce que la caution dite morale n'est plus accordée pour ce type de matériel en transit et que nous pouvons téléphoner à l'ambassade à Rabat pour nous renseigner même si, nous dit-il, nous avons peu de chance de l'obtenir. La réponse entendue au téléphone confirme nos craintes et notre seul recours reste la direction des douanes que je rencontre dans la foulée pour connaitre le montant de la consignation.
De surprise en surprise et pour des raisons visiblement farfelues pour moi mais précises pour les autorités en question, je n'obtiens aucune concession ni cadeau même de la part du directeur de ce bureau des douanes que je rencontre en dernier recours. Pire, il ne s'intéresse vraiment pas au côté humanitaire de cette opération et il confirme par écrit sur le bon de mise en fourrière que je dois m'acquitter du montant de la consignation. A ma question " à combien la taxe s'élève t- elle ?" la réponse est : nous devons faire évaluer la valeur de l'ambulance par les services intéressés et ce service est à Rabat.
- Puis-je avoir cependant une idée de son montant, une fourchette… ? Exorbitante ose t-il me dire et il faudra y ajouter le matériel transporté.
Un nouveau rdv est prévu demain…pour être informé de son montant.
Je retrouve Jean-Mi et Tango dans la rue qui m'attendaient, le chien est interdit dans tous les établissements publics ;
Nous décidons d'écrire un courrier à l'ambassadeur de France à Rabat. Nous le rédigeons dans un Cyber avant de rentrer bredouilles et dépités à l'hôtel... mais non sans avoir mangé un tagine excellent et bu un thé menthe…
Nous passerons donc une deuxième nuit à Tanger ; il fait beau et malgré la déception qui nous envahi nous déambulons détendus dans les ruelles étroites de la médina ; la vie débordante y règne et le contraste est grand car les marocains sont des plus accueillants. Les odeurs d'épices mélangées à celles des fumées des petits barbecues sont si alléchantes que nous ne résistons pas à manger une brochette.
Si on exclut les incohérences des douaniers corrompus, l'absence totale d'aide des autorités françaises à l'étranger et si on accepte qu'un véhicule dit utilitaire pouvant apporter une aide précieuse pour les plus déshérités de cette terre et de surcroît en transit soit immobilisé parce qu'il porte le nom " d'ambulance " alors la vie peut sembler belle. Mais ce n'est pas le cas. Comment oublier, tous les efforts des membres de l'association qui m'ont soutenu dans ce projet. Comment surtout oublier à qui et à quoi est destiné le véhicule et les espoirs qu'elle a engendrés. Pour toutes ces raisons je me dois de réagir encore.

Mardi 1 juin 2010

Donc, malgré tous les échecs de la veille, je réitère les mêmes démarches. Cela nous demande de multiples déplacements dans Tanger et de nombreux coups de téléphone. Mais au soir de ce troisième jour, c'est avec beaucoup d'amertume mêlé de dégout que je me couche. Je prendrai la décision de rester encore ou de rentrer en France demain après un dernier recours aux douanes qui n'ont pas pu ou voulu me donner encore ce jour le montant de la taxe.

Mercredi 2 juin 2010

Je me rends une dernière fois à la direction des douanes. J'insiste auprès d'un inspecteur que je rencontre pour la quatrième fois en trois jours pour qu'il m'indique enfin le montant de la taxe de consignation. Le chiffre qu'il calcule sera approximatif me dit-il car la messagerie de son ordinateur est en panne et il ne dispose pas d'autres moyens pour avoir la réponse à ma question. Cela doit se situer, me dit il enfin, aux alentours de 65000 dyrams soit 6500€ environ, sans compter la prise en compte du matériel transporté. Devant l'annonce d'un tel chiffre, je n'ai d'autre ressource que de me résigner et d'entamer les démarches pour reprendre le bateau vers la France et de rentrer.
Mais, pour être également convaincu que les autorités françaises à l'étranger se servent de nos impôts pour paraître mais surtout pas pour aider les intérêts du particulier que je suis, je retourne une fois encore au consulat. Cette ultime démarche confirme leur impuissance malgré mon insistance.
En dernier recours, je rentre en contact avec Abdoulaye pour l'informer. Lui-même appelle le consul du Sénégal au Maroc ; là encore et malgré également mon appel auprès d'eux c'est le même constat : on ne peut rien obtenir…
Devant autant d'absurdité, je suis amer et je dis avec insistance qu'il est regrettable d'être le témoin de tant de stupidités. Il n'y a rien d'étonnant qu'avec de tels comportements le monde de la haine et de la corruption se développe au lieu de régresser …tous pourris ….
La fin de la journée est consacrée au retour de JM et de Tango vers le Sénégal. La surprise est grande quand il apprend que le chien est interdit dans l'avion de Casablanca et également dans le train. D'autre part nous ne trouvons pas de cage pour le transport. Il se décide contraint et forcé de prendre avec moi le bateau et de rejoindre le Sénégal au départ de la France

