L'HISTOIRE

Avec pour défi la
création d'une association :
A.A.D.
(Aide à une Activité Durable)
Depuis quelques années j’ai eu
le plaisir de voyager principalement en dehors des routes touristiques,
ce qui m’a
donné l’occasion de prendre de nombreuses photographies.
Témoins de mon passage, elles ont contribué aux
rencontres et favorisé les dialogues. Que ce soit au Mexique à Cuba
ou en Afrique, j’ai recueilli une multitude d’informations
qui m’ont permis même à mon âge de me
faire grandir…
J’ai apprécié le Mexicain et en particulier
l’ Indien du Chiapas, sensible et attachant, toujours
fidèle à son idéal de liberté.
J’ai plaint d’une certaine manière le
Cubain, prisonnier du système politique actuel et
résigné par crainte de répression.
J’ai aimé le Marocain même si l’hospitalité
fut parfois un peu trop intéressée. Mais comment
peut-il en être autrement quand, pour une très
grande majorité de ces personnes, le pain quotidien
est difficile à gagner.
Tous ces témoignages m’ont conforté dans la vision que je
me suis faite du monde et dans lequel nous vivons, à savoir que sur cette
terre, les êtres humains démunis ou déshérités
sont égaux devant la souffrance sans pour autant la montrer.
Il est regrettable que ces inégalités ne fassent pas davantage
réagir les nantis et les parvenus.
Et c’est lors de mon dernier voyage en Afrique Noire que le côté tragique
de certaines vies m’a fortement saisi.
La Gambie, la Casamance, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal
furent autant de témoignages et de découvertes
bien plus pitoyables à mes yeux. Une vision
de leur quotidien totalement inconnue jusqu’à
ce jour si ce n’est à travers des écrits
ou des reportages. Mes a priori furent vite balayés
de mon esprit pour faire place à la réalité
que je côtoyais. Loin des sentiers touristiques et
trompeurs, j’ai découvert un continent aux
contrastes saisissants. Mon imaginaire ne pouvait suffire
tant la réalité était surprenante.
En effet, par exemple, je traverse une brousse aride dans
laquelle les villages sont dépourvus de tout. C’est
la misère. A deux pas de là : l’ostentatoire
avec ses plages à touristes. De ce coté
des Cases luxueuses gardées par des « Noirs »
24h sur 24h par crainte des autres « Noirs »
et de l’autre des abris de tôles et de feuilles
de palmiers. Rien d’autre …si ce n’est
la « merde » qui envahit les
abords. Ces cases abritent des familles nombreuses…
polygames… Autre exemple : la construction
d’un château d’eau destiné à
un lotissement luxueux d’un investisseur étranger
alors que de l’autre côté de la route
se trouve un petit village où vivent 160 personnes
environ, privées d’eau et d’électricité.
La pompe mécanique de l’unique puits ne fonctionne
même plus depuis 6 mois et les femmes tirent l’eau
par 12m de fond…avec une corde sans poulie…
C’est la raison pour laquelle je vous invite à entreprendre
avec moi une démarche que je vais vous présenter.
Avant de vous en formuler le contenu voici ce
qui m’a
conduit au projet en cours de réalisation.
Au gré de mes déplacements, prés de M’Bour
au Sénégal, je croise un jeune africain. Il attire
mon attention car contrairement à la majorité des
Noirs présents sur le site touristique de Saly, il ne cherche
pas à me vendre des objets sans grandes valeurs.
C’est moi qui lui demande où je pourrais me procurer
le chargeur du portable que j’ai perdu…
Nous sympathisons et quelques jours après j’effectue
avec lui mes déplacements à travers la brousse.
Nous partageons les repas et de longues conversations. Non
seulement sa présence facilite mes périples dans
une région totalement inconnue mais elle assure ma sécurité,
multiplie les rencontres avec les villageois moins méfiants
et me sert d’interprète car le sénégalais
parle, en brousse, le Wolof, le Peul, ou Sérère
et très peu le français.
De village en village je découvre le même dénuement. Par
manque d’eau la terre ne produit plus rien. Les hommes désœuvrés
parlent sous le baobab géant. Tandis que les enfants insouciants s’amusent,
rient et crient comme tous les enfants du monde ou presque, car ils sont pieds
nus, sales et pouilleux…
On imagine sans peine que le quotidien de ces Africains est peu enchanteur même
si le climat est bon, en général…
Mon premier voyage s’achève avec le désir
d’y revenir mais avec d’autres intentions que celles
que recherche normalement le touriste lambda. Les images gravées
dans ma mémoire ont laissé des traces…
C’est ainsi que trois mois plus tard je repars avec quelques
idées qui, au fur et à mesure que passent les
jours, prennent forme.
Fin mars, je retrouve N’Diaye, mon guide, sur le
trottoir de l’aéroport de Dakar et nous repartons
vers la Gambie, la Casamance et le Mali avec pour objectif,
d’ effectuer un reportage sur l’eau et la condition
féminine.
Car c’est à la femme seulement que revient le
travail du portage de l’eau du puits à la case.
Par 12 mètres de fond et plus parfois, elle remonte
le seau d’eau avec ou sans l’aide de la
poulie. Sur sa tête, elle porte pas moins de 20 litres
d’eau et sur son dos son dernier enfant tandis que le
tout petit frère ou la petite sœur s’accroche,
morveux et pieds nus, au pan de son pagne multicolore.
Rares sont les puits équipés d’une pompe
mécanique et quand c’est le cas, la vétusté de
l’installation, sans entretien, a vite fait de rendre
le matériel inutilisable. Je passe ainsi une journée à remettre
une pompe à mains en état de marche. Tout fait
défaut, outils et pièces de rechange. A l’aide
de mon couteau suisse je rafistole les tuyaux. J’attache
avec un fil de fer rouillé que je récupère
dans la décharge voisine les morceaux de tuyaux que j’entoure
avec une vieille chambre à air, craquelée par le
soleil brûlant.
Avec les hommes du village nous démontons re-démontons
et après plusieurs essais infructueux nous réussissons
enfin à faire jaillir l’eau boueuse mais tellement
précieuse. Nous nous tapons les mains en signe de réussite,
tous heureux et fiers de notre exploit…et pourtant nous
savons les uns comme les autres que cette réparation
est précaire et provisoire…
J’ai vécu ainsi des moments forts et remplis d’émotions,
partagé des repas de riz blanc, de poissons et d’oignons. Que
dire de plus si ce n’est que ces femmes ou ces hommes ne
sont pas différents de nous. Leur regard est pétillant et
s’ils manquent de tout et que parfois la mélancolie
envahit leur visage, jamais une seule fois je ne leur ai entendu
prononcer « ça ne va pas » lorsque
je leur demandais « nanga def ? » qui
veut dire « comment vas-tu ? » en
wolof. Leur patience devant l’adversité m’encourage à aller
de l’avant et conscient des problèmes qu’ils
affrontent, je décide d’agir même si l’action
que je vais entreprendre ne représente qu’ une goutte
d’eau dans l’océan de la misère.

Je crée donc l’ association :
A.A.D.
(Aide à une Activité Durable)

Elle a pour vocation de donner un coup de pouce aux Sénégalais
et dans trois directions.
La première est dirigée vers les enfants.
La deuxième est dirigée vers l’eau…si
précieuse.
La troisième concerne la santé.
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