J'ajoute l' image ci dessous, prise à notre arrivée au Maroc où nous attendions que les douaniers marocains veuillent bien s'occuper de notre sort. Elle illustre leur comportement et suffit à elle seule pour montrer l'Hypocrisie de leur administration qui ose afficher cette banderole à l'endroit même où les ressortissants étrangers sont fouillés.

Merci le Maroc...et Mohammed V...

je n'ai qu'une envie ...c'est celle de faire parvenir ce carnet de route...à sa Majesté...si soucieuse des étrangers qui oeuvrent pour une humanité plus juste... plus fraternelle...et plus solidaire...

fondation

Jeudi 3 juin 2010

Le retour et l'embarquement sur le bateau, mérite un épisode bien plus long mais je me contenterai de dire que l'histoire fut cocasse. Après de longues heures d'attente, la police n'avait pas tamponné le passeport du fait que nous avions été escortés jusqu'au bateau par la douane qui craignait sans doute que l'on s'échappe… " du Maroc "…et finalement c'est en catastrophe que nous les avons fait tamponner … le comble aurait été que l'on rate le départ du bateau.

En conclusion, j'ai échoué dans cette entreprise, racketté et otage en quelque sorte d'un système et de gens qui abusent de leur pouvoir ; cela ne va pas cependant me stopper dans mon élan. Et sitôt rentré en France, je vais m'employer à trouver une autre solution… pour mieux rebondir et poursuivre ma route…

Suite du 8° voyage

labour

Déjà juillet c’est dire que le temps s’écoule très vite même si je n’ai pas les mêmes préoccupations durant ce séjour ;

Je ne vous oublie pas malgré mon silence , l'ambulance n'est pas là mais les occupations sont toutes aussi nombreuses quand on veut s'en donner la peine.

Je termine de faire le point des élèves scolarisés et je me prépare à les préinscrire pour la rentrée prochaine qui sera déjà la quatrième que je réaliserai ici. Il devrait en y avoir 21 si tous les parrains et marraines répondent à nouveau présents. Ici aussi les frais de scolarisation augmentent sans cesse.

Je profite également des déplacements d’ Abdoulaye qui supervise les élèves infirmiers (es) dans les dispensaires ruraux pour me déplacer en brousse avec lui et je me rends compte là plus qu’ailleurs, du travail qui reste à accomplir pour sortir toute cette population de la misère physique et morale à laquelle ils sont confrontés au quotidien ; rien à voir avec les zones urbaines mais c’est tout aussi triste à voir ; or malgré cela on rencontre des gens toujours souriants ; la légendaire « Téranga » véritable tradition d'accueil du Sénégal est présente partout.

Les premières pluies permettent de labourer la terre rendue plus friable et semer le mil. La charrue de bois tirée soit par un cheval efflanqué ou un petit âne tout aussi maigrichon retourne cette terre comme nous le faisions chez nous il y a un siècle et plus en arrière. Parfois un semoir rudimentaire dépose les graines dans le sillon. Tous ces agriculteurs disposent de quelques semaines avant les pluies qu’ils attendent mais qu’ils redoutent aussi. Comme partout elles peuvent être violentes et tout emporter avec elles.

Dans cette campagne parsemée d’immenses baobabs, il est fréquent de croiser les femmes chargées sur leur tête d’un énorme fagot de bois et des enfants sortis de ne je ne sais où ; il fait bon respirer, tout a l’air paisible, mais quand on s’approche des villages, ce sentiment n’est plus le même, les cris des nombreux enfants, les bêtes en liberté et le manque d’hygiène et de propreté enlèvent tout le charme précédent.

Voilà, je suis en Afrique et la terre ne s’arrêtera pas de tourner même si pour un grand nombre d’entre eux ils se sentent oubliés…

 

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